Combat de l'oued El Malah

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Combat de l'oued El Malah

Informations générales
Date
Lieu El Malah près de Zelmata, Algérie
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de FranceDz flag-Abdelkader.png État d'Abd el Kader
Commandants
Jacques Tempoure[1]
Louis Émile Tartas
Christophe Michel Roguet
Mohammed Ben Allel
Forces en présence
Environ 1 200
Pertes
404 morts
280 prisonniers

Conquête de l'Algérie par la France

Coordonnées 35° 12′ 24″ nord, 0° 34′ 10″ est

Géolocalisation sur la carte : Algérie

(Voir situation sur carte : Algérie)
Combat de l'oued El Malah

Le combat de l'oued El Malah[2], qui s'est conclue par la mort de Mohammed Ben Allel dit Sidi Embarek[3] le , est un épisode important de la conquête de l'Algérie par la France.

Préambule[modifier | modifier le code]

Au début de 1843, Abd el-Kader avait réapparu sur le Chélif avec 3 000 Kabyles et le général Bugeaud les avait défait une première fois au mont Gourayah puis en mai aux environs de Taguin, et une troisième fois lors d'une rapide attaque dans les montagnes de l'Ouarensenis.
Les troupes Françaises poursuivaient ainsi les restes des troupes Arabes, qui s'enfuyaient vers l'Ouest en direction du Maroc dont l'une était commandée par Mohammed Ben Allel dit Sidi Embarek. Celui-ci cherchait à gagner El Gor, situé au sud-ouest de Tlemcen, où il devait opérer sa jonction avec les troupes commandées directement par Abd-el-Kader.

Après avoir formé une colonne de marche à Mascara, composée de 3 pièces d'artillerie, de 800 hommes d'infanterie, choisis parmi les plus valides, de 300 chasseurs des 2e et 4e régiments de chasseurs d'Afrique, des spahis d'Oran et de 30 cavaliers indigènes, le général Tempoure et ses troupes, partirent à la poursuite des rescapés de l'infanterie régulière de l'émir Abd el-Kader commandée par Mohammed Ben Allel dit Sidi Embarek[4].

Quittant Mascara le 6 novembre, la colonne Française fait halte à Assi el Kerma le 9 novembre, ou elle campe et apprend que Ben Allel est parti le 8 au matin de Tamsert, situé près de Djerf el Guebli, en direction de l'Ouest pour faire sa jonction avec les troupes de l'émir qui devait atteindre El Gor. La colonne du général Tempoure qui alors Assi el Kerma à minuit et arrive le 10 novembre à 9 heures du matin à Tamsert.
Là, les restes d'un bivouac récemment abandonné donnèrent à soupçonner que la colonne Française était sur la trace des troupes Arabes.
A 11 heures du matin le général Tempoure se remet en route, et sa colonne, à travers une pluie battante, gagne Aïn Bouchegara le soir, où elle établit son bivouac. Deux habitants de la tribu des Djaffra apprirent au général que Ben-Allal avait couché la veille à cinq lieues d'Aïn Bouchegara et qu'il s'y trouvait le 10 novembre à 9 heures du matin. La pluie continuait à tomber avec violence et le terrain détrempé était, selon les 2 Arabes, presque impraticable. Le général n'en tint compte et continua sa marche. A la pointe du jour, les Français arrivèrent à l'entrée de la vallée de Malah et aperçurent tout à coup une forte fumée sortant d'un bois; Les troupes Arabes étaient là[5].

Disposition Française[modifier | modifier le code]

La cavalerie fut formée sur 3 colonnes, forte chacune de deux escadrons, et derrière celle du centre, 2 escadrons étaient placés en réserve. Le colonel Tartas, du 4e régiment de chasseurs d'Afrique, le commandait l'ensemble de la cavalerie.
Derrière la réserve, il y avait 350 hommes d'élite et un obusier de montagne, sous les ordres du colonel Roguet, du 41e régiment d'infanterie de ligne.
250 hommes d'infanterie et deux obusiers étaient positionnées pour la garde du convoi de la colonne, précédé à courte distance par le commandant Bosc, du 13e léger, à la tête de 200 hommes d'élite.

Le combat[modifier | modifier le code]

Les dispositions prises, les troupes Françaises se remirent en marche, en profitant de tous les mouvements de terrain pour masquer leur approche et arrivèrent à un quart de lieue d'une petite colline masquant le lieu d'où sortait la fumée, sans avoir aperçu un seul être vivant. Mais, tout d'un coup, un cavalier sorti d'un taillis, tira un coup de fusil, et s'enfuit à toute bride. Des cavaliers Français le poursuivirent, et , arrivés sur la colline, ils aperçurent l'ennemi à portée de fusil.

En commençant sa marche vers l'Ouest, et pendant la route, Mohammed Ben Allel n'avait point connaissance de la sortie des troupes Françaises de Mascara et il était si loin de croire qu'on fût à sa poursuite confiant qu'il ne risquait rien de ce côté.

La sécurité la plus complète régnait encore dans le camp, lorsque le cavalier Arabe, cité plus haut, arriva à toute bride, jetant le cri d'alarme.
Ben Allel fit aussitôt prendre les armes. Il forma ses deux bataillons en colonne serrée, les drapeaux en tête, et les mit en marche au son du tambour.
Ils étaient déjà arrivés au milieu d'une petite plaine qui les séparait d'une colline boisée et rocheuse qu'ils voulaient gagner; mais, voyant qu'ils n'en avaient pas le temps, ils s’arrêtèrent et firent ferme.
Immédiatement la cavalerie Française mit le sabre à la main. Suivant les ordres du général Tempoure, qui lui avait prescrit de ne pas tirer un seul coup de fusil, elle chargea.
Le colonel Tartas, dans son élan dépassait seul son 1er escadron, et entra le premier dans les bataillons ennemis à travers une vive fusillade, pendant que les deux colonnes tournantes les enveloppaient et leur enlevaient tout espoir de salut.
En peu d'instants, tout fut culbuté.
Commandés par le lieutenant-colonel Sentuary, les chasseurs d'Afrique et spahis se précipitaient surtout vers la tête de la colonne ou étaient les drapeaux. Tous ceux qui étaient autour furent sabrés, et ces glorieux trophées tombèrent entre les mains des cavaliers Français.
Après avoir été témoin de la mort de ses porte-drapeaux, de l'horrible massacre qui venait d'avoir lieu, le kalifat, Mohammed Ben Allel dit Sidi-Embarek, conseiller d'Abd-el-Kader et qui était son véritable homme de guerre, accompagné de quelques cavaliers, avait cherché à fuir mais, suivi de près par le capitaine Cassaignoles, qui l'avait reconnu dans la mêlée à la richesse de ses vêtements, l'avait rattrapé au moment où il cherchait à gagner l'escarpement rocheux qui ferme la vallée à l'Est.
Las, perdant tout espoir de salut, il s'était déterminé à vendre chèrement sa vie. D'un coup de fusil, il avait tué le brigadier du 2e chasseurs d'Afrique Labossaye puis d'un coup de pistolet il abattit le cheval du capitaine Cassaignoles, qui avait le sabre levé sur lui. D'un troisième coup, de pistolet, il avait blessé légèrement le maréchal des logis des spahis Siquot, qui venait de lui asséner un coup de sabre sur la tête. N'ayant plus d'arme à feu, il avait mis le yatagan à la main. Ce fut alors que le brigadier Gérard termina cette lutte désespérée en le tuant d'un coup de fusil.

Bilan[modifier | modifier le code]

Les résultats de ce brillant combat sont :

  • 404 fantassins et cavaliers réguliers, dont 2 commandants de bataillon et 18 sciafs (capitaines) ainsi que Mohammed Ben Allel dit Sidi-Embarek restés sur le carreau.
  • 280 prisonniers, dont 13 sciafs, 3 drapeaux, dont celui du bataillon de Mohammed Ben Allel, celui du bataillon d'El-Berkani, et enfin celui de l'émir Abd-el-Kader.
  • 600 fusils, des sabres, des pistolets en grand nombre.
  • 50 chevaux harnachés et un grand nombre de bêtes de somme.

Les Français, conscients de l'importance de leur victoire, font exposer la tête de Mohammed Ben Allel dit Sidi-Embarek à Miliana et à Alger pour démoraliser la résistance de la population.
« Après ce beau combat du 11 novembre, Abd el-Kader n'ayant plus qu'une poignée de cavaliers n'est plus que l'ombre de lui-même. On peut regarder aujourd'hui le royaume qu'il avait fondé comme définitivement conquis » écrit Bugeaud, devenu maréchal, dans son rapport au Ministère de la guerre daté du 24 novembre 1843. À cet ennemi aussi redouté que respecté, Bugeaud fait rendre les hommages militaires lors de son enterrement dans le mausolée familial de Koléa.

Bibliographie, références et notes[modifier | modifier le code]

  • (fr) Léon Galibert : Histoire de l'Algérie ancienne et moderne depuis les premiers établissements des carthaginois jusque et y compris les dernières campagnes du général Bugeaud.
  • (fr) Christian Pitois : Souvenirs du Maréchal Bugeaud, de l'Algérie et du Maroc, Volume 1
  • (fr) Recueil périodique Le Correspondant, Volume 7 page 577 et suivantes

Liens externes[modifier | modifier le code]