Amílcar Cabral

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Amílcar Cabral
Stamps of Germany (DDR) 1978, MiNr 2293.jpg

Timbre à l'effigie d'Amilcar Cabral (RDA).

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 48 ans)
ConakryVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Lieu de travail
Casa dos Estudantes do Império (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Autres informations
Parti politique
Distinction
Order of the Companions of O. R. Tambo (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Amílcar Lopes da Costa Cabral (), Abel Djassi de son pseudonyme, est un homme politique de Guinée-Bissau et des Îles du Cap-Vert. Il est le fondateur du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, PAIGC (Partido Africano da Independência da Guiné e Cabo Verde), qui amena à l'indépendance ces deux États colonisés par le Portugal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Amílcar Cabral est né en 1924 à Bafatá, en Guinée portugaise actuelle Guinée-Bissau, de père et mère capverdiens[1]. Alors que des famines successives provoquent 50 000 morts entre 1941 et 1948[2], il choisit de s'orienter vers l'agronomie et part étudier à Lisbonne où il demeure jusqu'en 1952. Il y côtoie des militants de la libération des colonies africaines de l'empire colonial portugais. Certains de ces militants deviendront des meneurs de la lutte indépendantiste en Afrique lusophone, occidentale et australe, tels Mario de Andrade, Agostinho Neto, Viriato da Cruz (qui deviendra le Premier secrétaire du MPLA) tous les trois en Angola, Eduardo Mondlane (fondateur du Frelimo, Mozambique), Marcelino dos Santos et Vasco Cabral.

De retour en Guinée-Bissau comme agronome, il est nommé directeur du centre expérimental agricole de Bissau et entend contribuer à améliorer la condition de son peuple, ainsi qu'à mettre fin à la domination coloniale portugaise. Il s’intéresse particulièrement à la négritude tout en cherchant à dépasser les clivages ethniques entre les peuples d'Afrique, et développe également sa propre analyse du marxisme afin de l'adapter aux conditions africaines[2].

En 1956 il fonde, avec Luís Cabral, son demi-frère (futur président de la République de Guinée-Bissau), Aristides Pereira (futur président de la République du Cap-Vert), Abilio Duarte (futur ministre et président de l’Assemblée nationale du Cap-Vert), et Elisée Turpin le PAIGC, organisation alors clandestine. Après avoir cherché sans succès une issue pacifique au statut colonial de la Guinée et des iles du Cap-vert, le PAIGC s'oriente en 1963 vers la lutte armée et se bat contre l'armée portugaise sur plusieurs fronts à partir des pays voisins, la Guinée Conakry et la Casamance, province du Sénégal. Il parvient peu à peu à contrôler le sud du pays, mettant en place de nouvelles structures politico-administratives dans les régions libérées. « Personne ne peut douter, parmi notre peuple, comme chez tout autre peuple africain, que cette guerre de libération nationale dans laquelle nous sommes engagés n’appartienne à l’Afrique tout entière », déclarait-il.

Parallèlement, Amílcar Cabral déploie une activité diplomatique très intense pour faire connaître son mouvement et en légitimer l’action auprès de la communauté internationale. En 1972, les Nations unies finissent par considérer le PAIGC comme « véritable et légitime représentant des peuples de la Guinée et du Cap-Vert ».

Amílcar Cabral est assassiné le à Conakry par des membres de la branche militaire du parti, en relation avec des agents des autorités portugaises[3], six mois seulement avant l’indépendance de la Guinée-Bissau[4]. Amilcar Cabral ne verra donc jamais la reconnaissance de l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert par le Portugal, le , cause pour laquelle il a combattu pendant plus de vingt ans.

Postérité[modifier | modifier le code]

Une compétition de football, la Coupe Amílcar Cabral, porte son nom.

Plusieurs lycées portent également son nom : le lycée technique Amílcar-Cabral à Ouagadougou au Burkina Faso, le lycée agricole Amílcar-Cabral (LAAC) à Brazzaville au Congo, le collège CEMT Amilcar Cabral de Ziguinchor au Sénégal, le lycée Amílcar-Cabral (LACM) à Mamou en Guinée, le lycée Amílcar-Cabral (LACM) à Macenta en Guinée, l'école primaire Amílcar-Cabral à la Minière, dans la commune de Dixinn (Conakry, Guinée). Le lycée Abdoul Karim Camara de Ségou au Mali, dit souvent lycée Cabral, porte le nom d'un leader étudiant malien idéologiquement proche de Cabral. Le lycée (cycle secondaire) Amilcar Cabral (à Assomada, au Cap-Vert) porte également son nom.

Un aéroport à Sal au Cap-Vert porte son nom, l'aéroport international Amílcar Cabral (Aeroporto Internacional Amílcar Cabral).

Plusieurs voies portent son nom : un boulevard à Fort-de-France en Martinique, une rue à Kaolack au Sénégal, un boulevard à Alger en Algérie, une avenue à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en France et une place Amilcar-Cabral à Fameck, une ville de Moselle (Lorraine).

Citation[modifier | modifier le code]

« Les chrétiens vont au Vatican, les musulmans à la Mecque et les révolutionnaires à Alger. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Enciclopédia Larousse (Vol.4) pág. 1299 (ISBN 978-972-759-924-0)
  2. a et b « Un intellectuel visionnaire », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  3. (en) « Amilcar Lopes Cabral | Guinean politician », Encyclopedia Britannica,‎ (lire en ligne)
  4. Tigrane Yégavian, « Guiné-Bissau : un narco-État ? », Conflits, no 12, janv.-mars 2017, p. 17-19

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]