Andreï Tchikatilo

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Andreï Tchikatilo
Surnom Le monstre de Rostov, le boucher de Rostov, l'éventreur de Rostov, ou l'ogre de Rostov
Naissance
Iablotchnoïe, RSS d'Ukraine
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Décès (à 57 ans)
Novotcherkassk
Drapeau de la Russie Russie
Cause du décès Exécuté par balle
Condamnation
Sentence Peine de mort
Meurtres
Nombre de victimes 52
Période -
Pays Drapeau de l'URSS Union soviétique
Arrestation

Andreï Romanovitch Tchikatilo (Андре́й Рома́нович Чикати́ло), né le à Lablotchnoïe, un village de l'oblast de Soumy, en RSS d'Ukraine, et mort le , exécuté d'une balle dans la nuque à Novotcherkassk, Russie , est un tueur en série ukrainien surnommé, entre autres, « Le monstre de Rostov » ou l'« éventreur de Rostov ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de langues, de littérature, et de génie mécanique à l'Université de Rostov[1], Tchikatilo devient Instituteur. Père de deux enfants, il a assassiné des femmes et de nombreux enfants des deux sexes. Il était impuissant et ne pouvait obtenir de satisfaction sexuelle qu’en torturant et en assassinant des enfants. Il les mutilait puis consommait la chair de ses victimes, notamment les seins et les organes sexuels, de plus il enlevait les parties génitales et les yeux de ses victimes. Il est possible qu'il ait également ressenti un plaisir sexuel en mangeant ses victimes. Tchikatilo affirmait être dégoûté par ce qu'il appelait les « mœurs relâchées » de ses victimes.

Arrêté en 1990, à l'âge de 54 ans, il est classé parmi les plus grands criminels du siècle. Tueur, violeur, anthropophage, il se crédite lui-même de 55 assassinats alors que la justice, faute de preuves, en retint 52 : 21 garçons de 8 à 16 ans, 14 fillettes appartenant à la même classe d'âge et 17 femmes adultes. Son grand frère Stepan a été enlevé et mangé (cannibalisé) durant la grande famine en Ukraine dans les années 1930[2].

Condamné à mort le 15 octobre 1992 pour le meurtre de 52 femmes, enfants et adolescents entre 1978 et 1990, principalement dans la région de Rostov-sur-le-Don, actuelle Fédération de Russie, il a été exécuté d'une balle dans la nuque le 14 février 1994.

L'enquête[modifier | modifier le code]

Le 22 décembre 1978, Elena Zakotnova, une écolière de neuf ans, est violée, poignardée et étranglée par Tchikatilo. On retrouve son cadavre deux jours plus tard au bord de la rivière Grouchevka, dans les faubourgs de la ville de Chakhty, dans la région de Rostov-sur-le-Don. L'enquête est bâclée et, même si Tchikatilo est soupçonné et interrogé, l'instruction s'oriente vers un autre suspect, Alexandre Kravtchenko, 26 ans, un criminel condamné pour meurtre alors qu'il était encore mineur, mais en liberté conditionnelle. À l'issue d'une garde à vue musclée, Kravtchenko avoue l'assassinat de la fillette. Malgré sa retractation ultérieure et les incohérences du dossier, il est condamné à mort et exécuté.

Tchikatilo commet son deuxième meurtre trois ans plus tard, le 3 septembre 1981. La victime est une prostituée de 17 ans, Larissa Tkatchenko. Encore neuf mois plus tard, le 12 juin 1982, c'est le tour d'une fillette de 12 ans, Lioubov Biriouk[3].

Quarante-neuf autres meurtres, tous perpétrés de façon semblable, seront retenus par la justice. Malgré les similitudes entre les assassinats, notamment le mode opératoire, les responsables soviétiques du parquet et de la milice refusèrent longtemps de considérer qu'il pouvait s'agir de l'œuvre d'un seul tueur : pour l'idéologie officielle, les tueurs en série ne pouvaient exister dans la société socialiste[4]. Le Ministère de l'Intérieur mit en place en 1983 une Task force sous la direction du commandant Mikhail Fetisov qui recruta les meilleurs spécialistes de la police soviétique, en premier lieu le lieutenant Victor Burakov. Ce dernier se mua en profiler, établissant un portrait-robot, consultant le psychiatre Alexandr Bukhanovsky pour avoir un profil psychologique du criminel et s'entretenant avec un tueur en série psychopathe emprisonné, Anatoly Slivko, qui lui confirma le portrait du psychiatre[5]. Ce ne fut qu'avec la glasnost et la perestroïka vers la fin des années 1980, que l'enquête s'orienta vers l'hypothèse d'un tueur unique. Le groupe sanguin du tueur, déterminé grâce à des analyses de sperme séché retrouvé sur le corps des victimes, fut alors correctement exploité. En tout, plus de 165 000 prises de sang et 500 000 contrôles furent réalisés. Tchikatilo sera lui même contrôlé par une prise de sang, or il présente un particularité rare, son groupe sanguin ne correspond pas à celui de son sperme. Ceci lui permettra de repartir chez lui sans accusation.

Burakov, remis d'une sévère dépression nerveuse à la suite d'une période de découragement, découvrit que le terrain de chasse du tueur était les gares routières et ferroviaires, repérant des proies faciles, prostituées, fugueurs. Avec l'aide du policier Issa Kostoyev qui avait déjà arrêté des tueurs en série, il fit placer 350 policiers en faction dans les gares, la plupart en uniforme pour que le tueur se rabatte sur les gares uniquement surveillées par ceux en civil[5].

En novembre 1990, Tchikatilo fut contrôlé par un policier en civil près d'une gare ferroviaire avec des traces d'herbe sur le pantalon et du sang sur le visage, peu de temps avant la découverte d'un nouveau corps. Burakov et Kostoyev croisèrent le rapport de ce policier avec le profil psychologique qu'ils avaient établi. Le 20 novembre 1990, il fut arrêté devant son domicile familial. Les enquêteurs découvrirent dans sa mallette un couteau de cuisine. Tchikatilo passa rapidement aux aveux : « Je suis persuadé que je souffre d'une espèce de maladie », expliquait-il pour se justifier.

Le procès de Tchikatilo s'ouvrit le 14 avril 1992. Dans le box des accusés séparé par des barreaux du reste de la salle (comme c'est la règle dans les prétoires russes pour les procès criminels), il coupait les plaidoiries par des soufflements d'impatience ou des bribes de phrases incohérentes. Il fut condamné à mort et exécuté le 14 février 1994.

Œuvres sur le sujet[modifier | modifier le code]

En 1995, un téléfilm américain intitulé Citizen X, réalisé par Chris Gerolmo, tente sous la forme d'une fiction de retracer le parcours du tueur en série ainsi que l'enquête qui a conduit à son arrestation.

En 2004, sort le film italien Evilenko, librement inspiré du même sujet.

En 2005, le réalisateur russe Mikhail Volokhov sort un film intitulé Вышка Чикатило (Calvaire de Tchikatilo)[6] présenté au 27e festival du film de Moscou. Une performance artistique en est tirée la même année[7].

En 2008, le roman Enfant 44 (Child 44), de l'écrivain britannique Tom Rob Smith, est publié. Celui-ci est basé sur les crimes d'Andreï Tchikatilo et l'enquête menée par Leo Demidov, un brillant et prometteur agent du MGB, la police secrète de Moscou.

En 2009, la chanson Psychopathy Red de l'album World Painted Blood du groupe de thrash metal américain Slayer est inspirée par les crimes de Tchikatilo.

En 2013, les paroles du morceau The Butcher of Rostov du groupe norvégien Blood Tsunami sur l'album For Faen![8] portent sur Tchikatilo et ses crimes.

En 2015, sort le film Enfant 44, tiré du livre du même nom, avec les acteurs Vincent Cassel, Tom Hardy, Noomi Rapace et Gary Oldman. Il fait l'objet d'une censure en Russie lors de sa sortie[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Eric W. Hickey, Serial Murderers and their Victims, Cengage learning, 2012 (ISBN 978-1-1330-4970-8), p. 369
  2. Eric Hickey, op. cit. p. 369
  3. Ibid
  4. Voir notamment les ouvrages Le Monstre de Rostov et Tchikatilo: Camarade serial killer (biblio)
  5. a et b Marc Fernandez, « L'ogre de Rostov », émission L'heure du crime sur RTL, 29 février 2012
  6. (ru) (fr) (en) Affiche du film Calvaire de Tchikatilo - Volokhov.ru [image]
  7. (ru) (en) Production of the movie ‘Tchikatilo’s Calvary’ by Mikhail Volokhov. Daniil Strakhov played the role of Tchikatilo in the Russian version of ‘Tchikatilo’s Calvary’ by Mikhail Volokhov. Staged by Andrei Jitinkin. Sergey Malyutin, Artist. - Volokhov.ru
  8. (en) Blood Tsunami : For Faen! - Encyclopaedia Metallum: The Metal Archives, 16 juillet 2014
  9. Enfant 44, le film qui choque la Russie - RTL, 16 avril 2015

Bibliographie[modifier | modifier le code]