Anne Dufourmantelle

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Anne Dufourmantelle, née le à Paris[1] et morte le à Ramatuelle, est une psychanalyste et philosophe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née d'un père anglo-suisse et d'une mère française, théologienne et psychanalyste jungienne, tous deux proches d'Ivan Illich[2], Anne Dufourmantelle passe plusieurs années en Espagne et en Amérique centrale.

Docteur en philosophie de l'université Paris-Sorbonne en 1994[3] et diplômée de l'université Brown[4], elle enseigne à l’École nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette, à l’Institut des hautes études en psychanalyse à l’École normale supérieure[5], à la New York University[6] et dirige la collection d’essais « L’autre pensée » chez Stock. Analysée par Serge Leclaire, elle devient psychanalyste et membre du Cercle freudien[1].

En 1998, Anne Dufourmantelle reçoit le prix Raymond de Boyer de Sainte-Suzanne de l'Académie française[7] pour La Vocation prophétique de la philosophie, traduit de Nelson Goodman, Langage de l'art et publie un essai, La Structure de comparution. Dans La Sauvagerie maternelle (2001), elle s'intéresse au risque que doit affronter l'enfant pour se défaire du lien avec sa mère, lien que celle-ci souhaite inconsciemment préserver[8]. Elle développe la notion de « sauvagerie maternelle » en 2011, dans Éloge du risque, et propose que les passions négatives qui s'originent selon elle dans la dépendance première à la sauvagerie, soient accueillies plutôt que déniées, afin de dépasser les peurs qui les accompagnent[8]. En 2009, dans En cas d'amour, psychopathologie de la vie amoureuse, elle explore les déclinaisons de l'amour et l'événement de la rencontre, entre le sujet et son témoin[8]. Dans Intelligence du rêve (2012), elle propose d'« écouter les rêves », dans leur puissance d'action car, selon elle, ils puisent dans « l'histoire de la culture, dans l'histoire personnelle, dans notre rapport au visible et à l'invisible »[8].

Elle travaille comme éditeur pour Calmann-Lévy, où elle est responsable de la littérature dans le domaine de la philosophie et de plus de cinquante livres publiés. Elle rejoint le groupe Hachette puis les éditions Stock.

À partir de 2007, elle collabore au quotidien Libération[9].

Elle a manifesté à plusieurs reprises son soutien à l’action de STOP DSM. Rhadija Lamrani et Silvia Lippi lui rendent hommage sur le site du collectif.

Anne Dufourmantelle meurt le des suites d'un arrêt cardiaque, en tentant de sauver l'enfant d'une amie[1] de la noyade[10] sur la plage de Pampelonne.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mère de trois enfants[11], elle est jusqu’à sa mort la compagne de l'écrivain Frédéric Boyer[10]. Clara, sa fille aînée, lui rend hommage dans Libération[12].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Élisabeth Roudinesco, « Mort d'Anne Dufourmantelle, “chercheuse inlassable” d'une “humanité exceptionnelle” » sur Le Monde, 24 juillet 2017.
  2. Se trouver, Éd. JC Lattès, 2014, p. 11.
  3. Notice de la thèse de doctorat sur le site du Sudoc (thèse sous la dir. de Jean-François Marquet).
  4. « Anne Dufourmantelle : biographie, actualités et émissions France Culture », sur France Culture (consulté le 23 juillet 2017).
  5. [1], sur savoirs.ens.fr.
  6. (en) « Anne Dufourmantelle - Institut Français Israël », Institut Français Israël,‎ (lire en ligne).
  7. [2], sur academie-francaise.fr.
  8. a, b, c et d Catherine Durieux Benassem, « Dufourmantelle Anne [Paris 1964] », cf. bibliographie.
  9. « Anne Dufourmantelle », sur Libération.fr (consulté le 23 juillet 2017).
  10. a et b « La philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle se noie en secourant des enfants », Le Monde, 23 juillet 2017.
  11. Elisabeth Philippe, « Anne Dufourmantelle, philosophe du risque et de la douceur » sur L'Obs, 24 juillet 2017
  12. Clara Dufourmantelle, « "Tu m'as appris à dire oui, à plonger la tête dans l’invisible, à célébrer la vie » sur Libération, 30 juillet 2017
  13. « Pervers narcissique, comment déjouer ce prédateur », France Info.
  14. « Et si refuser la transparence était le luxe ultime ? », Madame Figaro,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]