Château de Ventadour (Ardèche)

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Le Château de Ventadour
Image illustrative de l'article Château de Ventadour (Ardèche)
Les ruines du Château de Ventadour
Période ou style Château fort
Début construction XIe siècle
Fin construction XVIe siècle
Protection  Inscrit MH (1937)
Coordonnées 44° 40′ 12″ Nord 4° 17′ 13″ Est / 44.67, 4.28694
Pays Drapeau de la France France
Département Ardèche
Commune Meyras

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Le Château de Ventadour

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Le Château de Ventadour

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Le Château de Ventadour

Le château de Meyras, appelé château de Ventadour au XIXe siècle, est un château fort ayant des éléments d'architecture des XIe siècle, XIIe siècle, XVe siècle et XVIe siècles, situé en Ardèche (France), au sud-est du territoire communal de Meyras.

Il fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Ce château est situé dans le canton de Thueyts, au-dessus de la confluence entre la Fontaulière et l'Ardèche, et à proximité de la confluence avec le Lignon, permettant d'accéder à Jaujac, sur un éperon rocheux, à 373 mètres d'altitude.

Le château permettait de contrôler les routes permettant d'accéder à la montagne. Deux routes ont existé, celle par la Fontaulière, Montpezat et le Pal devait être la principale, l'autre par Meyras, Thueyts et la Chalade n'est devenue importante qu'après les travaux entrepris par les États du Vivarais au XVIIIe siècle.

Jules César aurait emprunté la route longeant la Fontaulière et passant au col de Pal pour attaquer Vercingétorix. Une borne milliaire a été retrouvée en 1859 au pied du château et portant une dédicace à l'empereur Constantin, déplacée près de l'église de Pont-de-Labeaume. Cet itinéraire devait se détacher de ce qui devait devenir la voie des Helviens, à partir de la borne milliaire Sud X, trouvée en 1897 au carrefour de Costeraste. Cette voie, dite « du Massif Central » passait par le village de Mias, contournait par le nord l'oppidum de Jastres-Nord, descendait vers l'Ardèche par Les Échelettes, remontait en direction d'Aubenas, suivait ensuite la vallée de l'Ardèche jusqu'à Pont-de-Labeaume. Elle empruntait ensuite la vallée de la Fontaulière jusqu'à Montpezat-sous-Bauzon. À partir de cette agglomération deux itinéraires étaient possibles pour atteindre la montagne. Il s'agit soit de la côte du Pal, soit d'un chemin continuant à suivre la vallée de la Fontaulière, puis passait par Le Roux et au lieu-dit Lalligier, et poursuivait ensuite vers Ruessium (Saint-Paulien), capitale des Vellaves.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château de Ventadour a probablement été construit au XIe siècle alors que le fief de Meyras appartenait aux Solignac.

En 1195 le Pons V de Montlaur, baron d'Aubenas, épouse Miracle de Solignac et son frère Béraud II de Solignac (mort en 1234), baron de Solignac-sur-Loire et seigneur de Meyras, leur abandonne le fief de Meyras. De ce mariage est né Héracle II de Montlaur. Son petit-fils, Pons VI de Montlaur, n'ayant eu aucune descendance de ses deux mariages, lègue à sa mort en 1285 le château de Meyras[2], à son neveu Guigues IV de la Roche (vers 1245-1327), fils de sa sœur, Jordane de Montlaur (vers 1245-1279), veuve de Guigues III de la Roche-en-Régnier (vers 1195-après 1239)[3].

Le château est acquis par héritage par la famille de Lévis à la fin du XIVe siècle. Philippe II de Lévis (1321-vers 1382), vicomte de Lautrec, s'est marié en 1336 avec Jaujague de la Roche-en-Régnier, dame de Bellegarde, de Broussan et de Jonquières-Saint-Vincent, fille de Guigues V de la Roche-en-Régnier. Philippe III de Lévis s'est marié en 1372 avec Eléonore de Thoire-Villars, dame de Miribel, d'Annonay, de Buis et de Bussy-en-Beaujolais . Son fils Philippe IV de Lévis s'est marié en 1395 avec Antoinette d'Anduze, vicomtesse de Rémond, dame de La Voulte, de Pierregourde, de Chomeirac et de Rochemaure. Son petit-fils, Louis de Lévis, baron de la Roche-en-Régnier (avec Jaujac, les Boutières et Meyras) et baron d'Annonay, épouse en 1472 Blanche de Ventadour, héritière du château de Ventadour, en Corrèze. Cette branche de la famille de Lévis prend le nom de Lévis-Ventadour. Louis de Lévis meurt en 1521. Le château est revenu à son fils, Gilbert Ier de Lévis-Ventadour. Il a épousé Jacqueline du Mas qui a possédé le château des Éperviers, à Saint-Cirgues-en-Montagne[4]. Après la mort de Gilbert Ier, en 1529, Jacqueline du Mas a passé son veuvage au château de Ventadour. Le château ne sera plus habité par la suite par les propriétaires successifs. Leur fils, Gilbert II, a suivi François Ier et Henri II dans les résidences royales d'Amboise et de Fontainebleau, et s'est installé au château de La Voulte qu'il a fait agrandir. Il y a accueilli une réunion des États particuliers du Vivarais, en 1532. Il meurt en 1547. Gilbert III de Lévis-Ventadour a épousé en 1553 Catherine de Montmorency, fille du connétable Anne de Montmorency. Il est devenu duc de Ventadour en 1578, pair de France en 1589. Il meurt au château de La Voulte en 1597. Pendant les guerres de religion il a été proche des Montmorency, catholiques modérés et adversaires des Guise. François de Langlade a été bailli du duc de Ventadour pour son château de Meyras-Ventadour[5], et huguenot, et a acheté le château de Hautsegur, autrefois appelé Rochegude ou Rochesure, à Meyras[6]. Son fils Anne de Lévis s'est marié en 1593 avec sa cousine germaine, Marguerite de Montmorency (1572-1660). Anne de Lévis-Ventadour est mort en 1622. Le château de Ventadour a été le douaire de Marguerite de Montmorency. Gilbert de Vincentis a eu la garde du château qu'il a dû défendre en 1622 contre un coup de main de son beau-frère, le capitaine Barbier qui est mort dans l'attaque. Gilbert de Vincentis est mort au château en 1623. Annet de Vincentis lui a succédé dans la garde du château mais ne l'habite plus.

Après la mort de Marguerite de Montmorency, son fils, Henri de Lévis vend le à Claude-François de Saint-Vidal, seigneur de Choisinet, les terres et seigneuries de Jaujac et de Meyras pour 135 873 livres. Claude de Choisinet meurt en 1672. Son fils, Christophe de Choisinet, en hérite mais meurt sans enfants en 1728. Sa seconde épouse, Marie-Félicie de Launay, hérite du château. Elle décède en 1759 en laissant tous ses biens à son frère, Jules de Launay, auquel succède Emmanuel de Launay, comte d'Antraigues.

Les Choisinet et les Launay n'ont pas habité au château. L'abandon du château a dû commencer au XVIIIe siècle. Un inventaire fait en 1673 montre qu'il est déjà délabré à cette époque. En 1794, le château est vendu comme bien d'émigré à André Soboul de Pont-de-Labeaume, fermier du comte d'Antraigues, et Bernard Dusserre.

À la Révolution, il fut décrit ainsi : « Cette vieille masure de château n’a point porté depuis sa destruction, arrivée depuis plus d’un siècle, de revenu ».

Ruines du château de Ventadour à Meyras

En 1811, Bernard Dusserre, devenu seul propriétaire, vend le château à Louis-Hippolyte des Arcis, qui le revend en 1845 à Salomon Croizier. Le marquis Sosthène de Chanaleilles, lointain descendant des Langlade, a racheté le château en 1860 et y a entrepris quelques travaux de restauration mais les a arrêté devant leur ampleur. La château est passé à sa fille, Marie-Isabelle, mariée à Albéric de Marcieu. Le château est resté dans la famille de Marcieu jusqu'à sa vente par la veuve d'Amédée de Marcieu à Pierre Pottier, en 1968.

Le château de Ventadour fut largement utilisé après la Révolution française comme carrière de pierres[7]. Un tableau de Jules Thibon intitulé Les ruines du château de Ventadour qui date de 1860 et se trouve dans une collection particulière décrit son état au XIXe siècle. Un autre tableau plus ancien le représente en arrière plan, il s'agit d'une œuvre de Adrien Joly de la Vaubignon destinée à Louis XVIII et exposée au musée de Guéret. Elle date de 1818 mais est peu exploitable car trop romancée.

Depuis 1969, il fait l'objet d'une restauration par Pierre et Françoise Pottier[7] et un grand nombre de bénévoles se succédant au fil des ans. Le plan du château est basé sur le modèle des châteaux savoyards, le donjon étant attaché à la muraille. On peut y voir un donjon carré, des tours, deux pigeonniers et une porte fortifiée. Le château est restauré dans le cadre de chantiers Rempart. En 1997, la direction régionale des Affaires culturelles a arrêté ses subventions en considérant qu'il ne s'agissait plus d'une restauration mais d'une reconstruction du château.

Architecture[modifier | modifier le code]

D’après les travaux de recherche effectués et la notice sur le château écrite par Georges Grégoire, la construction la plus ancienne est le donjon carré.

La recherche de l'évolution architecturale du château n'est toujours pas achevée: cette évolution a eu lieu sur au moins 4 siècles, les constructions sont imbriquées et très certainement des modifications ont eu lieu dans "le même siècle"...

Outre l'ouvrage de Georges Grégoire, il existe un livre,(hélas en diffusion très limitée, mais consultable à la BNF) qui décrit très bien le château à son apogée, au XVIIe siècle. Il s'agit de "Le Château de Meyras, dit de Ventadour- Dessins, plans et interprétation des inventaires" de Philippe Denis (1979). Il n'est pas parfait car de nouveaux dégagements ont été effectués depuis sa parution, mais il a le mérite d'être le seul aussi complet.

La fortification la plus intérieure était accessible par l’intermédiaire d’un pont-levis, la fortification sud avec une seule entrée et la troisième qui entourait complètement le château avait trois portes. La tour carré de son angle nord-ouest est constituée de salles voûtées. La tour carrée de l’angle sud-ouest surmontée de deux échauguettes daterait de travaux du XIVe siècle[7].

Sur la page Facebook intitulée "chantier de jeunes du château de Ventadour", d'ancien bénévoles du chantier, historiens amateurs, publient des articles destinés à éclairer son histoire, aussi bien architecturale, que l'environnement médiéval.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00116731 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Le château de Meyras ne s'est appelé château de Ventadour qu'au XIXe siècle. Il existait aussi deux autres châteaux à Meyras, ceux de la Croisette et de Hautsegur.
  3. Généalogie de la maison de Montlaur : Branche cadette dite du Vivarais
  4. Gilbert III de Lévis a vendu le château des Éperviers, le , à noble François III de Langlade, seigneur de Laval et de Sanilhac, habitant à Jaujac, fils de François II de Langlade, notaire royal à Jaujac.
  5. Le , par acte reçu par Teyssier, notaire à Meyras, le duc de Ventadour donne le donjon du château de Ventadour à noble François de Langlade, seigneur de Laval, et noble Pierre du Mas, « pour le garder, tenir et conserver sous l'obéissance du roi et la sienne », avec promesse par eux de remettre le château au duc sur sa réquisition (Histoire & généalogie de la famille Langlade des Éperviers et de ses alliance (lire en ligne))
  6. Ce château était habité par Jean de Langlade (mort en 1624), seigneur de Laval et des Éperviers, dès 1591 (Château de Hautségur : historique (lire en ligne)). Son petit-fils, Scipion de Langlade, chef de la rebellion huguenote de Meyras, a été assassiné par François Teyssier, de Meyras, entre 1635 et 1637. En 1626, son château de La Croisette (ou La Croizette) situé dans la Grand’ Rue de Meyras a été détruit « jusque dans ses fondements » par les catholiques qui n'attaquent pas le château gardé par un nouveau converti.
  7. a, b et c Patrimoine d'Ardèche : Château de Meyras dit château de Ventadour

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Dahoui, Ventadour, Impremta de Montserrat, 1973.
  • Georges Grégoire, Le château de Meyras dit de Ventadour, Humbert et fils, Largentière, 1976.
  • Chales-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, p. 752, Éditions Publitotal, Strasbourg, 1979
  • Michel Riou, Ardèche, Terre de châteaux, La Fontaine de Siloé, Montmélian, 2004 (ISBN 2-84206-214-0) (Aperçu)
  • Philippe Denis, Le château de Meyras dit de Ventadour (Ardèche) Dessins, plans, interprétation des inventaires, édité à compte d'auteur.
  • Vicomte L. de Montravel, Momographie des paroisses du diocèse de Viviers - Meyras, p. 83-91, dans Revue historique, archéologique, littéraire et pittoresque du Vivarais illustrée, février 1895 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]