Thomas Coutrot

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Thomas Coutrot est un économiste et un statisticien français né en 1956. Chef du département « conditions de travail et santé » à la DARES au Ministère du Travail et de l'Emploi, il est également un des animateurs du Réseau d’alerte sur les inégalités. Militant altermondialiste, il est coprésident de l'association Attac depuis décembre 2009[1] et membre de son conseil scientifique. Il participe en outre à la Fondation Copernic. Il est membre de l'association les économistes atterrés[2].

Parcours[modifier | modifier le code]

Diplômé de l’ENSAE, il a commencé en 1982 sa carrière au Centre d’étude des revenus et des coûts (CERC). De 1988 à 1990, il a été professeur à l’université de Brasilia[3]. À son retour en France, il a été engagé à la DARES où il a pris la direction du département « conditions de travail et relations professionnelles » (depuis 2003 département « conditions de travail et santé »). En 1997, il soutient à l'université Paris I une thèse en sciences économiques basée dans sa partie empirique sur les données de l'enquête REPONSE (Relations professionnelles et négociations d'entreprise) qu'il a conçue pour la DARES. Il conduit des enquêtes statistiques et étudie les innovations en matière d’organisation du travail et de gestion des ressources humaines et, plus récemment, dans le domaine de la santé au travail. Auteur de L’Entreprise néo-libérale, nouvelle utopie capitaliste ? (1998), de Critique de l'organisation du travail (2000, réédité en 2002) puis de Démocratie contre capitalisme (2005)[4], il oriente ses recherches sur la « responsabilité sociale des entreprises » et, plus généralement, sur le thème de « la démocratie économique »[5].

Engagement militant[modifier | modifier le code]

Membre de la LCR de 1974 à 1988, Thomas Coutrot n’a depuis lors plus adhéré à une organisation politique. De 1996 à 1998 il a contribué au lancement et à l’animation de « l’Appel des économistes pour sortir de la pensée unique ». Membre depuis 1996 du Réseau d’alerte sur les inégalités (ou RAI), il a contribué à la création de son Baromètre de la pauvreté et des inégalités en France, le BIP 40 (contraction de l'inverse du sigle PIB et du CAC 40). Il participe à son actualisation et aux développements associés à la construction et à l'animation de son site internet dont il est membre du Comité de rédaction depuis son lancement. Dernièrement, il a joué un rôle essentiel dans le lancement puis dans l'actualisation du collectif ACDC (les Autres Chiffres du Chômage[6]), lequel a diffusé régulièrement lors de la dernière campagne présidentielle française des données et des analyses alternatives à celles publiés par l'ANPE et le gouvernement.

Thomas Coutrot est membre depuis 1998 du conseil scientifique de l'association altermondialiste Attac. À ce titre il a joué un rôle essentiel dans la rédaction de plusieurs des livres de vulgarisation d'Attac : Avenue du plein emploi (2003), en collaboration avec Michel Husson, Travailleurs précaires unissez-vous (2004), en collaboration avec Patrice Cuperty, et un livre sur le commerce équitable qui, bien que rédigé en 2004, n'a pu être édité du fait du blocage de la direction. Il a été un des auteurs du manifeste dit du Printemps de France publié au soir de la victoire du Non au référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe et appelant à un rassemblement unitaire des altermondialistes, ceci contre la ligne de la direction sortante.

Après la fraude aux élections pour le renouvellement du conseil d'administration d'Attac en juin 2006, ses messages sur Internet soulignant la responsabilité de la direction ont amené Bernard Cassen et Jacques Nikonoff à déposer plainte contre lui « pour diffamation » et à demander chacun 20 000 € de dommages et intérêts[réf. nécessaire][7]. Ils ont depuis retiré leur plainte.[réf. nécessaire]

En décembre 2009, il est élu au conseil d'administration de l'Attac. Il est ensuite élu par le CA coprésident aux côtés d'Aurélie Trouvé[1].

Fin 2010, il participe à la rédaction du livre Manifeste des économistes atterrés et à sa promotion dans les médias.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (2010) Jalons vers un monde possible : redonner des racines à la démocratie, Editions Le Bord de l'eau, 226 p. (ISBN 978-2356870667)
  • (2007) (avec Jennifer Bué, Sylvie Hamon-Cholet et Lydie Vinck) Conditions de travail : une pause à l'intensification du travail, DARES, Premières synthèses, n° 01.2
  • (2006) "Les conditions de travail des salariés après la réduction de leur temps de travail", DARES, Premières synthèses, n° 06.3
  • (2005) Démocratie contre capitalisme, Paris, la Dispute, 235 p. (ISBN 2-84303-111-7)
  • (2004) (en coordination avec Jennifer Bué et Isabelle Puech), Conditions de travail : les enseignements de vingt ans d'enquête, Octares
  • (2002) Critique de l’organisation du travail, Repères, La Découverte
  • (2001) (avec Michel Husson) Avenue du plein emploi, Petits libres ATTAC, Éditions des Mille et une nuits, Paris, 95 p.
  • (1999) Le bel avenir du contrat de travail (coord. avec Christophe Ramaux) , Appel des économistes pour sortir de la pensée unique, Syros, 1999
  • (1998) L'entreprise néolibérale, nouvelle utopie capitaliste ?, La Découverte
  • (1997) Pour un nouveau plein-emploi (coord.), Appel des économistes pour sortir de la pensée unique, Syros
  • (1993) (avec Michel Husson), Les destins du Tiers-Monde. Quarante ans de développement en perspective, Nathan

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Attac: Thomas Coutrot, économiste au ministère du Travail, élu coprésident », AFP,‎
  2. Philippe Askenazy, Thomas Coutrot, André Orléan et Henri Sterdyniak, « Pourquoi nous sommes des économistes atterrés », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Son expérience l'amène à suivre de près les expériences sociales au Brésil
  4. Gabriel Maissin, « Le retour de l’autogestion », http://politique.eu.org (consulté le 7 août 2010)
  5. Monde économie en date du 11 septembre 2001
  6. Présentation des « Autres Chiffres du Chomage »
  7. Ceci n'a pas empêché Thomas Coutrot de maintenir et expliciter sa position critique sur Internet, voir « Pourquoi je persiste et signe »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]