Institut Henri-Poincaré

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IHP
Institut Henri-Poincaré
upright=Article à illustrer Organisation
Histoire
Fondation
1928
Cadre
Type
Domaine d'activité
Siège social
11, rue Pierre-et-Marie-Curie, 75005 Paris
Pays
Coordonnées
Organisation
Direction
Organisations mères
Affiliation
Site web
Identifiants
SIREN
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Plan du « Campus Curie » à Paris.

L’institut Henri-Poincaré (IHP) est un institut de recherches mathématiques de Sorbonne Université situé au cœur du « Campus Curie » dans le 5e arrondissement de Paris, sur la montagne Sainte-Geneviève.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les mathématiciens Émile Borel en France et George Birkhoff aux États-Unis persuadent des mécènes américains (Fondation Rockefeller)[1] et français (Edmond de Rothschild) de financer la construction d'un bâtiment appelé à devenir un centre de cours et d'échanges internationaux en mathématiques et physique théorique. L'institut est inauguré le et est baptisé du nom du mathématicien français Henri Poincaré (1854-1912)[2],[3].

Dès son origine, l'établissement a pour but de promouvoir la physique mathématique et devient rapidement un lieu de rencontres central pour toute la communauté scientifique française : grâce au niveau très élevé de ses enseignants-chercheurs et à la richesse de sa bibliothèque, il devient « la Sorbonne des mathématiciens ». Depuis la fin des années trente, pour répondre aux besoins de calcul des laboratoires civils ou militaires, l’IHP s’est aussi doté de services de calcul numérique, équipés d’un calculateur électronique Bull dès 1957 : il est donc l’un des berceaux de l’informatique en France[4].

C'est dans les années 1990[5] que l'institut devient à la fois un institut à thèmes sur le modèle du Mathematical Sciences Research Institute (MSRI) à Berkeley et un lieu de contacts et de diffusion des savoirs.

Structure et rayonnement[modifier | modifier le code]

L'équipe administrative de l'IHP est composée d'environ 25 personnes. Il n'y a pas de chercheur permanent excepté le directeur et le directeur-adjoint. De 2009 à 2017, l’institut est codirigé par le mathématicien Cédric Villani (directeur), lauréat de la médaille Fields en 2010, et le cosmologiste français Jean-Philippe Uzan (directeur adjoint). Le 29 juin 2017, Cédric Villani, élu député quelques semaines plus tôt, démissionne. Il est remplacé le 1er janvier 2018 par Sylvie Benzoni.

L'institut est rattaché à l'université Pierre-et-Marie-Curie et au CNRS[6], avec le statut administratif d'unité mixte de service.

L'institut est membre du laboratoire d'excellence CARMIN (Centres d'accueil et de rencontres mathématiques internationales) qui fédère les quatre instituts français de mathématiques à vocation nationale et internationale : institut Henri-Poincaré (IHP), Institut des hautes études scientifiques (IHES), Centre international de rencontres mathématiques (CIRM), Centre international de mathématiques pures et appliquées (CIMPA).

Porte d'entrée de l'institut.

Activités scientifiques[modifier | modifier le code]

Lieu d'accueil et d'échanges des mathématiques françaises et internationales, la « Maison des Mathématiques et de la physique théorique » accueille des programmes thématiques trimestriels, des collaborations intensives de courte durée (RIP), des cours doctoraux de haut niveau, des colloques et des séminaires sur des thèmes liés aux mathématiques et à des disciplines connexes comme la physique, la biologie ou l'informatique. Les thématiques sont sélectionnées par le Conseil de Programmation Scientifique de l'IHP. Environ 11 000 mathématiciens passent à l'institut chaque année.

En 2013, l'institut a lancé la « chaire Poincaré », un programme de recherche visant à faciliter et asseoir la carrière internationale de jeunes chercheurs. Les lauréats de l'édition 2013 étaient Denis Auroux (nl), professeur à l'université de Berkeley et Iwan Corwin, professeur à l'université Columbia, les deux lauréats récompensés en 2014 étaient Jason Muller, professeur à l'institut de technologie du Massachusetts et Daniel Wise, professeur au département de mathématiques et statistiques de l'université MCGill. De nombreux autres séminaires et cycles de conférences se déroulent à l'IHP comme le séminaire Bourbaki, le séminaire Bourbaphy (physique), le Séminaire d'histoire des mathématiques ou d'autres plus spécialisés en algèbre, théorie des nombres, physique mathématique, courbes elliptiques… .

L'institut assume également des responsabilités éditoriales au travers de quatre revues scientifiques internationales plus connues sous le nom des Annales de l'institut Henri-Poincaré (Journal of Theoretical and Mathematical Physics; Probability and Statistics; Non Linear Analysis et Combinatorics Physics and their Interactions[7]) qui publient des articles originaux de haut niveau en recherche fondamentale.

Mission de diffusion pédagogique des connaissances[modifier | modifier le code]

L'institut héberge des associations et sociétés de promotion des mathématiques. Il est en quelque sorte une vitrine des mathématiques françaises. L'établissement coorganise et parraine de nombreux événements scientifiques et culturels destinés à un large public (2011 : Un dépaysement soudain à la Fondation Cartier ; 2011 : Hommage à Évariste Galois, 2012 : Centenaire de la disparition de Henri Poincaré, 2013 : Bicentenaire de la disparition de Joseph-Louis Lagrange …). En 2013, l'institut s'est doté d'un service audiovisuel pour produire des documentaires sur des mathématiciens d'exception. Plus récemment, il y a eu la publication d'un livre intitulé la Maison des mathématiques.

Collection des modèles mathématiques[modifier | modifier le code]

La bibliothèque de l'institut Henri-Poincaré possède une collection d'environ six cents modèles mathématiques que l'on peut grossièrement classer selon le matériau utilisé : verre, matériau plastique, carton, fil de fer, bois, fil à coudre sur bâti rigide, plâtre. Le patrimoine de l'IHP, d'abord constitué par une partie de la collection de Martin Schilling, s'est enrichi au fil des années[8], notamment avec des modèles en bois réalisés entre 1912 et 1914 par Joseph Caron, chef de travaux à l'École normale supérieure.

Dans le mouvement surréaliste, entre 1934 et 1936 Man Ray réalise une série photographique d'une vingtaine de modèles de l'institut ; il réalise par la suite une série de peintures les mettant en scène, intitulée « Équations shakespeariennes »[9]. André Breton cite ces modèles mathématiques dans la revue Cahiers d'art en 1936[10].

En 2016, l'institut Henri-Poincaré organise avec le Conservatoire national des arts et métiers l'exposition : Claude Shannon : le magicien des codes[11].

Directeurs[modifier | modifier le code]

Accès[modifier | modifier le code]

Le campus où se situe l'institut Henri-Poincaré est desservi par des lignes d'autobus ( 21 27 38 82 84 85 89), par le métro de Paris (stations Monge ou Cluny-La Sorbonne) et le (RER)(B) (station Luxembourg).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rockefeller and the internationalization of mathematics between two World Wars [Texte imprimé][ : documents and studies for the social history of mathematics in the 20th century / Reinhard Siegmund-Schultze. - Basel ; Boston ; Berlin : Birkhäuser, cop. 2001. - 1 vol. (XIII-341 p.) : fig., ill., carte ; 24 cm. - (Science networks historical studies ; volume 25). - Bibliogr. p. [307]-318. Index. (ISBN 3-7643-6468-8) (rel.).]
  2. Siegmund-Schultze, Reinhard The first decade of the Institut Henri Poincaré, in particular the role of the Rockefeller Foundation. Eur. Math. Soc. Newsl. No. 73 (2009), 35–37. 01A74
  3. Siegmund-Schultze, Reinhard The Institute Henri Poincaré and mathematics in France between the wars. Rev. Hist. Sci. 62 (2009), no. 1, 247–283. (ISBN 978-2-200-92491-1) 01A74 (01A60)
  4. Pierre Mounier-Kuhn, L'informatique en France, de la seconde guerre mondiale au Plan Calcul. L'émergence d'une science, Paris, PUPS, 2010, ch. 3 et 4.
  5. Décret no 90-196 du 28 février 1990
  6. L'IHP sur le site de l'université Pierre-et-Marie-Curie
  7. « EMS - European Mathematical Society Publishing House », sur www.ems-ph.org (consulté le 29 mars 2019)
  8. Institut Henri Poincaré (Paris). et Uzan, Jean-Philippe (1969-....)., Objets mathématiques (ISBN 9782271117434 et 2271117437, OCLC 1005077011, lire en ligne)
  9. Man Ray, 1890-1976,, Grossman, Wendy,, Sebline, Edouard, et Strauss, Andrew (Vice President of Sotheby's France),, Man Ray : human equations : a journey from mathematics to Shakespeare (ISBN 9783775739207 et 3775739203, OCLC 905732219, lire en ligne)
  10. André Breton, « Crise de l'objet », Cahiers d'art, no 1-2, mai 1936, p. 21-26.
  11. Exposition : Claude Shannon : le magicien des codes.
  12. Arrêté du 23 novembre 2017 portant nomination de la directrice de l'institut Henri Poincaré JORF n°0291 du 14 décembre 2017 texte n° 87 NOR: ESRS1731665A

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]