Hussein Dey

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Hussein Dey
Gouverneur de la Régence d'Alger
Image illustrative de l'article Hussein Dey
Hussein Pacha, dernier dey d'Alger. Dessiné d'après nature à la Cassauba (Casbah), le 7 juillet 1830.
Biographie
Nom de naissance Hüseyin bin Hüseyin
Nom arabe الداي حسين
Nom turc Hüseyin Paşa
Origine Turque
Date de naissance 1764
Lieu de naissance Smyrne, Turquie
Date de décès 1838
Lieu de décès Alexandrie, Egypte
Fonctions
27e Dey d'Alger

(12 ans, 4 mois et 4 jours)
Prédécesseur Ali Khodja
Successeur Charge abolie
Khodjet al khil (ministre)
Le coup d'éventail

Hussein Dey ou Hussein Pacha, né en 1764 à Urla[1], en Turquie, et mort en 1838 à Alexandrie (Égypte), est le dernier dey d'Alger.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à Vourla (ou Urla), petite ville d'Asie-Mineure, son père était officier d'artillerie au service de l'Empire ottoman, il soigna son éducation, en l'emmenant étudier à Constantinople, dans une école supérieure. Hussein s’engagea comme soldat, puis s’enrôla dans la milice d'Alger[2].

Dey d'Alger[modifier | modifier le code]

Il succède à Ali Khodja, en mars 1818, mort de la peste, et prend quelques mesures libérales destinées à rassurer les Européens comme la libération de certains otages ou la liberté de culte vis-à-vis des juifs[3]. Il poursuit cependant les activités de piraterie en Méditerranée, principale ressource du Royaume d'Alger. Il construisit en hommage au Raïs Hamidou, un corsaire ou pirate Ottoman d'origine Kabyle, une villa à El Biar[4].

Affaire de l'éventail[modifier | modifier le code]

Le 29 avril 1827, il soufflette avec son chasse-mouches le consul de France Pierre Deval, qui prétendait avoir envoyé les prêts demandés avec deux marchands, mais refusa de rembourser la dette[5], ce qui rendit le Dey furieux. Charles X exige des excuses et cet incident entraîne la rupture des relations diplomatiques. En réalité, les griefs étaient nombreux de part et d'autre : entrave au commerce et à la pêche du fait de la piraterie ; vieux contentieux financier du fait de dettes françaises non honorées.

Après une tentative de blocus du port d'Alger (1827-1829), Charles X décide de débarquer une force d'intervention en Algérie qui marque le début de la conquête du pays.

Après la prise d'Alger, Hussein Dey, capitule, et est contraint à l'exil. Accusé de trahison, beaucoup de janissaires, probablement irrités par la défaite, menacent de le poignarder[6],[7]. Il est conduit sous escorte à Naples avec sa famille, son harem et sa fortune personnelle, sur le Jeanne d'Arc le 15 juillet 1830 où il a choisi de s'installer; sa demande d'autorisation de se fixer en France ayant été refusée par le roi[8].

Quand il quitta le rivage, de grosses larmes coulèrent de ses yeux, il est assuré qu'il tourna plusieurs fois la tête vers Alger avant de partir, Alger qu'il commanda pendant plus de 15 années[9].

Après sa capitulation, d'autres Turcs entreprennent la défense du territoire avec les locaux, notamment Hadj Ahmed Bey.

Il réside pendant trois ans en Italie.

Il meurt à Alexandrie (Égypte) vers 1838.

Héritage[modifier | modifier le code]

Une commune de la wilaya d'Alger ainsi que son district sont nommés en son hommage. L'équipe de foot Nasr Athletic Hussein Dey (football) est basé là bas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire d'Alger : de son territoire et de ses habitants... (1841); p. 211. Lire en ligne
  2. P. Clausolles, L'Algérie pittoresque : ou, Histoire de la régence d'Alger, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours: présentant avec la suite des événements, la description géographique de la contrée, des observations précises sur les peuples qui l'habitent ... rédigée et mise en ordre, d'après les documents officiels publiés par le gouvernement, les mémoires des corps savants, les écrits des historiens anciens et modernes, les relations des voyageurs les plus célèbres, etc. ..., J.B. Paya, , 520 p. (lire en ligne), « Hussein-Pacha », p. 1
  3. Comment l'Algérie devint française (1830-1848) de Georges Fleury
  4. Sabrina L, « Alger, un lieu, une histoire : au fil du temps », Le Soir d'Algérie,‎ (lire en ligne)
  5. « 30 avril 1827 - Le coup d'éventail du dey d'Alger - Herodote.net », sur www.herodote.net (consulté le 3 juin 2016)
  6. Revue de Paris, Volumes 29 à 30, Bureau de la Revue de Paris, 544 p. (lire en ligne), p. 49
  7. L'Algérie pittoresque : ou, Histoire de la régence d'Alger, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours: présentant avec la suite des événements, la description géographique de la contrée, des observations précises sur les peuples qui l'habitent... rédigée et mise en ordre, d'après les documents officiels publiés par le gouvernement, les mémoires des corps savants, les écrits des historiens anciens et modernes, les relations des voyageurs les plus célèbres, etc.. (1843); p. 68. (chapitre Hussein-Pacha) Lire en ligne
  8. France pittoresque par Abel Hugo, 1835
  9. Stéphen d'Estry, Histoire d'Alger, de son territoire et de ses habitants, de ses pirateries... depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours..., Ad Mame et Cie, , 390 p. (lire en ligne), p. 211

Liens externes[modifier | modifier le code]