Antoine Culioli

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Antoine Culioli
Linguiste occidentalXXe siècle
Image illustrative de l'article Antoine Culioli
Naissance (91 ans)
Nationalité Drapeau de la France France
Principaux intérêts Linguistique théorique
Énonciation
Œuvres principales Pour une linguistique de l'énonciation
Variations sur la linguistique
Influencé par Émile Benveniste

Antoine Culioli, né le à Marseille de parents corses (en particulier, d'une mère institutrice et protestante), est un linguiste français.

Itinéraire et travaux[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l'École normale supérieure (promotion 1944) et agrégé d'anglais (il a été l'élève de Fernand Mossé et a soutenu en 1960 une thèse de doctorat intitulée Contribution à l'étude du subjonctif et de la coordination en moyen-anglais), il s'est ensuite consacré à la linguistique générale et a développé, à travers son enseignement et ses publications, une linguistique de l'énonciation, souvent rattachée trop rapidement[1] à celle d'Émile Benveniste.

Professeur de linguistique à l'Université Denis Diderot (Paris VII), il a formé un grand nombre de linguistes français — parmi lesquels Catherine Fuchs, Anne-Marie Léonard, Jenny Simonin-Grumbach, Jacqueline Guillemin-Flescher, Jean Chuquet, Jean-Pierre Desclés, Zlatka Guentchéva, Janine Bouscaren, Marie-Hélène Clavères — et étrangers (par exemple Gabriel Kaboré et Djamel Kouloughli).

Pendant plus de quarante ans, A. Culioli a développé la théorie connue aujourd'hui sous le nom de Théorie des opérations énonciatives, qu'il définit comme une linguistique ayant pour objet « l'étude de l'activité de langage à travers la diversité des langues naturelles ». Cette linguistique, qui vise à ne pas dissocier, de façon artificielle, "sémantique", "syntaxe" et "pragmatique", et dont les notions de "repérage" (comprise comme une "opération de mise en relation") et de "domaine notionnel" constituent les concepts essentiels, est restée longtemps connue du seul cercle des auditeurs de son séminaire de l'École normale supérieure, réputé d'un abord difficile, puis de ses étudiants de l'université Denis Diderot (ces derniers ont enregistré, transcrit et diffusé les cours qu'il a donnés entre 1974 et 1984 ; à noter en particulier la publication du Séminaire de DEA 1980-1981, par les soins de Jean Chuquet, puis celle du Séminaire de DEA 1983-1984, due à Jean-Louis Duchet).

Ce travail théorique sur le langage, toujours en chantier, est devenu accessible à une plus large audience avec la parution, entre 1991 et 1999, de trois recueils d'articles réunis sous le titre commun de Pour une linguistique de l'énonciation (éd. Ophrys), et celle d'entretiens où Culioli est amené à préciser les différents aspects et enjeux de sa théorie. Par ailleurs un colloque en son honneur a été organisé en juin 2005 à Cerisy-la-Salle : Antoine Culioli : un homme dans le langage : originalité, diversité, ouverture[2].

Ses travaux, qui occupent une place majeure dans l'histoire de la linguistique de langue française, ouvrent en outre des perspectives sur d'autres champs de recherche, de l'anthropologie aux neurosciences, et concernent plus généralement l'ensemble des sciences humaines. Aussi s'explique-t-on que Culioli se soit intéressé de près à des philosophes — qu'il s'agisse de philosophes anciens (Stoïciens) ou de modernes, comme Husserl ou Wittgenstein — de logiciens (Jean-Blaise Grize, Georges Vignaux) ou encore de psychologues (Gaston Bachelard, Jean Piaget, François Bresson).

Cette curiosité intellectuelle et cet engagement dans le dialogue des disciplines font qu'il occupe une place originale dans les mouvements de pensée contemporains européens, ainsi qu'en Russie et au Japon. La Théorie des opérations énonciatives n'est cependant pas encore répandue ni étudiée dans beaucoup de pays ; elle trouve peu d'écho, notamment, dans les pays anglo-saxons comme la Grande-Bretagne et les États-Unis. Ce phénomène est sans doute dû au fait que le domaine des opérations énonciatives relève de la linguistique et et de la sémantique cognitives, disciplines dont le courant dominant est illustré par des auteurs qui font consensus, tels Ronald Langacker ou Leonard Talmy, dont les postulats et théories sont sensiblement éloignés de ceux de Culioli.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Antoine Culioli, marié à une peintre suédoise, a eu avec elle trois enfants : deux fils (Dominique - décédé à l'adolescence - et Gabriel) et une fille (Hélène).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. ce que l'auteur dit lui-même dans Variations sur la linguistique : entretiens avec Frédéric Fau, Paris, Klincksieck, 2002.
  2. Les actes en ont été publiés chez Ophrys en 2006.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Cabanel, « Antoine Culioli », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 790-791 (ISBN 978-2846211901)

Liens externes[modifier | modifier le code]