Ayelet Shaked

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Ayelet Shaked
איילת שקד
Ayelet Shaked en 2011.
Ayelet Shaked en 2011.
Fonctions
Ministre de la Justice d'Israël
En fonction depuis le 6 mai 2015
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou IV
Prédécesseur Tzipi Livni
Députée à la Knesset
En fonction depuis le
Élection 22 janvier 2013
Réélection 17 mars 2015
Biographie
Nom de naissance Ayelet Ben Shaul
Date de naissance (39 ans)
Lieu de naissance Tel-Aviv, Israël
Nationalité Israélienne
Parti politique Le Foyer juif
Enfant(s) Deux enfants
Profession Ingénieur au département Marketing de la société Texas Instruments
Religion Judaïme séculaire
Résidence Tel Aviv, quartier de Bavli

Ayelet Shaked, איילת שקד en hébreu, née le est une ingénieur et femme politique israélienne. Députée à la Knesset pour le parti Le Foyer juif depuis 2013, elle est ministre de la Justice depuis 2015, au sein du quatrième gouvernement de Benyamin Netanyahou. Bien qu'appartenant à un parti religieux, Ayelet Shaked est laïque (au sens israélien du terme[Note 1]).

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayelet Shaked, de son nom de jeune fille Ayelet Ben Shaul, est née à Tel Aviv en Israël au sein d'une famille de la classe moyenne. Sa mère, une enseignante de la Bible hébraïque, était ashkénaze (ses ancêtres faisaient parti de la première aliyah russe à la fin du XIXe siècle) et votait centre-gauche. Son père, né en Iran d'une famille juive irakienne ayant quitté cette région dans les années 1950, était comptable et votait pour le Likoud.

Shaked grandit dans le quartier de Bavli à Tel Aviv. Elle déclare que sa passion pour la politique est née en regardant à huit ans un débat télévisé entre Yitzhak Shamir et Shimon Peres, durant lequel elle affirme avoir soutenu Shamir. À sa majorité, elle intégra l'Armée de défense d'Israël et occupa rapidement le poste d'instructeur d'infanterie dans la Brigade Golani. Après son service militaire, elle intégra l'université de Tel Aviv et obtint un master en ingénierie électronique et informatique. Elle a travaillé au service marketing de la société Texas Instruments.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Ayelet Shaked avec le président Reuven Rivlin, le 23 mars 2015.

De 2006 à 2008, elle est directrice du cabinet de Benjamin Netanyahu. Entre 2010 à 2012, elle créa et développa un mouvement politique nommé « Mon Israël » avec Naftali Bennett.

Depuis fin 2011, elle fait campagne contre l'immigration illégale d'Afrique, notamment des Falashas en provenance d'Éthiopie, estimant que ceci représentait une menace pour l'État d'Israël et un problème pour son économie. Elle fit aussi campagne contre la radio Galeï Tsahal, dont elle estime que la ligne éditoriale était politiquement de gauche.

En janvier 2012, Ayelet Shaked est élue membre du comité central du Likoud. Mais en juin 2012, elle démissionna et rejoignit le parti Le Foyer juif. Le 14 novembre 2012, elle se hissa à la troisième place lors des primaires de son parti pour les élections législatives de janvier 2013 mais dans le cadre d'une alliance entre son parti et l'Union nationale, elle ne fut que cinquième sur la liste. Lors de ces 19e élections législatives israéliennes, elle est élue membre de la Knesset, le Parlement israélien, mais resta la seule élue laïque de son parti parmi les onze autres députés du Foyer juif. Elle intégra rapidement la commission des affaires économiques, la commission parlementaire, la commission sur les travailleurs étrangers et de manière moins régulière la commission des finances. Elle présida le lobby pour les immigrants anglophones - les lobbies israéliens sont des groupes parlementaires se donnant pour mission le soutien d'individus ou de groupes clairement désignés[1] - , celui pour Jonathan Pollard et celui pour les agents infiltrés et elle participa à de nombreux autres lobbies de la législature 2013-2015[2],[3].

Le 6 mai 2015, le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, quelques heures avant le délai limite que lui imposait la loi pour former un gouvernement, nomme Ayelet Shaked ministre de la Justice[4],[5],[6]. Après avoir mené sous la précédente législature le combat pour le service militaire des ultra-orthodoxes, elle aurait pour ambition de diminuer les pouvoirs de la Cour suprême d'Israël[7].

Controverse de 2014[modifier | modifier le code]

La veille du kidnapping et le meurtre du jeune palestinien Mohammad Abou Khdeir par des extrémistes juifs[8], Ayelet Shaked publie sur Facebook un article du journaliste Uri Elitzur (mort en mai 2014)[9] où elle voue à l'enfer les terroristes palestiniens et leurs proches qui les aident[Note 2].

Durant l'opération militaire de 2014, Bordure protectrice, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan compare l'état d'esprit d'Ayelet Shaked à celui d'Adolf Hitler[10],[11],[12]. Il cite ses propos : « Tout le peuple palestinien est notre ennemi », qu'« Israël devrait déclarer la guerre à l'ensemble du peuple palestinien, ce qui inclut leurs personnes âgées et leurs femmes, leurs villes et leurs villages, leurs biens et leurs infrastructures »[13], citations remises en cause par Ayelet Shaked.

En effet, Ayelet Shaked écrit le 16 juillet 2014 une tribune dans le Jerusalem Post, dénonçant tout à la fois « ceux qui cherchent toujours à rendre Israël coupable » et certains journalistes comme Gideon Resnick, journaliste américain du Daily Beast et d'autres qui auraient volontairement déformé ces propos pour les rendre condamnables[12]. Elle dénonce le travestissement de certains termes soit par erreur de traduction (en mettant en cause le niveau d'hébreu du journaliste américain), soit volontairement[Note 3].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mariée à M. Shaked avec qui elle a eu deux enfants. La famille vit toujours dans le quartier de Bavli à Tel Aviv.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Shaked a reçu en 2012 le prix israélien Abramowitz pour la critique des médias[14] (ici, sens positif du terme critique, signifiant l'amélioration de la qualité des médias à travers son analyse et sa critique)[15].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En Israël, la laïcité porte surtout sur des questions telles que le service militaire pour les ultra-orthodoxes, les conversions religieuses, le respect ou non du chabbat, la séparation des sexes. Voir « Religion et laïcité en Israël », sur le site massorti français. Comme dit Daniel Horowitz dans le Monde, « les laïcs démontrent en Israël qu'il existe un judaïsme vivant, mais dissocié de la pratique religieuse ». Voir « Israël et la laïcité », sur Le Monde
  2. Version anglaise partielle du texte de Shaked publiée dans the Independent :

    « Behind every terrorist stand dozens of men and women, without whom he could not engage in terrorism. They are all enemy combatants, and their blood shall be on all their heads. Now this also includes the mothers of the martyrs, who send them to hell with flowers and kisses. They should follow their sons, nothing would be more just. They should go, as should the physical homes in which they raised the snakes. Otherwise, more little snakes will be raised there.
    Voir la source ici : Mira Bar Hillel, « Why I'm on the brink of burning my Israeli passport », sur The Independent,‎
     »

    Traduction de l'anglais :

    «  Derrière chaque terroriste se tiennent des douzaines d'hommes et de femmes, sans qui il ne pourrait pas s'engager sur la voie du terrorisme. Ils sont tous des combattants ennemis et leur sang leur retombera sur la tête. Ceci concerne aussi les mères de ces martyrs, qui les envoient en enfer avec des fleurs et des baisers. Elles devraient suivre leurs fils, rien ne serait plus juste. Elles devraient disparaître de même que les maisons dans lesquelles elles ont élevé ces serpents. Sinon, d'autres petits serpents y seront élevés. »

  3. Voici un comparatif des deux versions d'Erdogan / Resnick et de Shaked :
    Point concerné Version retenue par Resnick et Erdogan Version de Shaked
    Comparaison avec les serpents Resnick dit que Shaked compare l'ensemble des enfants palestiniens à des serpents Shaked dit qu'elle ne parlait que des enfants qui seront élevés comme des terroristes par certaines mères
    Accusation d'apologie d'un génocide palestinien Resnick accuse Shaked de faire l'apologie d'un génocide palestinien Shaked dit ne parler que des terroristes et de leurs supports logistiques
    Expression concernant le meurtre Resnick dit que Shaked utilise l'expression « et leur sang devrait couler sur nos mains » (« their blood shall be on all our hands ») Shaked dit que ses propos sont « et leur sang devrait couler sur leur visage » (« their blood shall be on all their heads »)

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en)« Knesset Lobby », sur le site de la Knesset
  2. (en) « Ayelet Shaked, MK », sur le site du ministère des affaires étrangères israélien (consulté le 22 mai 2015)
  3. (en) « Israeli Politician Ayelet Shaked » (consulté le 22 mai 2015)
  4. Moran Azulay, « Netanyahu gives Bayit Yehudi's Shaked the Justice Ministry, but with limited powers », Ynetnews, Tel Aviv, Israël,‎ (lire en ligne) :

    « Prime Minister Benjamin Netanyahu agreed Wednesday to appoint Bayit Yehudi MK Ayelet Shaked as justice minister, but insisted that her powers be curtailed. »

  5. « In the 11th hour, Netanyahu finalizes 61-strong coalition », The Times of Israel, Jerusalem,‎ (lire en ligne) :

    « Prime minister reaches deal with Jewish home’s Bennett, finalizing a right-wing government; two men set to deliver a statement; Ayelet Shaked will be named justice minister. »

  6. Jeffery Heller, « Netanyahu clinches deal to form new Israeli government », Reuters, London,‎ (lire en ligne)
  7. Haviv Rettig Gur, « Ayelet Shaked prévoit-elle d’étrangler la Cour suprême ? », sur Times of Israel,‎
  8. (en) Time of Israël : Des suspects arrêtés dans le cadre du meurtre du jeune de Jérusalem Est
  9. (en) « Leading pro-settler journalist Uri Elitzur dies at 68 », sur The Times of Israel,‎
  10. Le Figaro : Erdogan accuse Israël de terroriser la région
  11. Challenges : Le Premier ministre turc accuse Israël de terroriser la région
  12. a et b (en) The Jérusalem Post : Mettre en évidence la propagande militante gauchiste (réponse d'Ayelet Shaked à cette affaire)
  13. (en) IBTimes : Le premier ministre Erdogan compare la politicienne Shaked à Adolf Hitler
  14. (en) Prix israélien Abramowitz pour la critique des médias.
  15. (en) Article du journal Jewish Press : Une interview avec Ayelet Shaked, candidate aux prochaines élections.

Article connexe[modifier | modifier le code]