Château de Beynac

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Château de Beynac
Image illustrative de l'article Château de Beynac
Le château de Beynac.
Période ou style Château médiéval
Début construction XIIe siècle
Propriétaire initial Barons de Beynac
Propriétaire actuel Albéric de Montgolfier[1]
Protection Logo monument historique Classé MH (1944)
Coordonnées 44° 50′ 25″ Nord, 1° 08′ 43″ Est
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes
Département Dordogne
Commune Beynac-et-Cazenac

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Beynac

Géolocalisation sur la carte : Dordogne

(Voir situation sur carte : Dordogne)
Château de Beynac

Le château de Beynac est situé sur la commune de Beynac-et-Cazenac, dans le département de la Dordogne (Périgord noir). Ce château est l'un des mieux conservés et l'un des plus réputés de la région. Il a été classé Monument historique le [2].

Présentation[modifier | modifier le code]

C'est une construction médiévale, d'allure austère, perchée sur le haut d'une falaise calcaire dominant le bourg sur la rive droite de la Dordogne. Le château présente la forme d'un quadrilatère irrégulier prolongé au sud par un bastion en éperon. Le sévère donjon, garni de créneaux, date du XIIIe siècle. Protégé du côté du plateau par une double enceinte, le château surplombe la Dordogne de 150 m.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château fort est bâti dès le XIIe siècle par les barons de Beynac[3] pour verrouiller la vallée. L'à-pic étant suffisant pour décourager toute escalade côté vallée, les défenses s'accumulèrent côté plateau : double enceinte crénelée, double douve dont l'une approfondissait un ravelin naturel, double barbacane.

À la mort d'Adhémar de Beynac (1147-1189), croisé décédé sans postérité, Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre offre Beynac à Mercadier, son fidèle routier. Celui-ci est assassiné à Bordeaux en 1200 et la baronnie revient dans la famille d'origine. À partir de 1241, la châtellenie, dont fait partie le château de Commarque, est divisée entre deux frères, Gaillard et Mainard de Beynac. Les deux branches ne seront à nouveau unies qu'en 1379.

À l'époque de la guerre de Cent Ans, la forteresse de Beynac est l'une des places fortes françaises. La Dordogne sert alors de frontière entre France et Angleterre ; non loin de là, de l'autre côté de la Dordogne, le château de Castelnaud, rival de Beynac, était aux mains des Anglais.

La partie la plus ancienne du château est un gros donjon roman carré, vertigineux, aux rares percements, agrafé d'une bretèche et d'une échauguette, accosté d'une cage d'escalier en vis, mince comme un contrefort et terminé par une terrasse crénelée. D'un côté, un logis de la même époque lui est juxtaposé ; il a été retouché et agrandi aux XVIe et XVIIe siècles. De l'autre côté, c'est un logis en partie XIVe siècle, auquel sont accolés une cour et un escalier de plan carré desservant des appartements du XVIIe siècle. Les appartements ont conservé des boiseries et un plafond peint du XVIIe siècle ; la salle de réunion des États du Périgord est ainsi nommée parce que s'y réunissait la noblesse des quatre baronnies, celles de Beynac et Biron pour le sud et celles de Bourdeilles et Mareuil pour le nord ; elle garde une belle cheminée Renaissance sculptée de bucranes ; cette salle donne sur un petit oratoire entièrement décoré, au XVe siècle, de fresques parmi lesquelles une Pietà, un saint Christophe, une cène dans laquelle saint Martial est le maître d'hôtel. On peut également y voir de somptueuses tapisseries représentant des scènes de chasse et d'autres scènes de la vie des seigneurs de l'époque, ainsi que la reproduction de l'étendard de la famille de Beaumont-Beynac, propriétaire du château depuis le XVIIIe siècle jusqu'en 1961.

En 1962, le château est acheté aux enchères pour 17 millions de centimes[4] par Lucien Grosso, qui a fait fortune dans le milieu des casinos et boîtes de nuit de Marseille et d'Abidjan[5]. Il entreprend de le restaurer et de lui redonner vie, aidé ensuite par Denise Grosso, qu'il épouse une dizaine d'années plus tard. Lucien Grosso décède le 16 juillet 2008, âgé de 98 ans, et Denise poursuit son œuvre[6] jusqu'à sa propre mort le 17 février 2016[7]. Le couple, qui n'avait pas d'enfant, avait décidé en 1999 de léguer le château au sénateur Albéric de Montgolfier, pensant que ce fils de conservateur de musée, lui-même passionné de restauration du patrimoine, serait en mesure de continuer leur œuvre[8].

Blason des Beynac.

Liste des barons et marquis de Beynac[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maison de Beynac.
  • Maynard (1115–1124)
  • Adhémar (croisé en 1147, mort entre 1189 et 1194)
  • Mercadier. Il reçoit le château de Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre (1194–1200)
  • Pons Ier (1200–1209)
  • Gaillard (1238–1272)
  • Pons II (1251–1300)
  • Adhémar II (teste en 1341 et 1348)
    • Pons III (mort avant son père)
  • Boson, fils de Pons (il se marie en 1341 et meurt avant novembre 1354)
  • Pons IV (1362–1366)
  • Philippe (elle épouse son cousin Pons de Beynac, seigneur de Commarque, en 1379 et teste en 1403)
  • Pons V, sénéchal de Périgord (teste en 1461 et 1464)
  • Jean-Bertrand (teste en 1486)
  • Geoffroy Ier (-1530)
  • François (-1537)
  • Geoffroy II (-1546)
  • Geoffroy III
  • Guy Ier, premier marquis de Beynac en 1620
  • Isaac (1619-1687)
  • Guy II
  • Pierre (mort à Bordeaux le 9 octobre 1753)
  • Claude (mort le 4 novembre 1753)
  • Marie-Claude (1732-1802), sœur de Claude et épouse de Christophe de Beaumont, comte de La Roque
  • Christophe-Marie de Beaumont (1764-1811)
  • Louis, dit Ludovic de Beaumont (1784-1842)
  • Christophe-Amable-Victoire de Beaumont (1831-1895)
  • Soffrey-Paul-Louis-Armand de Beaumont (1857-1940)
  • Amable-Avit-Christophe de Beaumont (1895-1977)
  • Pierre-Aimé-Soffrey-Armand (1929-)

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Une affiche datant du tournage des Visiteurs 2 à Beynac.

Le château a servi de cadre au tournage des films :

Photos[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.sudouest.fr/2016/02/27/le-chateau-de-beynac-est-en-deuil-2285485-7300.php
  2. « Château de Beynac », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. C'est l'une des quatre baronnies du Périgord
  4. L'Express, 1993.
  5. Jacques Follorou, Vincent Nouzille, Les Parrains corses : leur histoire, leurs réseaux, leurs protections, Paris, Fayard, 2004, p. 77 (en ligne).
  6. La Dépêche, 19 août 2011.
  7. France Bleu.
  8. « Le sénateur Albéric de Montgolfier, nouveau châtelain de Beynac », France 3 Régions.
  9. Voir la fiche technique sur Châteaux & films
  10. C'est sur la table de la cuisine (photo ci-dessous) que Sophie Marceau, dans le rôle d'Éloïse d'Artagnan, escrimait contre ses assaillants.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise Boudon, Ludwyne Saulnier, « Le château de Beynac », in Congrès archéologique de France. 137e session. Périgord Noir. 1979, Paris, Société française d'archéologie, 1982, p. 287-313.
  • Guy Penaud, Dictionnaire des châteaux du Périgord, Éditions Sud-Ouest, 1996, p. 36. (ISBN 2-87901-221-X)
  • Jacques Lagrange, Dominique Audrerie, Pierre Pommarède, Le Périgord des mille et un châteaux, Périgueux, Pilote 24 édition, 2005, p. 261-264. (ISBN 2-912347-51-3)
  • Anne Bécheau, Beynac et Cazenac. Histoire et chroniques, Carsac-Aillac, Association Plaisir de créer, , 318 p. (ISBN 978-2-7466-4662-9)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]