Cirque de Consolation

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Le Cirque de Consolation depuis le belvédère de la Roche du Prêtre

Le Cirque de Consolation, appelé aussi Val de Consolation, est une reculée du massif du Jura située dans le département du Doubs, sur le territoire de la commune de Consolation-Maisonnettes, non loin de la frontière suisse.

Généralités[modifier | modifier le code]

Cette reculée qui constitue une échancrure prononcée et arrondie dans le plateau de Maîche - Le Russey a été formée par un effondrement glaciaire à l'ère quaternaire au moment du plissement alpin[1]. Des falaises de 350 mètres ferment le cirque où naissent le Dessoubre et aussi les sources intermittentes du Tabourot et du Lançot qui commence par une cascade de 47 mètres alimentée lors des fortes pluies ou lors de la fonte des neiges. Le belvédère de La Roche au Prêtre offre un point de vue remarquable sur le site[2], découvrant la petite vallée et les bâtiments d'un ancien séminaire isolé dans les bois.

La présence humaine y est très ancienne puisqu'elle est attestée dans les grottes près de la source du Lançot à l'âge du bronze. L'histoire est ensuite marquée par l'édification au-dessus des falaises, à Châtelneuf-en-Vennes, d'un château fort à la fin du XIVe siècle : il sera détruit en 1639 pendant la guerre de dix ans et ses pierres seront utilisées pour la construction d'un monastère dans la vallée en 1670 : l'édifice sera plus tard transformé en séminaire avant de fermer ses portes en 1978.

Près de 150 hectares du site forment un site inscrit depuis 1943[3].

L'ancien séminaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Petit Séminaire de Consolation.

Un oratoire a été érigé en 1432-1433 pour honorer Notre-Dame de Consolation (dont le tableau est aujourd'hui dans l'église de Guyans-Vennes) et des ermites se sont installés dans la vallée sauvage. Au XVIIe siècle, répondant au vœu de sa mère, Ferdinand-François-Just de Rye, marquis de Varambon et seigneur des lieux, décide de fonder à Consolation une maison de religieux de Minimes, l’Ordre rigoureux de saint François de Paule. À sa mort prématurée en 1657, il confie la réalisation du projet à sa femme en souhaitant être inhumé dans la chapelle de Consolation. Le projet est retardé par un procès concernant l'héritage puis par l'attente de l'autorisation du roi d'Espagne qui administre alors la Franche-Comté. Une nouvelle église[4] est cependant construite et consacrée en 1665 : en 1669 on y transfère solennellement les restes du marquis de Varambon, son mausolée majestueux, détérioré à la Révolution et restauré à la fin du XIXe siècle, existe toujours dans une chapelle néo-romane achevée en 1682[5]. En octobre 1669 la licence de Charles II d'Espagne arrive et les quatre premiers Minimes s'installent en mai 1670 avant même que ne débutent au printemps 1671 les travaux qui dureront deux ans.

Achevé en 1673, l'édifice forme un carré de 40 mètres de côté et les bâtiments enferment un cloître central alors que le quatrième côté est occupé par l'église. Les bâtiments comportaient un étage où se trouvaient 18 cellules alors que le rez-de-chaussée était occupé par la cuisine et les réfectoires [6]. Les bâtiments transformés au XIXe siècle pour servir de séminaire comporteront deux étages et pourront accueillir plus d'une centaine d 'élèves [7]. Divers aménagements seront entrepris au XIXe siècle dans l'église et le porche en sera restauré en 1899[8].

Le monastère était à peu près désaffecté à la Révolution française et ne comptait plus que quatre moines quand il a été vendu comme bien national et transformé en dépôt de fourrage[9]. Laissé ensuite à l'abandon [10], l'ancien monastère, redevenu propriété de l'Église en 1827, a été transformé en petit séminaire en 1833 : il a été fermé en 1906 pour défaut d'élèves avant de rouvrir en 1920 (toujours en tant que « petit séminaire » (correspondant aux classes de l'enseignement secondaire) pour former de futurs missionnaires jusqu'à sa fermeture définitive en 1978. Depuis une Fondation du Val de Consolation gère les lieux et organise des réunions religieuses et des manifestations culturelles.

Tourisme et activités de loisir[modifier | modifier le code]

Géré par l'association "Artisans de Paix - Val de Consolation", le site du Val de Consolation accueille annuellement plus de 110 000 visiteurs et stagiaires attirés par le pittoresque de l'endroit et par les activités culturelles et religieuses comme par les pratiques de loisir[11]. Grâce à l'association, le site de l'ancien séminaire accueille toujours une activité spirituelle, mais aussi culturelle et touristique. La chapelle est ouverte en permanence et des messes y sont célébrées. Le cirque de Consolation offre par ailleurs un parc aménagé pour les promeneurs qui peuvent découvrir la faune et les nombreuses cascades (source intermittente du Lançot, 27 m de haut ; source intermittente du Tabourot). Ce parc comprend un arboretum avec de nombreuses espèces remarquables.

Des parcours d'escalade avec une tyrolienne (la plus longue de France : 500 mètres de long, 120 mètres de haut) et une via ferrata aménagée entre la source du Lançot et le château fort, complètent par ailleurs des sentiers de randonnée[12] qui permettent de rejoindre le belvédère sécurisé de La Roche au Prêtre au sommet des falaises. Le lieu doit son nom à la chute mortelle d'un religieux au XVIIe siècle. Cette chute inexpliquée a été rattachée à la légende d'un géant qui occupait une grotte au pied des falaises : le prêtre l'aurait enfermé dans son antre et déclenché la vengeance des amis du géant[13].

Environnement[modifier | modifier le code]

Outre l'arboretum qui comprend de nombreuses espèces remarquables, le site est réputé pour héberger plusieurs espèces sensibles qui se reproduisent dans les falaises : le Faucon pèlerin et le Grand corbeau, espèces strictement protégées, mais aussi des chamois. Une règlementation spécifique a été mise en place dans le but de protéger ces oiseaux, elle s'applique en particulier aux amateurs d'escalade et de vol libre. D'autres espèces d'oiseaux sensibles ou remarquables sont également présentes dans les falaises ou les forêts du cirque : l'Hirondelle de rochers, le Pic noir, le Tichodrome échelette, tandis que le Martin-pêcheur, la Bergeronnette des ruisseaux et le Cincle plongeur fréquentent torrents et ruisseaux.

Panorama du cirque de Consolation

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]