Boris Polevoï

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Boris Nikolaevich Polevoï (en russe Бори́с Никола́евич Полево́й), né le à Moscou, Russie et mort le à Moscou, URSS, est un romancier russe. Son nom reste attaché à son livre Histoire d'un homme véritable, publié en 1947, basé sur l'histoire du pilote russe de la Seconde Guerre mondiale Alekseï Petrovitch Maressiev.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1908, sous son vrai nom, Boris Nikolaevich Kampov, c'était le fils d'un juriste juif, Nicolas Petrovtch Kampov et d'une femme médecin, Lidia Vassilievna.

En 1913, la famille quitta Moscou pour aller habiter à Tver. Deux ans après son père succomba à la tuberculose alors sa mère se mit à travailler dans un hôpital d'usine. Tous les deux logés dans «Les maisons des employés» d'une fabrique de textiles qui appartenait aux négociants Morozov, il passa son enfance et son adolescence en compagnie des «gosses des ouvriers». Livré à lui même car sa mère travaillait toute la journée, il profita de sa liberté pour découvrir la nature dans la banlieue environnante et lire, guidé par sa mère, surtout des auteurs classiques russes dont Maxime Gorki de l'excellente bibliothèque de son père. Alors qu'il était à l'école depuis quatre ans, son amour de la nature, fit qu'il devint «dirigeant» du cercle de jeunes naturalistes et à ce titre, participa aux rencontres de la jeunesse de la ville et de la RSFSR. C'est aussi dans les années vingt qu'il fut témoin de l'installation de la rédaction de la Pravda de Tver dans le bâtiment des corps de pompe de son usine. Le président en était Gourianov, un ajusteur très populaire, et dans ce contexte, Boris, le jeune orphelin «prit conscience» de son penchant pour le journalisme. Six ans après être rentré à l'école, il eut droit, dans ce journal d'usine, à un premier entrefilet de sept(?) lignes qui semble-t-il relatait la visite dans son école d'un poète paysan connu: Drojjine. Cette première fut suivie par d'autres articles et il se mit à écrire régulièrement dans la Pravda de Tver d'abord des échos sur ce qui n'allait pas dans sa ville puis fit des petits reportages d'actualité sur Tver, sur les fabriques et les usines de la cité.

Après avoir terminé ses études secondaires, il entra au collège technique et industriel de Tver. Là il se spécialisa dans la chimie où il approfondit les analyses quantitatives et qualitatives tout en continuant à rêver à la profession de journaliste et à écrire en cachette des articles et des reportages. Un été le journal présidé par Gourianov lui demanda de faire un reportage sur les entreprises forestières et les entreprises de flottage de la région de Tver. Arrivé dans le district de Selijarovski, il monta sur les trains de flottage, travailla comme barreur et descendit depuis les sources de la Volga jusqu'à Rybinsk où les trains de bois arrivaient à bon port. Cette série d'articles écrits à la lueur du petit feu qui brûlait au milieu de la hutte sur le radeau parurent sous le titre Sur les trains de flottage. Un autre été, il fut chargé par la rédaction du journal Les villages de Tver d'écrire un reportage sur la pénétration du socialisme dans les villages qui n'étaient pas encore organisés en kholkhozes; il s'installa comme bibliothécaire au village de Mikchino où il écrivit une série d'articles sur la vie des villageois et les débuts du travail collectif.

En 1927, sortit son premier recueil d'articles, la seule œuvre qu'il signa «Kampov»: 20 jours pour une enquête romancée sur le monde interlope de Tver si criant de vérité qu'il entraîna quelques purges parmi les fonctionnaires et dans les institutions du parti communiste. Ses camarades du journal des komsomols Sména auquel il collaborait, l'envoyèrent à Maxime Gorki. Celui-ci après avoir attentivement lu son travail, lui écrivit de Sorrente, où il demeurait, une lettre de six pages d'encouragements et de conseils. On peut dire ensuite qu'il fut son tuteur ou pour le moins son égérie. Ensuite il signa «Polevoï» peut-être en hommage à Nicolas Polevoï, un éditeur et un écrivain russe du XIXe siècle connu pour avoir écrit des romans historiques si l'on en croit le rédacteur de la page Wikipédia en anglais.

Après être sorti diplômé de l'école technique en 1926, il travailla comme technicien dans la teinturerie où l'on imprimait des indiennes laquelle faisait partie du combinat "La Prolétaire" à Kalinine. Il la quitta en 1928 car son travail et la direction d'un groupe de correspondants ouvriers ne lui laissaient pas assez de temps pour le journalisme donc il entama une carrière de journaliste et d'écrivain en étant rédacteur au journal pour les jeunesses communistes Sména auquel il avait déjà collaboré. Ce bihebdomadaire de 6 à 8 pages ayant disparu il reprit du service à Prolétarskaïa Pravda, un journal régional de Kalinine pour qui il travailla jusqu'au début de la Grande guerre patriotique en y rédigeant des reportages, des articles et en dirigeant les rubriques économiques. Parallèlement il écrivait des nouvelles dont il faisait publier une petite partie dans le journal ou dans l'almanach régional De nos jours. En 1939, la revue Octobre publia son premier roman L'atelier ardent sur l'émulation socialiste, le Stakhanovisme dans les entreprises de Kalinine. Le héros du livre se reconnut dans le roman et l'invita à son mariage.

En 1939, il épousa Youlia Ossipovna avec laquelle il eut deux fils et une fille.

Komsomol depuis 1930, il adhéra au parti communiste en 1940 et lorsque la guerre éclata il travaillait déjà à la Pravda depuis 1939. Correspondant de guerre jusqu'en 1945 en tant que journaliste mais aussi en tant que soldat, il était lieutenant-colonel, cela lui permit d'accéder aux points stratégiques de l'immense front et d'y recueillir une vaste documentation pour écrire. En 1941 il revint habiter à Moscou. En février 1942, un article L'exploit de Matveï Kouzmine rédigé à la hâte à la suite des funérailles du héros, un kolkhozien octogénaire du kolkhoze l'«Aube» qui avait répété le geste héroïque d'Ivan Soussanine lui attira des remarques du rédacteur en chef de la Pravda. Celui-ci lui conseillait de tout noter, de fournir des détails pour qu'on n'oublie rien de tous les prodiges que les soviétiques accomplissaient pour combattre l'invasion fasciste. Il prit un gros cahier et se mit à l'ouvrage en relevant les adresses des héros et des témoins des évènements les plus importants. Ainsi «comme correspondant de guerre je sautais d'un coin de front à l'autre, tantôt chez les partisans, tantôt dans les bois, d'où des commandos de parachutistes opéraient des raids sur les arrières de l'ennemi, puis je revenais sur la ligne de front à Stalingrad, sur le saillant de Koursk, à Korsoun-Chevtchenkovski, sur la Vistule, sur la Neisse, sur la Sprée et j'ai été partout le témoin de l'héroïsme des hommes soviétiques...Ivan Soussanine, Maria Kojina, Kochka marin de Sébastopol...». On peut ajouter qu'il est aussi allé à Prague où il atterri sur le stade en mai 1945, qu'il s'est trouvé à bord d'un bombardier lors du bombardement des villes allemandes, qu'il a vu la guerre dans les Carpates et en Pologne. Pendant tout le cours de la guerre, il prit des notes sur 65 épisodes; celui du lieutenant de la garde Maressiev, pilote de chasse sur un aérodrome près d'Orel lors de l'offensive nazie sur cette ville, est le sujet du livre Un homme véritable (1946). Il sélectionna 24 autres histoires qu'il rassembla dans un ouvrage ayant pour titre Nous autres soviétiques (1948) qui obtint en 1949 le Prix Staline. Dans le même esprit, la nouvelle Le retour est un épisode de la vie d'un fondeur célèbre de Moscou. «L'or (1949-1950) est également emprunté à la vie réelle: son dénouement s'est produit au moment de l'offensive sur le front de Kalinine au début de 1942». Naissance d'une épopée «met en scène» Malik Gabdouline qui dirigea ensuite l'Institut de littérature de l'Académie des Sciences du Kazakhstan et Le drapeau du régiment montre le courage de la paysanne de Poltava, Ouliana Biélogroud, qui sauva le drapeau d'un régiment de chars. (Celle-ci ensuite fut décorée pour les résultats qu'elle avait obtenus dans la récolte des betteraves!) De Belgorod aux Carpates (1945) est aussi un témoignage sur ses expériences militaires. On sait moins qu'il assista jusqu'à la fin au Procès de Nuremberg et qu'il rapporta d'Auschwitz des informations inédites sur les atrocités qui y avaient été commises. À la fin de la guerre, en 1945, il fut décoré deux fois de l'Ordre de la guerre patriotique de 1re classe.

Le succès du livre Un homme véritable fut considérable tant à l'étranger qu'en Union Soviétique. En 1947, il reçut le Prix Staline du 2e degré pour cette œuvre qui allait être traduite en 49 langues, publiée 180 fois et dont les tirages allaient atteindre environ 9 745 000 exemplaires. Sergueï Prokofiev en fit un opéra en 4 actes et dix tableaux en 1947-1948 et Alexandre Stolper en réalisa un film en 1948. D'autres œuvres servirent de scénario à des films: Sur la rive sauvage fut tourné par Anatoli Granik en 1966, Docteur Véra en 1967 et Or en 1969 furent réalisés tous les deux par Damir Vyatich-Berezhnykh.

En 1949 il reçut pour la 2e fois le prix Staline du 2e degré. En février 1950, à Varsovie, il retrouva Alekseï Petrovitch Maressiev qui comme lui était délégué au Deuxième Congrès Mondial des Partisans de la Paix. Il se rendit aussi dans de nombreux autres pays et son recueil d'essais Journal américain publié en 1956 lui permit d'obtenir le Prix international de la paix en 1959. À partir de 1952 il fut président de la société européenne de la culture. En 1957, il participa à la campagne de persécution de l'écrivain Boris Pasternak qui avait fait éditer le roman Le docteur Jivago à Milan.

De 1951 à 1966 si l'on en croit la page wikipédia en langue anglaise, de 1946 à 1958 si l'on en croit la page wikipédia en langue russe, il fut élu député du Soviet suprême de la RSFSR. En 1958, il reçut deux fois la distinction de l'Ordre de la bannière rouge du travail, en 1959, il devint membre du conseil de l'union des journalistes soviétiques.

De 1961, en 1969 selon la page Wikipédia en russe, jusqu'à sa mort, il fut président du conseil d'administration du fonds soviétique de la paix. La même année, en 1961, il devint, jusqu'à sa disparition, rédacteur en chef du magazine Jeunesse.

En 1962, parut son roman Sur la rive sauvage, ayant pour base ses notes de journaliste auprès des géologues et des techniciens qui travaillaient sur les chantiers du Canal Volga-Don et sur la reconstruction et les aménagements du barrage de DnieproGuES.

Il correspondit pendant plusieurs années avec Howard Fast d'origine ukrainienne et juif qui fut membre du parti communiste américain pendant 15 ans. Polevoï dit que quand il reçut de ses nouvelles il ne put s'endormir tant les héros des romans de l'auteur de Spartacus étaient présents autour de lui. Leur rencontre fugitive fut poursuivie par une relation épistolaire mais Howard Fast ne recevant pas de réponse décida de publier les lettres. Enfin l'écrivain américain reçut du courrier de son correspondant: on n'a jamais connu les raisons de ce retard.

En 1967 li devint secrétaire du conseil de l'Union des écrivains soviétiques et reçut la distinction de l'Ordre de Lenine qu'il obtint également en 1974, et une autre fois en ?, avec celle, la même année, de Héros du travail socialiste. Toujours en 1974, il publia une biographie romancée du maréchal Ivan Koniev qu'il connaissait personnellement.

De son vivant, le 16 mars 1978 il fut reconnu citoyen d'honneur de la ville de Kalinine. Il fut également décoré de l'Ordre de l'étoile rouge

Sa dépouille repose dans la parcelle 9 du Cimetière de Novodievitchi à Moscou.


Œuvre[modifier | modifier le code]

  • L'Atelier ardent, roman, publié en 1939 dans la revue Octobre
  • De Belgorod aux Carpathes, Plon, 1946 (édition française)
  • Un homme véritable, 1947, publié en langue française par les Éditions en langues étrangères à Moscou en 1954, dans une traduction de Roger Garaudy
  • Nous autres soviétiques, recueil de 24 nouvelles publié en 1948, en 1950 pour l'édition française
  • Contemporains, 1954
  • Journal américain, 1956
  • Au bord de la terre, 1956
  • L'Or, roman publié par les Éditeurs français réunis en 1957
  • Trente mille lieues en Chine, 1957
  • Arrière-pays,1958
  • Sur la rive sauvage, éditions du Progrès, Moscou, 1962
  • La guérisseuse, 1966 ou (Docteur Vera)
  • Au cours de la grande contre-offensive, 1967
  • En fin de compte: journaux de Nuremberg, 1969
  • Berlin, 896 kilomètres, 1971
  • Libération, éditions du Progrès, Moscou, 1974
  • Annie, 1976

Sources[modifier | modifier le code]

  • De larges extraits ont été puisés dans son autobiographie (jusqu'en 1950) écrite comme une préface au livre Un homme véritable édité par les Éditions en langues étrangères à Moscou en 1954.
  • Des renseignements ont été prélevés dans les pages Wikipédia non francophones.