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Bataille de Staoueli

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Bataille de Staoueli
Description de cette image, également commentée ci-après
Attaque d'Alger par mer, le 29 juin 1830 par Théodore Gudin, 1831.
Informations générales
Date
Lieu Alger, Régence d'Alger
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Régence d'Alger
Commandants
Louis de Bourmont Hussein Dey
Agha Ibrahim
Forces en présence
37 000 soldats 40,000-60,000[1],[2],[3]
Pertes
57 morts
473 blessés[4]
inconnues

Conquête de l'Algérie par la France

Coordonnées 36° 45′ 24″ nord, 2° 53′ 08″ est
Géolocalisation sur la carte : Alger
(Voir situation sur carte : Alger)
Bataille de Staoueli
Géolocalisation sur la carte : Algérie
(Voir situation sur carte : Algérie)
Bataille de Staoueli

La bataille de Staoueli eut lieu le samedi 19 juin 1830 entre les forces françaises, commandées par le comte de Bourmont, et celles de la régence d’Alger, sous le commandement d’Ibrahim Agha, gendre de Hussein Dey. Elle se déroule dans le cadre de l’expédition d’Alger, au cours de laquelle la France cherche à prendre le contrôle de la capitale[5].

Après le débarquement de l’armée française à Sidi-Ferruch le 14 juin 1830, les troupes françaises se trouvent dans une situation délicate. Une partie du matériel tarde à être débarquée : la grosse artillerie et les chevaux sont encore sur les navires à cause des intempéries des jours précédents[6],[7]. Les vivres et les munitions sont également en quantité réduite. Cette situation limite la capacité opérationnelle des troupes françaises et les rend vulnérables à une contre-attaque, les obligeant à adopter des dispositions défensives[6].

Profitant de cette situation, la régence d’Alger rassemble ses meilleures forces sur le plateau de Staoueli. Plusieurs dizaines de milliers de cavaliers et de tirailleurs, issus de contingents variés tels que des Turcs, des troupes des Beyliks d’Oran, de Constantine et du Titteri, ainsi que des troupes du Dar-Es-Soltane et de nombreuses tribus locales. Selon les sources, la force rassemblée compte entre 40 000 et 60 000 hommes prêts à affronter les troupes françaises[6],[7],[8].

Cette armée établit son campement sur les hauteurs du plateau de Staoueli et renforce sa position en installant des batteries fournies par Hussein Dey, placées sur une redoute au centre du dispositif[9],[6]. Entre le 15 et le 18 juin, plusieurs de ces contingents vont harceler les avant-postes français pour menacer leurs lignes et limiter leur répit[6].

Après plusieurs désaccords au sein du commandement algérien sur la stratégie à adopter, Ibrahim Agha décide d’attaquer le 19 juin à l’aube, vers 4 heures. Son objectif est d’envelopper les Français et de les repousser vers la mer[6],[9]. Profitant d’un épais brouillard, les troupes algériennes ouvrent le combat par des décharges d’artillerie et une vive fusillade sur toute la ligne. Les cavaliers chargent ensuite sur les positions françaises, en particulier celles de la première division du baron Berthézène, considérée comme le point le plus faible en raison du terrain découvert. Appuyées par l’artillerie sur les hauteurs, les troupes algériennes attaquent avec détermination, entraînant des combats violents, qui se terminent par des corps à corps sanglants[5],[6].

La masse et la vigueur des assauts mettent temporairement en difficulté la première division, mais le soutien de la deuxième division du comte de Loverdo et de la troisième division du duc d’Escars permet à l’armée française de rapidement stabiliser la situation. Les assauts algériens sont repoussés et contenus entre la ligne française et les retranchements du camp de Staoueli, où les combats vont se poursuivre toute la matinée[6].

En raison du manque de munitions lié aux difficultés de débarquement, les forces françaises épuisent rapidement leurs réserves. Alors, aux alentours de midi, le comte de Bourmont décide de lancer une contre-offensive. Les régiments d’infanterie française avancent au pas de charge, à la baïonnette, et repoussent la première ligne algérienne vers la seconde. Les Français poursuivent leur progression, gravissent les hauteurs, prennent successivement les batteries algériennes après de violents combats et atteignent finalement le camp, déserté par ses occupants[6],[10].

Les troupes de la régence, mises en déroute, se retirent en désordre vers les montagnes avoisinantes et en direction d’Alger, abandonnant de nombreux canons, vivres, munitions, bétail, montures, tentes et autres matériels. Les pertes françaises sont relativement faibles, de l’ordre de plusieurs centaines d’hommes hors de combat, tandis que les pertes algériennes, bien que leur nombre exact ne soit pas connu, sont bien plus importantes. Le seul contingent turc a par exemple perdu entre 3 000 et 4 000 hommes sur un effectif initial de 7 000[5],[6],[11].

Conséquences

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Cette défaite provoque un grand effroi au sein de la population algérienne et parmi les élites locales, qui doutent de la capacité de la régence à protéger Alger. Les Bey se désintéressent progressivement de la cause de Hussein Dey. Quant à Ibrahim Agha, il est rapidement écarté par ce dernier à la suite de ses échecs[10].

La bataille de Staoueli constitue un tournant majeur de l’expédition de 1830 et, plus largement, de la conquête de l’Algérie par la France, car elle scelle le sort d’Alger et contribue de manière décisive à sa prise par les Français quelques jours plus tard[5].

Notes et références

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  1. « Sur la terre d’Afrique ! », sur www.algerie-ancienne.com (consulté le ).
  2. Edouard d’Ault-Dumesnil, Relation de l’expédition d’Afrique en 1830 et de la conquête d’Alger, Palmé, , 552 p. (lire en ligne), p. 240.
  3. Théodore De Quatrebarbes, Souvenirs de la campagne d'Afrique, Dentu, , p. 35.
  4. Bulletin universel des sciences et de l'industrie. 8: Bulletin ..., Volume 11 p.84.
  5. a b c et d Edouard d'Ault-Dumesnil, Relation de l'expedition d'Afrique en 1830 et de la conquête d'Alger, Palmé, (lire en ligne)
  6. a b c d e f g h i et j Pierre Berthezène, Dix-huit mois à Alger, (lire en ligne)
  7. a et b Antoine de Juchereau de Saint-Denys, Considérations statistiques, historiques, militaires et politiques sur la régence d'Alger, (lire en ligne)
  8. Théodore de Quatrebarbes, Souvenirs de la campagne d'Afrique, (lire en ligne)
  9. a et b Ahmed Bey, Les mémoires d'Ahmed dernier Bey de Constantine, revue africaine, Volume 93 - 1949 (lire en ligne)
  10. a et b Léon Galibert, Histoire de l'Algérie, ancienne et moderne, (lire en ligne)
  11. Élie Fonclare, Historique du 20e régiment d'infanterie, (lire en ligne)
  1. Edouard d’Ault-Dumesnil, , Palmé, 1868, 552 p. (lire en ligne [archive]), p. 240.
  2. Théodore De Quatrebarbes, , Dentu, 1831, p. 35.
  3. Bulletin universel des sciences et de l'industrie. 8: Bulletin ..., Volume 11 p.84. [archive]
  4. Youcef, BELHANI (10 September 2012). "Portail cartographique" [archive]. spider-dz.com. Récupéré le 8 mars 2017.