André Orléan
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André Orléan, né le à Paris, est un économiste français, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), et directeur de recherche émérite au CNRS. Il est associé aux courants de l'économie des conventions et de l'école de la régulation, auxquels il a apporté plusieurs contributions sur la monnaie, la finance et la théorie de la valeur.
Biographie
[modifier | modifier le code]Formation et débuts professionnels
[modifier | modifier le code]Ancien élève de l'École polytechnique (promotion 1971)[1], André Orléan débute sa carrière dans la haute administration économique en intégrant l’INSEE comme administrateur en 1974, où il se forme aux méthodes de la statistique publique et de l’analyse macroéconomique[2],[3].
Carrière de recherche et institutions académiques
[modifier | modifier le code]André Orléan devient directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1987. Ses travaux s’inscrivent progressivement dans une économie hétérodoxe centrée sur les institutions, les conventions et les dynamiques collectives des marchés, en rupture avec l’approche néoclassique standard[4],[5].
Depuis 2006, il est directeur d'études[5], puis directeur de recherche émérite[6] à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), où il poursuit ses recherches sur la monnaie, la finance et les institutions économiques. Il participe activement à des réseaux de recherche interdisciplinaires en économie institutionnelle à travers notamment les travaux de Paris-Jourdan Sciences Économiques[7],[3].
Il fait partie du comité de direction de la revue Annales. Histoire, Sciences sociales depuis 1994, revue interdisciplinaire majeure en sciences sociales où il participe à l’orientation scientifique et au dialogue entre économie, histoire et sociologie[5],[8].
André Orléan a été membre du conseil scientifique de la Commission des opérations de bourse (COB)[9], puis de l’Autorité des marchés financiers (AMF), où il contribue à la réflexion sur la régulation des marchés financiers et l’information des investisseurs[5],[3].
Travaux en économie monétaire et financière
[modifier | modifier le code]Les travaux d'André Orléan portent principalement sur la monnaie, la finance et la théorie de la valeur. Ils s'inscrivent dans une approche institutionnaliste qui met l'accent sur les conventions, la confiance et les interactions entre agents[10].
Une part essentielle de ses travaux porte sur la monnaie comme institution sociale fondée sur la confiance et les dettes. Avec Michel Aglietta, il développe une approche institutionnaliste selon laquelle la monnaie constitue le fondement de la valeur économique et non un simple instrument neutre des échanges. Cette perspective s’inscrit dans un courant plus large de la théorie française de la régulation et de l’économie institutionnelle[11].
Dans ses travaux sur la valeur et les marchés financiers, notamment dans L’Empire de la valeur. Refonder l’économie, André Orléan soutient que la valeur économique n’est pas une donnée objective mais une construction sociale issue de processus d’évaluation collective. Il critique les théories fondées sur l’idée de valeur fondamentale indépendante des interactions de marché et insiste sur le rôle des conventions et de l’incertitude radicale[12].
Il est également connu pour ses analyses des comportements mimétiques dans les marchés financiers. Il défend l’idée que les anticipations des agents ne sont pas indépendantes mais largement influencées par les comportements des autres acteurs, ce qui peut engendrer des dynamiques auto-renforcées telles que bulles spéculatives et crises financières. Cette approche a été discutée dans de nombreuses revues de théorie économique et d’économie des conventions[13].
Engagement intellectuel et débats publics
[modifier | modifier le code]André Orléan est président de l'association française d'économie politique (AFEP) entre 2009 et 2017, association visant à promouvoir le pluralisme en économie et à critiquer la domination de l’approche néoclassique dans l’enseignement et la recherche[14].
Il est l’un des initiateurs du Manifeste des Économistes atterrés (2010), avec Philippe Askenazy, Thomas Coutrot et Henri Sterdyniak[15], qui critique les politiques d’austérité et la domination des approches néoclassiques dans les politiques publiques européennes. Ce texte a été largement relayé dans les débats publics et académiques, notamment dans les milieux d’économie politique critique[4].
En 2012, il s’oppose à la ratification du pacte budgétaire européen[16], considérant que les règles budgétaires européennes restreignent excessivement les marges de manœuvre des États et ignorent les dimensions institutionnelles et sociales de la monnaie et de la politique économique[7].
Prix
[modifier | modifier le code]- 1999 : Prix spécial du jury Turgot, fondé par l'Association des anciens élèves de l'Institut de Haute Finance (IHFi) pour le meilleur livre d'économie financière pour Le pouvoir de la finance[17]
- 2000 : Prix Le Dissez de Penanrun de l'Académie des Sciences Morales et Politiques pour Le pouvoir de la finance[18]
- 2011 : Prix Paul Ricoeur de l'association éponyme pour L’empire de la valeur, refonder l’économie[19],[20],[21]
- 2011 : Prix spécial du jury Turgot de l'Association des anciens élèves de l'Institut de Haute Finance (IHFi) pour L’empire de la valeur, refonder l’économie[17]
Décoration
[modifier | modifier le code]Publications
[modifier | modifier le code]- La Violence de la monnaie (1982), avec Michel Aglietta, éd. PUF, 1984.
- Collectif (dir: A. Orléan), Analyse économique des conventions, Paris, PUF, coll. « Quadrige », , 448 p. (ISBN 978-2-13-054086-1), 2ème édition revue et augmentée. 1ère édition en 1994. Contributions de Robert Aumann, Pierre-André Chiappori et Mark Granovetter : "L'incomplétude de la logique marchande pure" ; Olivier Favereau, de Pierre Livet et Laurent Thévenot et de Jean-Pierre Ponssard : "Théorie de l'action collective en contexte"; Michel Aglietta, Robert Boyer et André Orléan, Paul David : "Approche évolutionniste des institutions" ; Masahiko Aoki, François Eymard-Duverney, Christophe Midler et Robert Salais : "Règles et modèles de l'entreprise".
- Souveraineté, légitimité de la monnaie, Michel Aglietta, André Orléan dir., 1995.
- La Monnaie souveraine, avec Michel Aglietta, éd. Odile Jacob, 1998.
- Le Pouvoir de la finance, éd. Odile Jacob, 1999.
- La Monnaie entre violence et confiance, avec Michel Aglietta, éd. Odile Jacob, 2002.
- De l'Euphorie à la panique : Penser la crise financière, éd. de la Rue d'Ulm, 2009.
- L'Empire de la valeur, éd. du Seuil, 2011.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ ANDRÉ ORLÉAN, De l’École polytechnique à La Violence de la monnaie, Encyclopædia Universalis
- ↑ Xerfi, « André Orléan, CNRS - La vraie valeur n'existe pas - Parole d'auteur stratégie - xerficanal.com », sur www.xerficanal.com (consulté le )
- 1 2 3 « André Orléan », sur Allez Savoir (consulté le )
- 1 2 (en) « Institute for New Economic Thinking », sur Institute for New Economic Thinking (consulté le )
- 1 2 3 4 « Page personnelle sur le site de Paris School of Economics », sur parisschoolofeconomics.com (consulté le )
- ↑ « Paris-Jourdan Sciences Économiques - UMR8545 - Chercheurs - ORLEAN André », sur pse.ens.fr (consulté le )
- 1 2 (en) André Orléan et Rainer Diaz-Bone, « Entretien avec André Orléan », Revue de la Régulation - Capitalisme, institutions, pouvoirs, vol. 14, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Annales. Histoire, Sciences sociales. Les Éditions de l'EHESS: L'équipe », sur editions.ehess.fr (consulté le )
- ↑ Vittorio de Filippis, « Les analystes en pleine crise – Libération », sur liberation.fr, (consulté le )
- ↑ (en) André Orléan, « L'empire de la valeur. Refonder l'économie », Post-Print, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Néobab » [archive du ], sur enseignements.ehess.fr (consulté le )
- ↑ (en) Editions Seuil, « Sciences humaines », sur www.seuil.com (consulté le )
- ↑ André Orléan, « Substance Value », dans The Empire of Value: A New Foundation for Economics, The MIT Press, , 0 p. (ISBN 978-0-262-02697-0, DOI 10.7551/mitpress/9780262026970.003.0002, lire en ligne)
- ↑ « Composition du bureau et du CA de l'AFEP - AFEP », sur assoeconomiepolitique.org (consulté le )
- ↑ « Ce que nous devons à André Orléan », sur alternatives-economiques.fr, (consulté le )
- ↑ Collectif de plus de 120 économistes, « Non au traité budgétaire européen ! (Tribune) », sur lemonde.fr, (consulté le )
- 1 2 « Lauréats du Prix Turgot »
- ↑ « Prix Le Dissez de Penanrun », sur Académie des Sciences Morales et Politiques, (consulté le )
- ↑ « Prix - Fonds Ricœur », sur https://fondsricoeur.ipt-edu.fr/ (consulté le )
- ↑ « André Orléan, lauréat du prix Paul Ricoeur », sur Les blogs d'Alternatives Économiques, (consulté le )
- ↑ André Orléan lauréat du premier prix Paul Ricœur, sur www.livreshebdo.fr, 6 janvier 2012 )
- ↑ « Décret du 31 décembre 2014 portant promotion et nomination », (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Site officiel
- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Profil d'André Orléan sur isidore.science.
- Les Économistes atterrés
- École de la régulation
- Économiste français du XXe siècle
- Économiste français du XXIe siècle
- Naissance en mai 1950
- Naissance à Paris
- Élève de l'École polytechnique
- Enseignant à l'École des hautes études en sciences sociales
- Chevalier de la Légion d'honneur
- Auteur publié par les Presses universitaires de France
- Auteur publié par les éditions Odile Jacob
- Auteur publié par les éditions du Seuil