Alexandre Pitchouchkine

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Alexandre Pitchouchkine
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Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
Пичушкин, Александр ЮрьевичVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Prison Polyarnaya Sova (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Condamné pour
Condamnation

Alexandre Iourievitch Pitchouchkine (en russe : Александр Юрьевич Пичушкин), manutentionnaire, né le 9 avril 1974 à Mytichtchi, est un tueur en série russe qui a tué plus de 60 personnes (condamné pour le meurtre de 48 personnes et trois tentatives d'assassinat). Il tue pour la première fois à l'âge de 18 ans et il est arrêté le 16 juin 2006, alors qu'il a 32 ans. Il est appelé « le Tueur à l'Échiquier ». La très grande partie de ses meurtres sont réalisés dans un parc. Il a été condamné le 24 octobre 2007 à la réclusion criminelle à perpétuité et ne pourra bénéficier d'une libération conditionnelle qu'après 25 années de détention.

Citation : Je ne me serais jamais arrêté, la police a sauvé beaucoup de vies en me capturant[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père Youri quitte le domicile conjugal alors que l'enfant n'a que neuf mois. Dès lors, il est élevé par sa mère seule. Sa mère déménage de Mytichtchi à Moscou (dans le district de Ziouzino au sud de l'agglomération moscovite) alors qu'il n'a pas deux ans. Il tombe de sa voiture d'enfant et aurait - selon les déclarations de sa mère au procès - subi un traumatisme. L'enfant est timide et solitaire, mais il a une passion pour les échecs. Il confond le son « ch » et le son « s », ce pour quoi sa mère l'inscrit dans un internat avec rééducation par des orthophonistes. Son grand-père prend une part active à son éducation, c'est lui qui lui a appris à jouer aux échecs. Le garçon prend part à des tournois publics au parc de la Bitsa (en) près de chez lui. Après l'internat, Pitchouchkine entre dans une école professionnelle technique et se spécialise en menuiserie.

Il commet son premier crime à l'âge de 18 ans, le 27 juillet 1992, alors que le pays est traversé par de violentes convulsions dues à l'effondrement de l'URSS. Il étouffe un camarade de classe, Mikhaïl Odiïtchouk, et jette son cadavre dans un puits. Le corps n'est jamais retrouvé. « Le premier meurtre est comme un premier amour : il ne s'oublie jamais », déclare-t-il quatorze ans plus tard à une audience de son procès.

Après ce premier meurtre, Pitchouchkine réalise qu'il a encore des pulsions meurtrières. De plus, c'est à cette époque que l'on évoque le procès d'Andreï Tchikatilo, le tueur en série le plus sanguinaire qu'ait connu le pays dans la période moderne. Pitchouchkine est fasciné et il commence à faire de la musculation et à se préparer pour d'autres meurtres. Il repasse à l'acte en 2001.

À l'époque de ses meurtres en série, c'est-à-dire entre 2001 et 2006, Pitchouchkine demeure à Moscou chez sa mère, Natalia Elmouradovna, non loin du parc de la Bitsa. Celui-ci va devenir le lieu de ses crimes. C'est pourquoi Pitchouckine est surnommé le « monstre de la Bitsa », après que ses assassinats eurent été découverts. Il travaille alors comme manutentionnaire dans un supermarché de la rue où il habite. Après son arrestation, Pitchouckine avoue qu'il avait l'intention de tuer au moins 64 personnes, comme les cases sur un jeu d'échecs. Il comptait ses victimes à qui un numéro était attribué à chaque case. Plus tard, il confesse qu'il en aurait tué le plus possible, si on ne l'avait pas arrêté.

Au début, il s'attaque (neuf ans après son premier meurtre) à des alcooliques sans domicile fixe, à des clochards ou des asociaux fragilisés, qui selon lui n'avaient pas le droit à la vie. Mais bientôt, Pitchouchkine s'attaque aussi à des proches qu'il connaît. Il déclare que « finalement tuer quelqu'un que l'on connaît, c'est agréable. » Il approche ses premières victimes dans le parc (presque toujours des clochards âgés) en leur offrant de la vodka qu'il boit avec eux, puis il les tue à coups de marteau, ou bien en se servant de la bouteille, derrière le crâne. Dans sa perversité, il signe son crime en mettant toujours une bouteille de vodka vide dans le crâne de la victime. Il déclare qu'il avait ainsi un sentiment de toute-puissance. « Dans tous les cas, je tuais pour vivre, parce que lorsque l'on tue, cela signifie que l'on est en vie. » et ajoute un jour: « pour moi la vie sans tuer, c'est comme pour vous la vie sans nourriture. Je me sentais comme le père de tous ces gens, parce que c'est moi qui leur ouvrais la porte vers un autre monde. » Les experts du centre psychiatrique Serbski de Moscou l'ont trouvé responsable de ses actes et non pas fou.

Ensuite, Pitchouchkine tue d'autres personnes qui ne sont plus des asociaux. Marina Moskaliova (36 ans) est sa dernière victime. Lorsque son corps est retrouvé en juin 2006 (elle a été tuée le 14 juin[2]) dans le parc de Bitsa portant les traces habituelles des crimes de Pitchouchkine, la police découvre sur elle un ticket de métro ; l'heure et la localisation de l'entrée sont donc connues. Sur les films des caméras de surveillance, la police découvre que la jeune femme, sans méfiance quelques heures avant sa mort, était accompagnée d'un homme, qui se révèlera être un collègue de travail... Mais avant de le rejoindre, elle avait noté son numéro de téléphone sur une note à l'intention de son fils, ce qui permettra à la police de retrouver Pitchouchkine.

Pitchouchkine est arrêté le 16 juin 2006 et inculpé le 24 octobre 2006 de 49 meurtres et de 3 tentatives d'assassinat. Le résultat des expertises est prêt en juin 2007, à la suite de quoi, il est accusé le 13 août 2007 au tribunal municipal de Moscou. Pendant six semaines, 98 témoins et 41 personnes en lien avec une des victimes sont écoutées par le tribunal. Le tribunal siège le 13 septembre 2007. Pitchouchkine demande à la cour d'ajouter onze autres crimes. Pendant le procès qui s'ouvre le 24 octobre 2007, il est interrogé dans une cage de verre pour le protéger. Le verdict est prononcé le 29 octobre suivant. Le juge Vladimir Oussov met une heure entière à lire le verdict qui le condamne à la perpétuité dont les 15 premières années à l'isolement. Il est jugé entièrement responsable de 48 meurtres et de 3 tentatives d'assassinat.

Le lendemain (30 octobre 2007), il déclare au tribunal qu'il ne regrette aucun de ses crimes : « j'ai fait ce que j'avais décidé de faire pendant ces années. Cela fait maintenant 500 jours que je suis arrêté et, pendant ce temps-là, tous décident de mon destin : policiers, juges, procureurs ; mais, moi, j'ai décidé du destin de 60 personnes. Il n'y avait que moi seul pour être juge, procureur et bourreau, j'ai rempli seul toutes vos fonctions. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « If they hadn't caught me, I never would have stopped.. never. They saved a lot of lives by catching me » in Eric Hickey Serial murderers and their victims Cengage learning 2012 p.371
  2. C'est son fils qui alerte la police de sa disparition le lendemain

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]