Centre informatique national de l'enseignement supérieur

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Le Centre informatique national de l'enseignement supérieur (CINES), basé à Montpellier, est un établissement public à caractère administratif français placé sous la tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur, et créé par décret en 1999.

Il offre un service informatique utilisé pour la recherche publique en France. C'est un des grands centres nationaux pour l'offre en puissance de calcul destiné à la recherche en France.

Il a trois missions :

Historique[modifier | modifier le code]

En 1981, est créé le Centre national universitaire sud de calcul (CNUSC) à Montpellier[1], chargé d'héberger des applications scientifiques pour la communauté des chercheurs, mais aussi des applications en bibliothéconomie.

Fin décembre 1999, le CNUSC se transforme pour devenir le CINES actuel, créé par décret no 99-318 du 20 avril 1999. Le changement apporta de nouvelles missions, ainsi qu'un changement de statut[2].

Le , les statuts du CINES sont modifiés par décret[3]parus au journal officiel. Ce décret fait apparaître une nouvelle mission, l'hébergement de matériels informatiques à vocation nationale.

Durant toutes ces années, le nombre de salariés au sein de l'établissement varie autour d'une quarantaine de techniciens et ingénieurs.

Mission calcul[modifier | modifier le code]

Vue du supercalculateur Occigen installé par le GENCI au CINES, à Montpellier (2014).

Le CINES fournit depuis longtemps des moyens de calcul à la communauté des chercheurs français, son parc de machines évolue régulièrement[4],[5], pour cela il coopère avec le Grand Équipement National de Calcul Intensif (GENCI).

Le supercalculateur Occigen est classé au 70ème rang mondial des calculateurs du TOP500 de juin 2018[6]. La machine Occigen (BullX), d'une puissance crête de 3,5 pétaFlops, est constituée d'un total de 3 366 nœuds et 85 824 cœurs de calcul répartis en :

  • 2 106 nœuds bi-socket équipés de processeurs Intel Xeon E5-2690V3 Haswell (12 cœurs),
  • 1 260 nœuds bi-socket équipés de processeurs Intel Xeon E5-2690V4 Broadwell (14 cœurs),
  • Infiniband FDR 4x (56 GBits),
  • 5 Po de disques (Lustre).

Anciennes machines de calcul[modifier | modifier le code]

En janvier 2011 le CINES disposait de plusieurs machines pour le calcul haute performance :

  • une machine SGI Altix ICE 8200 EX[7] ;
  • une machine IBM P1600 + Cluster POWER5 ;
  • un cluster Bull (avec GPU pour calcul hybride).
Le supercalculateur Jade du CINES.

Le supercalculateur Jade (SGI Altix ICE 8200 EX) d'une puissance de 267 Tflops

  • 1 536 nœuds bi-socket équipés de processeurs Intel Xeon E5472 à 32 Go de RAM
  • 1 344 nœuds bi-socket équipés de processeurs Intel Nehalem X5560 à 36 Go de RAM
  • Infiniband DDR et QDR 4x dual plane
  • 700 To de disques (Lustre)

La machine IBM d'une puissance de 1,85 + 0,6 TFlops

  • 9 nœuds Power4 à 32/64 Go de RAM
  • switch Federation
  • 4 To de disques (GPFS)
  • 5 nœuds P575 à 32 Go
  • Infiniband.

Le superordinateur Jade était classé au 27e rang mondial des calculateurs du TOP500 de novembre 2010[8], c'était la 6e machine européenne et la première machine française pour la recherche publique.

Classement au TOP500[modifier | modifier le code]

Tous les six mois a lieu le classement mondial des supercalculateurs TOP500, dont est représenté les meilleures places remportées par les différents systèmes du Cines.

Date Nombre de systèmes Meilleur rang Nombre de processeurs
(TéraFLOPS/s)

(TéraFLOPS/s)
Puissance (kW)
1 142[Top 1] 32 0.00657 0.00851 -
1 77[Top 2] 79 0.01506 0.02101 -
1 112[Top 3] 79 0.02730 0.03792 -
1 137[Top 4] 107 0.03655 0.05136 -
1 121[Top 5] 127 0.04310 0.06096 -
1 95[Top 6] 207 0.06780 0.09936 -
3[Top 7],[Top 8] 98[Top 6] 256 + 112 + 207 = 575 0.24020 0.35236 -
4[Top 7],[Top 6],[Top 9] 132[Top 10] 224 + 256 + 207 + 96 = 783 0.3714 0.52866 -
4[Top 11],[Top 7],[Top 6] 44[Top 12] 472 + 160 + 256 + 207 = 1 095 0.814 1.12096 -
3[Top 13],[Top 7] 56[Top 12] 472 + 320 + 256 = 1 048 0.874 1.1816 -
2[Top 13] 90[Top 12] 472 + 320 = 792 0.753 1.028 -
3[Top 14],[Top 15] 119[Top 12] 472 + 512 + 256 = 1 240 3.699 4.920 -
2[Top 14] 182[Top 12] 472 + 512 = 984 4.498 6.100 -
2[Top 14] 327[Top 12] 472 + 512 = 984 4.498 6.100 -
1 15[Top 16] 12 288 128.4 146.74 608,00 kW
2 18[Top 17] 12 288 + 10 752 = 23 040 237,8 267,878 1 064,00 kW
2[Top 17] 26[Top 18] 50 544 + 23 040 = 73 584 933,3 1 185,254 934,80 kW
2[Top 19] 51[Top 20] 85 824 + 19 488 = 105 312 1 590,32 2 190,491 1 430,00 kW
1 192[Top 20] 85 824 2 494,65 3 570,28 1 430,00 kW

Sur ces diagrammes ci-dessous, on voit le classement successif des machines qui sont passées du CNUSC au CINES. On voit une grosse coupure, puis une reprise très forte depuis 2008 avec la machine jade.

message galerie Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Avant d'être le CINES, le CNUSC avait déjà des machines classées au TOP500[9].

Mission archivage pérenne[modifier | modifier le code]

Archivage pérenne de documents électroniques.

L’archivage des données numériques étant un facteur essentiel de succès de toute politique de dématérialisation et de numérisation des informations, la seconde mission stratégique nationale confiée au CINES porte sur le développement et la mise en œuvre d’une solution performante pour la conservation à long terme du patrimoine numérique.

À côté des moyens exceptionnels et des équipements de pointe dans le domaine du calcul intensif, le CINES dispose donc par l’intermédiaire de PAC (plateforme d’archivage du CINES) de l’une des toutes premières plateformes françaises en production qui soit consacrée à l’archivage de données numériques. Les documents candidats à un archivage pérenne dans PAC sont :

  • des données scientifiques issues d’observations, de mesures, de simulations ou de calcul ;
  • des données patrimoniales telles que les thèses soutenues en France, les données pédagogiques, les publications (articles parus notamment sur la plateforme HAL) ou encore les collections de revues scientifiques numérisées ;
  • des données administratives des universités.

Le schéma suivant présente quelques-unes des problématiques posées dans le cadre de l’archivage numérique pérenne, qui sont autant de risques inéluctables pour lesquels des procédures doivent être mises en place pour en atténuer l’impact le jour où ils se réaliseront :

Pour répondre à chacun de ces défis, le CINES s’appuie sur l’utilisation de standards nationaux (NF Z42-013, Afnor X578 :2005 - Fascicule de documentation FD X50-176 - outils de management : gestion par les processus, standard d’échange de données pour l’archivage…) et internationaux (modèle OAIS - ISO 14721, ISO 9001, Dublin Core, ISAD-G, ISAAR-CPF, méthodologie ITIL…) ainsi que sur une approche qualité faisant appel à une gestion proactive des risques, et une démarche pour la certification du service.

Le CINES dispose également d’une cellule d’expertise sur les formats de données et possède une grande expérience informatique et archivistique qui lui permet d’être l’un des leaders de l’archivage numérique pérenne en Europe.

Des articles dans la presse expliquent cette mission, d'archivage pérenne[10].

Mission hébergement de matériels informatiques[modifier | modifier le code]

La nouvelle mission du CINES est d'apporter une aide à la communauté de la recherche qui à des besoins d'espace pour faire fonctionner des environnements informatiques importants.

Le but est d’apporter aux organismes en manque d'espace matériel en salle machine, la possibilité d'augmenter leurs capacités en nombre de racks. Il est bien souvent difficile de stocker plusieurs racks avec toutes les dépendances qui en découlent (énergie, climatisation, maintenance 24/24). Le CINES peut apporter cet environnement technique car il dispose des environnements adaptés pour accueillir de l'informatique en « quantité industrielle ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
Références TOP500
  1. (en) « IBM SP2/32 » (consulté le ).
  2. (en) « IBM SP2/79 » (consulté le ).
  3. (en) « IBM SP P2SC 120 MHz (1997) » (consulté le ).
  4. (en) « IBM SP P2SC 120 MHz (juin 1998) » (consulté le ).
  5. (en) « IBM SP P2SC 120 MHz (nov. 1998) » (consulté le ).
  6. a b c et d (en) « IBM SP P2SC 120 MHz (1999) » (consulté le ).
  7. a b c et d (en) « HPE ORIGIN 2000 300 MHz (nov. 1999) » (consulté le ).
  8. (en) « IBM SP Power3 222 MHz (nov. 1999) » (consulté le ).
  9. (en) « HPE ORIGIN 3000 400 MHz (nov. 2000) » (consulté le ).
  10. (en) « IBM SP Power3 222 MHz (nov. 2000) » (consulté le ).
  11. (en) « HPE ORIGIN 3000 500 MHz (juin 2001) » (consulté le ).
  12. a b c d e et f (en) « IBM SP Power3 375 MHz (juin 2001) » (consulté le ).
  13. a et b (en) « HPE ORIGIN 3000 500 MHz (nov. 2001) » (consulté le ).
  14. a b et c (en) « HPE ORIGIN 3000 500 MHz (nov. 2002) Core 512 » (consulté le ).
  15. (en) « HPE ORIGIN 3000 500 MHz (nov. 2002) Core 256 » (consulté le ).
  16. (en) « HPE Jade - SGI Altix ICE 8200EX, Xeon quad core 3.0 GHz (nov. 2008) Core 12288 » (consulté le ).
  17. a et b (en) « HPE Jade - SGI ICE 8200EX, Xeon E5450 4C 3.000GHz, Infiniband (juin 2010) Core 23040 » (consulté le ).
  18. (en) « Atos Occigen - bullx DLC, Xeon E5-2690v3 12C 2.6GHz, Infiniband FDR (nov. 2014) Core 50544 » (consulté le ).
  19. (en) « Atos Occigen2 - bullx DLC 720, Xeon E5-2690v4 14C 2.6GHz, Infiniband FDR (juin 2017) Core 19488 » (consulté le ).
  20. a et b (en) « Atos Occigen2 - bullx DLC 720, Xeon E5-2690v4 14C 2.6GHz, Infiniband FDR (juin 2017) Core 85824 » (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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