Maud Tabachnik

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Maud Tabachnik
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Maud Tabachnik à la Comédie du livre de Montpellier, 2010

Naissance (78 ans)[1]
Paris[2], Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Maud Tabachnik, née le à Paris[1], est une écrivaine française, ouvertement lesbienne[2]. Romancière atypique ayant commencé sa carrière d'écrivaine sur le tard, elle écrit des romans situés à la frontière de plusieurs genres tels que le roman noir, le thriller politique, le roman policier historique, le whodunit ou encore le suspense.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son enfance est fortement marquée par la Seconde Guerre mondiale. Une partie de sa famille meurt en déportation[3].

Menant conjointement deux séries d'études, générale et commerciale, elle choisit pour rester indépendante une carrière médicale. Elle obtient un diplôme en kinésithérapie en 1963[4]. Elle exerce la profession de kinésithérapeute ostéopathe durant plus de vingt ans. Dix-sept ans plus tard, elle est obligée d'arrêter son métier à la suite d'une intervention chirurgicale, et, à cinquante ans, elle décide de se consacrer à l'écriture[5].

Elle considère que le roman policier est « un formidable coup de projecteur sur notre société et un engagement individuel à dénoncer ce qui ne va pas »[6]. Ses combats sont livrés contre l'antisémitisme et l'homophobie. En outre, « ses divers récits dénoncent aussi le viol, aussi bien sur des adultes que sur des enfants, le machisme, le racisme et le fanatisme »[4]. Elle publie son premier roman, La Vie à fleur de terre, en 1990 chez Denoël, puis devient, avec Fred Vargas, l'auteur-phare du catalogue de Viviane Hamy. Dans ce premier roman, un petit escroc et une bande de casseurs métèques tuent accidentellement un Africain et cherchent à maquiller le crime en accident. Dans Un été pourri (1994) apparait le duo récurrent formé par le lieutenant Sam Goodman de la brigade criminel de Boston et la journaliste homosexuelle Sandra Khan. Tous deux d'origine juive, ils sympathisent pendant une enquête sur une série de meurtres et d'émasculation. Dans Mauvais Frère (2002), Goodman enquête sur un tueur qui viole et scalpe uniquement des femmes blondes. La série compte plusieurs autres titres, dont Le Festin de l'araignée, Gémeaux, Le Tango des assassins et Désert barbare.

« Maud Tabachnik a choisi de situer l'essentiel de son œuvre aux États-Unis parce que la violence, selon elle, y est plus grande que partout ailleurs »[7]. En somme, « c'est un pays où tout peut arriver. [...] Le serial killer est vraiment une spécialité américaine. »[5]. Ainsi, dans L'Empreinte du nain (1999), qui ne fait pas partie de la série Goodman/Khan, elle décrit le fonctionnement et les actions violentes d'une secte, dont les ramifications s'étendent en Russie, en France et en Autriche, qui prône la suprématie de la race blanche.

En 1997, Fin de parcours offre une série de nouvelles ayant pour point commun un meurtre dans le milieu familial[5]. La même année, Maud Tabachnik publie « un roman policier historique, L'Étoile du temple, dont l'action se déroule à Troyes et retrace la vie quotidienne des communautés juives de Champagne à l'époque des Templiers »[8]. Le récit romanesque peut ainsi évoquer la persécution des Juifs aux XIe et XIIe siècles[5].

En 2001 paraît aux éditions Albin Michel son livre culte Le Cinquième Jour, auquel elle donne une suite en 2010 dans Ne vous retournez pas. Entre les deux, une dizaine de romans voient le jour qui explorent tous les registres du roman noir, au thriller politique, en passant par le roman policier historique, le whodunit et le suspense. Romancière atypique et maître incontesté du suspense[9], sa vision radicale et sombre de l'humanité dont elle met en scène les pires représentants s'accompagne pourtant d'une empathie profonde pour tous ceux que la société maltraite. Ses thrillers politiques sont un coup de poing dans l'univers typiquement machiste des auteurs de polars. Plus particulièrement, Un été pourri est fortement critiqué à sa sortie, car un personnage féminin émascule des hommes et qu'une lesbienne venge la mort de son amante en échappant à la justice[2].

Dans La Mémoire du bourreau (2001), un roman policier historique, elle imagine les mémoires d'un officier SS. En 2005, J'ai regardé le diable en face évoque une série de meurtres de femmes de Ciudad Juárez[1].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Présentation de chaque roman par l'éditeur[10].

Romans[modifier | modifier le code]

Série Sam Goodman/Sandra Khan[modifier | modifier le code]

Autres romans[modifier | modifier le code]

Roman de littérature d'enfance et de jeunesse[modifier | modifier le code]

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

Nouvelles isolées[modifier | modifier le code]

  • Trêve de conscience, dans Contes noirs de fin de siècle, Fleuve noir, Les Noirs no 71, 1999
  • La Première Bavure de l'Histoire, dans Libération, 25 juillet 2000 ; réédition dans Les 7 Familles du polar, Éditions Baleine, 2000 (ISBN 2-84219-305-9)
  • Vénus d'ailleurs, dans Douces ou cruelles ?, Fleuve noir, 2001 (ISBN 2-265-07158-7)
  • La Maison au fond des bois, dans Elle, 15 juillet 2002
  • Une femme ordinaire, nouvelle inédite, Paris, le Grand livre du mois, 2006 (ISBN 2-286-02666-1)

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Autres publications[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Maud Tabachnik », sur aphelandre.canalblog.com (consulté le 12 juillet 2010)
  2. a, b et c Didier Eribon, Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes, Larousse, (ISBN 978-2-035-05164-6), p. 457
  3. http://www.polars.org/article50.html
  4. a et b Claude Mesplède (dir.), Dictionnaire des littératures policières, vol. 2 : J - Z, Nantes, Joseph K, coll. « Temps noir », , p. 851
  5. a, b, c et d « Interview sur la sortie de L'Étoile de Maud Tabachnik », sur www.lmda.net, juillet/août 1997 (consulté le 12 juillet 2010)
  6. Cité par Claude Mesplède, dans le Dictionnaire des littératures policières, p. 851.
  7. Dictionnaire des littératures policières, p. 851.
  8. Claude Mesplède (dir.), Dictionnaire des littératures policières, vol. 2 : J - Z, Nantes, Joseph K, coll. « Temps noir », , p. 852
  9. La presse de la Manche 04/04/2010
  10. « Bibliographie, présentation des romans », sur aphelandre.canalblog.com (consulté le 12 juillet 2010)
  11. « Interview de Maud Tabachnik (vidéo) », sur www.web-tv-culture.com (consulté le 12 juillet 2010)

Liens externes[modifier | modifier le code]