Bernard Lambert

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Bernard Lambert
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Fonction
Député
Cinquième circonscription de la Loire-Atlantique
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Biographie
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Partis politiques

Bernard Lambert, né le à Teillé (Loire-Atlantique) et mort le à Bécon-les-Granits[1] (Maine-et-Loire) dans un accident automobile, est un agriculteur, un homme politique français, un syndicaliste agricole à l'origine de la Confédération paysanne et une grande figure des luttes paysannes dans l'Ouest de la France au cours des années 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Ses parents sont métayers. Il arrête ses études à quatorze ans. Cloué au lit pendant deux ans par la tuberculose, il lit tout ce qui lui tombe sous la main. Il entre à la Jeunesse agricole chrétienne (JAC) vers 1948 et en devient rapidement responsable départemental. En 1951, il reprend la ferme familiale, en association avec son frère.

Les années 1950 et 1960[modifier | modifier le code]

De 1952 à 1954, il fait 18 mois de service militaire en Algérie. En 1954, il devient responsable national de la JAC. En 1955, il suit les cours du Centre d'Enseignement Rural par Correspondance d'Angers. Il est rappelé en Algérie de juin à septembre 1956. En 1956, les principaux animateurs nationaux de la JAC décident d'entrer au Cercle National des Jeunes Agriculteurs (CNJA) et s'empare très rapidement de sa direction, avec notamment Michel Debatisse. Dans les années 1957-1958, grâce à ses contacts personnels, il joue un rôle déterminant pour un rapprochement des syndicats ouvriers et paysans en Loire-Atlantique.

De 1958 à 1962, il est député sous l'étiquette MRP de la circonscription de Châteaubriant. Il est battu aux élections législatives de 1962 par une large coalition de droite. Il réintègre la FDSEA en 1963, entre à son bureau en 1964 et en devient secrétaire général en 1965. En 1966, il adhère au PSU où il milite jusqu'en 1972.

Sur le plan professionnel, il devient président de la SICA SAVA de Challans, une coopérative d'aviculteurs. Il se lance dans la production des poulets de chair.

Les années 1970 et 1980[modifier | modifier le code]

Son itinéraire politique incarne l'évolution d'une fraction de la paysannerie bretonne du catholicisme social vers le socialisme. Orateur, homme de contact, idéaliste et batailleur, il est alors une figure du syndicalisme paysan français.

Il est le fondateur du mouvement des « Paysans travailleurs », à travers son livre publié en 1970 Les Paysans dans la lutte des classes.

Le mouvement des Paysans travailleurs s'incarne dans les luttes autour du Larzac à partir de 1973 ; Bernard Lambert est à l'origine de la marche sur le Larzac, au cours de laquelle il proclame : « Jamais plus les paysans ne seront des Versaillais. C’est pourquoi nous sommes ici pour fêter le mariage des Lip et du Larzac. »

En 1981, il fonde la Confédération nationale des syndicats de travailleurs paysans, l'origine de la Confédération paysanne.

Il est aussi à l'origine de l'affaire du « veau aux hormones », en 1980, et, plus généralement, de la remise en cause du productivisme agricole[2].

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Il s'est marié en 1959 et il a eu quatre enfants : Béatrice (1960), Agnès (1961), Christophe (1963), Vincent (1966).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

De Bernard Lambert[modifier | modifier le code]

  • Les paysans dans la lutte des classes, Seuil, 1970. Préfacé par Michel Rocard.
  • Les paysans dans la lutte des classes, Centre d'histoire du travail, 2003. Réédition commentée, avant-propos de José Bové. Cf. la page consacrée au livre sur le site de l'éditeur
  • « Paroles de Bernard Lambert : un paysan révolutionnaire », EHESS,‎ , Séminaire « Luttes dans et pour l'espace rural » de Françoise Bourquelot et Nicole Mathieu à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (lire en ligne)

Sur Bernard Lambert[modifier | modifier le code]

  • Yves Chavagne, Bernard Lambert, 30 ans de combat paysan, Éditions La digitale, 1988
  • Jean-Philippe Martin, Histoire de la nouvelle gauche paysanne. Des contestations des années 1960 à la Confédération paysanne, Édition La Découverte, 2005
  • Libération, mardi 30 juin 1984 : [1]
  • Jean-Kely Paulhan, « Un itinéraire exemplaire : le chemin de Bernard Lambert », Le Travailleur Paysan, septembre 1984, p. 10-11
  • Yannick DROUET et Jean-Philippe MARTIN, « Un militantisme paysan à gauche. Des réseaux paysans de Bernard Lambert (PSU) à ceux de l’OC-GOP (années 1960-années 1970) » p. 291-304, dans Tudi KERNALEGUENN, François PRIGENT, Gilles RICHARD, Jacqueline SAINCLIVIER (sous la dir. de), Le PSU vu d’en bas, 2009, PUR.
  • Jean-Philippe Martin, « Les contestations paysannes autour de 1968. Des luttes novatrices mais isolées ». Histoire des sociétés rurales, n°41, 1er semestre 2014,  p. 89-136.
  • J. P. Martin, « De Bernard Lambert à José Bové, les combats de la nouvelle gauche paysanne», dans (sous la dir. de) Céline Piot, Figures paysannes en France : mythes, regards et sociétés, tome 2, p. 157-180, Editions d'Albret (coll "Terres de mémoire", n°5), Nérac, 2016.
  • Jean-Philippe Martin, Des "mai 68" dans les campagnes françaises ? Les contestations paysannes dans les années 1968, L'Harmattan, 2017

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Bernard Lambert paysan - lycée banlieue culture. Fac-similé Libération du 30 juin 1984. », sur canalblog.com, (consulté le 28 février 2016).
  2. Jean-Philippe Martin, « « Des paysans environnementalistes ? Comment les paysans contestataires se sont emparés de la question écologique ? », », Ecologie et politique, « Syndicats et transition écologique »., no 50,‎ , p.101-111.