Bucrane

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Un bucrane au château de Sévérac.

Un bucrane (sans accent circonflexe) désigne un motif gravé représentant le crâne d'un bœuf dont les cornes sont enguirlandées de feuillages et que l'on trouve comme ornements de frises dans les ordres grecs. Les bucranes, ornements canoniques de l’ordre dorique depuis la Renaissance, sont placés ordinairement dans les métopes, ou intervalles qui séparent deux triglyphes. Leur signification est supposée rappeler les victimes offertes en sacrifice aux dieux. Il était encore beaucoup utilisé à la Renaissance.

Origines[modifier | modifier le code]

Les bucranes se retrouvent très fréquemment dans les sépultures préhistoriques.

  • Paléolithique supérieur.- Le site de Saint-Germain-la-Rivière en Gironde (France) où le défunt, recroquevillé sous un caisson de dalles en pierre, est accompagné d’un bucrane et de ramures (Otte 2003)
  • Néolithique. - Manifestations religieuses ou l’on retrouve encore des modelages de bucranes et des chevilles osseuses de bovidés associés aux sépultures (Otte 1993)

Dans l'architecture grecque, les bucranes apparaissent à l'époque hellénistique (Propylées de Samothrace, vers 275 av. J.-C.) puis se répandent très vite comme motif de frise ionique, souvent en rapport direct avec les sacrifices (sur les autels par exemple). Il arrive que le motif représenté ne soit pas le crâne proprement dit mais le décor appliqué sur le museau de la bête sacrifiée. Les bucranes sont le plus souvent reliés par des guirlandes, quelquefois en alternance avec d'autres motifs (rosettes), pour former un décor continu faisant le tour de l'édifice.

À Rome, le bucrane se retrouve déjà sur les mausolées patriciens de l'époque républicaine (tombeau de Cecilia Metella) et reste en usage jusqu'à l'époque d'Hadrien. Selon F. Lemerle, il rappelle le sacrifice traditionnel (suovetaurile) qui accompagne les obsèques.

À la Renaissance, ce motif commence à être utilisé par Michele Sanmicheli (Porta Nuova de Vérone, 1535) et par Philibert Delorme (Hôtel de Bullioud, Lyon, 1536). C'est Fra Giovanni Giocondo (1511), et après lui Serlio et Vignole qui, dans leurs commentaires-traduction du De architectura de Vitruve, associent le bucrane à l'ordre dorique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédérique Lemerle, Histoire naturelle et architecture à la Renaissance, Langres,‎ 20-22 octobre 1995 (lire en ligne), « Du bucrane au protome : le motif taurin dans l'architecture de la Renaissance »