André Warusfel

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André Warusfel
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André Warusfel en février 2013
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André Warusfel, né le 1er décembre 1936 à Douai et décédé le [1], ancien élève de l'École normale supérieure (promotion 1956), fut successivement professeur, inspecteur général et historien des mathématiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Normalien, agrégé en 1960, il enseigna en classes préparatoires, tout d'abord au lycée Corneille de Rouen où il fut affecté dès 1960, au lycée Henri-IV puis au lycée Louis-le-Grand, où il acquit une aura et une réputation pédagogique exceptionnelles, ayant été cité au rang des « professeurs phares » par Le Monde en 1995[2].

Il fut ensuite inspecteur général de mathématiques de 1994 à 2001.

Après la publication de son premier ouvrage, Les Nombres et leurs mystères, qui fut très bien accueilli à la fois par la communauté scientifique et le grand public et connut un succès immédiat (si bien qu'il est constamment réédité depuis 1961), il publia en 1966 son Dictionnaire raisonné des mathématiques, qui obtint le prix Camille-Flammarion.

En 1967, il fut chargé par le ministre de la recherche, Maurice Schumann, d'une mission aux États-Unis pour étudier les dernières tendances d'enseignement des mathématiques, ce que l'on désignait à l'époque sous le terme de mathématiques modernes. En 1969, il publia son ouvrage Les mathématiques modernes[3]. Il devint membre de la Commission d'étude pour l'enseignement des mathématiques, créée en 1967 par André Lichnerowicz, et fut à l'origine de l'introduction des mathématiques modernes au sein de l'enseignement secondaire.

André Warusfel fut également écrivain et journaliste. Il fut en 1964 l'un des fondateurs de la revue Atomes, future revue La Recherche, alors dirigée par Michel Chodkiewicz. De 1974 à 2007, il fut rédacteur en chef de la Revue de mathématiques spéciales (devenue la RMS depuis 2004). Aux Éditions du Seuil où il publia ses premiers ouvrages, il dirigea la collection « Le rayon de la science », puis participa avec Max de Ceccatty et François Dagognet à la création de la collection Science ouverte en 1966.

Par ailleurs, passionné d'histoire des sciences sous l'influence de Jean Itard et du père Pierre Costabel, il consacra ses recherches à l'œuvre de Descartes. Sur ce sujet, il soutint sa thèse de doctorat[4] à l'université Paris Sorbonne-Paris IV le 21 juin 2010, sous la direction de Jean-Luc Marion. Il fut l'un des intervenants du colloque organisé à la Sorbonne le 29 mars 1966 à l'occasion du IVe centenaire de la naissance de Descartes, puis assura la présentation du principal texte mathématique de Descartes, La Géométrie, dans le 3e tome des Œuvres complètes de Descartes[5] publié en 2009.

Il publia en 2009 un ouvrage consacré à l'œuvre d'Euler, qui comporte une introduction sur l'évolution de l'histoire des mathématiques. On lui doit aussi deux articles sur Marin Mersenne (religieux du XVIIe siècle ami de Descartes, de Fermat et de Pascal), l'un en 1986 portant sur les nombres de Mersenne[6], l'autre en 1994 sur deux de ses autres contributions[7].

Il est l'auteur de nombreuses communications sur l'histoire et l'enseignement des mathématiques. Le 26 mai 1976, il intervint à l'institut Henri-Poincaré, sur La correspondance entre Pascal et Fermat (1654) et le problème des partis. En 1999, il rappela l'histoire du théorème de Borel-Lebesgue lors du colloque Émile Borel consacré aux mathématiques en France au début du XXe siècle[8]. On peut également citer ses articles de 2002 consacrés à Ampère[9] et à Fermat[10], celui de 2005 sur la formation des mathématiciens français au XXe siècle[11] ainsi que, la même année, sur l'historique de la résolution des équations algébriques[12]. En 2007, il intervint sur Léonard Euler et l’arithmétique politique[13] et fut l'un des deux rapporteurs de la thèse de doctorat de Claire Schwartz consacrée à Malebranche et les mathématiques, soutenue à l'université de Neuchâtel le 22 mars 2007.

En 2004, il participa également à la première édition des lettres d’Henri Lebesgue à Émile Borel[14]. Ses communications les plus nombreuses furent consacrées à l’œuvre mathématique de Descartes, comme en 2006 au colloque Algébrisations - Géométrisations à l'IREM de l'université Toulouse III en 2006[15] ou en 2011 à l'université du Luxembourg où il intervint sur la notion de « règle générale » chez Descartes[16].

En 2016, parut, dans le premier volume des Œuvres complètes de Descartes, sa présentation et les notes des Exercices sur les Éléments des Solides[17].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Nombres et leurs mystères, Paris, Le Seuil, coll. « Le rayon de la science », no 9, 1961 (rééd. Le Seuil, coll. « Points/Sciences », 1980)
  • Dictionnaire raisonné des mathématiques, Éditions du Seuil, 1966 (préface d'André Lichnerowicz)
  • Les mathématiques modernes, Paris, Le Seuil, coll. « Le rayon de la science », no 30, 1969
  • Structures algébriques finies, Hachette, 1971
  • Les mathématiques, 1975 (ouvrage collectif dans les encyclopédies du savoir moderne)
  • Réussir le Rubik's Cube, Éditions Denoël, 1981 (préface d'Ernő Rubik)
  • Les mathématiques : plaisir et nécessité, Éditions Vuibert, 2000 (avec Albert Ducrocq)
  • Euler : les mathématiques et la vie, Éditions Vuibert, 2009

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Décès d'André Warusfel », sur Revue de la Filière Mathématiques (consulté le 9 juin 2016)
  2. Nicolas Weill, « Ces professeurs phares », Le Monde,‎ .
  3. André Warusfel, Les mathématiques modernes, Paris, Seuil, , 190 p..
  4. [PDF] André Warusfel, thèse de doctorat, juin 2010, « L’œuvre mathématique de Descartes dans La Géométrie : de la résolution des équations algébriques à la naissance de la géométrie analytique », sur Académie de Créteil.
  5. Collection TEL, éd. Gallimard, [1].
  6. André Warusfel, « Les nombres de Mersenne », Corpus - Revue de philosophie, vol. 2,‎ , p. 17-23.
  7. André Warusfel, « Deux textes mathématiques de Mersenne », Les Études philosophiques, no 12,‎ , pp. 41-51 (lire en ligne).
  8. André Warusfel, « Histoire d'un théorème », dans Compte-rendu du colloque Émile Borel, Saint-Affrique, .
  9. André Warusfel, « André Marie Ampère (1775-1836) », dans J.-P. Rioux, Deux cents ans d'Inspection générale (1802-2002), Fayard, (présentation en ligne).
  10. André Warusfel, « Fermat et la naissance de l'analyse », RMS - nouvelle Revue des Mathématiques de l'enseignement Supérieur, vol. 2,‎ .
  11. Article sur smf4.emath.fr.
  12. Article sur culturemath.ens.fr.
  13. Séminaire d’Histoire du Calcul des Probabilités et de la Statistique, Centre d’analyse et de mathématique sociales de l’EHESS, 19 janvier 2007.
  14. Henri Lebesgue, Les lendemains de l’intégrale – Lettres à Émile Borel, Vuibert, .
  15. André Warusfel, « Construction ponctuelle des courbes algébriques chez Descartes », dans Luc Sinègre, Histoire du calcul de la géométrie à l'algèbre, Vuibert, (lire en ligne).
  16. Conférence « La règle générale chez le mathématicien Descartes »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur fnr.lu, .
  17. Collection TEL, éd. Gallimard, [2].

Liens externes[modifier | modifier le code]