Saïd Bouamama

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Saïd Bouamama.

Saïd Bouamama, né le (58 ans) à Roubaix[1], est un sociologue docteur en socioéconomie. Il est membre de l'association Intervention Formation Action Recherche (IFAR) où il est chargé de recherche et formateur de travailleurs sociaux.

Militant associatif et politique de nationalité algérienne résidant en France où il est né, il compte actuellement parmi les fondateurs et animateur du Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) ; il est également affilié à la CGT, un des portes-parole du Comité de soutien aux sans-papiers de Lille, et membre de la Coordination communiste[2].

Approche sociologique[modifier | modifier le code]

En tant que sociologue, Saïd Bouamama développe une sociologie des dominations prenant pour objets les questions liées aux quartiers populaires et ouvriers, à l'immigration et la place des personnes issues de l'immigration dans la société française, les jeunesses et la citoyenneté, les différentes formes et expressions des discriminations de sexe, de « race[3] » et de classe, etc.

Sa pratique l'amène à intervenir régulièrement en France lors de journées d'étude, de séminaires, de conférences débat à l'initiative d'institutionnels, d'élus, de collectifs ou d'associations d'habitants de quartiers populaires.

Il a publié plusieurs ouvrages et a contribué à de nombreuses publications collectives tels que le Dictionnaire des inégalités ou Culture coloniale publié aux éditions du CNRS[4]. Il contribue aussi à de nombreux sites dont Les mots sont importants, oumma.com et Quartiers Libres.

Prises de positions et engagements politiques[modifier | modifier le code]

Militant de gauche, Saïd Bouamama est impliqué à la fois dans des luttes syndicales et ouvrières et dans des luttes liées à l'immigration et contre le racisme.

Il a participé à différentes « luttes de l'immigration » et « luttes ouvrières », dès les années 1970 et a milité depuis le début de son engagement pour un « mouvement autonome de l'immigration[5] ». Il a par ailleurs participé à la Marche pour l'égalité et contre le racisme en 1983 et aux mouvements similaires dans les années qui ont suivi (« Convergence 1984 », « Divergence 1985 ») requalifiées en « marche des Beurs », terme qu'il récuse au fil de ses travaux, tout comme Abdelmalek Sayad avant lui[6].

Il a croisé et travaille avec de nombreuses organisations de gauche et d'extrême gauche (Parti communiste français, Parti de gauche, Les Verts, Nouveau Parti anticapitaliste, CGT, Alternative libertaire, etc.) ou encore le MRAP, la LDH, des mouvements d'éducation populaire (Maison des jeunes et de la culture, Centres sociaux, Franca, etc.).

Il intervient auprès d'associations de quartiers populaires sur des thèmes tels que : pauvreté, inégalités (classe, « race », sexe, âge), racisme, islamophobie, homophobie, immigration, sans papiers, double peine, droit de vote des étrangers, violences policières, stigmatisation, révoltes populaires notamment de la jeunesse, Palestine, impérialisme, guerre, nouvelle citoyenneté égalitaire, discriminations, colonisation, luttes de libération africaines, etc.

Il fait partie des auteurs et signataires de l'appel « Nous sommes les indigènes de la République » en 2005 qui a débouché sur la création du mouvement des Indigènes de la République.

Il est aujourd'hui membre du Front uni des immigrations et des quartiers populaires[7] créé en 2012 à la suite de deux rassemblements nationaux : le Forum Social des Quartiers Populaires et les Rencontres nationales des luttes de l'immigration[8].

Il a collaboré avec des associations de lutte contre les effets de la prostitution, comme l'Amicale du « Nid », avec des féministes telles que Christine Delphy, avec laquelle il a signé un appel collectif pour des « statistiques sur les discriminations racistes »[9].

Le 30 novembre 2015, il est parmi les signataires de l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence »[10],[11].

Il s'engage aussi pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah à plusieurs reprises[12].

Commentaires[modifier | modifier le code]

Philippe Bernard, journaliste au Monde, le présente comme un « sociologue d'extrême gauche antinationaliste et militant d'un nouveau rapport aux "différences" »[13].

Il est aussi présenté, sans preuves, en 2005 par le journal Libération comme un soutien de l'humoriste Dieudonné[14].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Tribune « racisme antiblanc »[modifier | modifier le code]

En juin 2012, Saïd Bouamama fait partie des signataires d'une tribune[15] à propos du texte d'orientation duMrap à son congrès des 30 mars et 1er avril 2012 à Bobigny. Cette tribune critique les références du texte au racisme antiblanc :

« C'est avec beaucoup d'inquiétude que nous avons découvert certains passage du texte. […] L'emploi de manière a-critique d'un telle notion, comme si elle allait de soi, soulève en effet de nombreux problème. […] la notion de "racisme antiblanc" a émergé dans le débat politique français pour inverser les rapports de responsabilité : la "victime" ne serait plus l'immigré ou le descendant d'immigrés mais le Blanc […] Comment ne pas s'interroger sur la portée politique réelle d'une notion dont l'extrême droite identitaire s'est rapidement emparée avec avidité, comme en témoignent nombre de campagne qu'elle mène sur ce thème […] Le Mrap n'a pas de leçon d'antiracisme à recevoir, lui que nous avons connus si courageux. Nous ne pouvons pas cependant ne pas trouver préoccupant que le texte d'orientation adopté par son congrès manifeste une telle perméabilité à des thématiques douteuses. »

Plainte de l'AGRIF[modifier | modifier le code]

À la suite d'une plainte de l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (AGRIF), association d'extrême droite qui a également attaqué Charlie Hebdo[16], Saïd Bouamama et Saïd Saïddou du groupe de rap Zone d'expression populaire[17], sont mis en examen en octobre 2012 pour « injures publiques envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une race ou une religion »[18] pour avoir co-écrit en 2010 le livre-CD Nique la France – Devoir d’insolence.

En novembre 2012, des comités locaux se mobilisent à travers toute la France dans le cadre de la campagne Devoir d'insolence antiraciste en soutien aux deux inculpés, contre les accusations de « racisme » et pour dénoncer l'usage de la notion de « racisme antiblanc » par l'extrême droite. Lors du procès ont été appelés à la barre des témoins venus soutenir les deux Saïd : Dominique Lagorgette, chercheuse en sciences du langage, Olivier Legrand-Maison, chercheur en sciences-politiques et spécialiste de l’histoire coloniale, Christine Delphy, sociologue chercheuse au CNRS et militante féministe historique co-fondatrice du MLF, Rokhaya Diallo, journaliste et militante associative contre le racisme, et enfin Maurice Rajsfus (fils de juifs polonais mort en déportation pendant la Seconde Guerre mondiale), journaliste, historien et militant français qui a travaillé sur les violences policières[19].

Le 19 mars 2015, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris les relaxe, leur culpabilité n'ayant pas été établie lors du procès. Elle considère par ailleurs que les « Français blancs dits de souche » ne constituent pas un « groupe de personnes »[20]. L'AGRIF a fait appel.

À propos de Charlie Hebdo[modifier | modifier le code]

En 2011, Saïd Bouamama fait partie des signataires d'une pétition condamnant l'injonction à soutenir la ligne éditoriale de Charlie Hebdo au lendemain d'un attentat au cocktail molotov ayant détruit les locaux du journal satirique[21].

Le 11 janvier 2015, il commente sur son blog :

« Si l’attentat contre Charlie Hebdo est condamnable, […] ces prises de positions écrites ou dessinées ne sont pas des détails ou de simples amusements sans conséquences : elles sont à l’origine de multiples agressions de femmes voilées et de nombreux actes contre des lieux de cultes musulmans[22]. »

Publications[modifier | modifier le code]

  • Figures de la révolution africaine. De Kenyatta à Sankara, La Découverte, 2014
  • Femmes des quartiers populaires, en résistance contre les discriminations, des femmes de Blanc-Mesnil avec Saïd Bouamama & Zouina Meddour, Le Temps des Cerises, 2013
  • Dictionnaire des dominations de sexe, de race, de classe, Collectif Manouchian : Saïd Bouamama, Jessy Cormont, Yvon Fotia, Édition Syllepse, 2012
  • Les Luttes du comité des sans papiers 59 : analyse de sa littérature militante. Tome 2 : 2001-2005, Saïd Bouamama (dir.), Laurène Bricout, Jessy Cormont, Yvon Fotia, Saïd Kebouchi, Dominique Lambert, Eva Lumanisha, Nadia Malmi, Rabah Moussouni, Armand Nwatshock, Béatrice Thellier, Brigitte Vandeweghe, Élodie Vandeweghe, le CSP 59, IDM, le Collectif Afrique, Darna Édition, Roubaix, 2011
  • Les Discriminations racistes : une arme de division massive, préface de Christine Delphy, Paris, L'Harmattan, 2010
  • Histoire de l’Association des mineurs marocains du Nord-Pas-de-Calais. De la tête baissée à la conquête de la dignité, Saïd Bouamama et Jessy Cormont, Dechy, Association des mineurs marocains du Nord-Pas-de-Calais (A.M.M.N.), 2010
  • « Les quartiers populaires de type grand ensemble : des gentils “beurs” à la méchante “racaille” », dans Culture et Société, no 15, Banlieue, quartier, ghetto, zone, cité…, juillet 2010
  • Les Luttes du comité des sans-papiers 59 : analyse de sa littérature militante. Tome 1 : 1996-2000, Saïd Bouamama (dir.) et Laurène Bricout, Jessy Cormont, Adramé Diagne, Yvon Fotia, Saïd Kebouchi, Dominique Lambert, Eva Lumanisha, Nadia Malmi, Rabah Moussouni, Vincent Musungu, Armand Nwatshock, Albert Nyanguile, Jacques Tetka, Béatrice Thellier, Brigitte Vandeweghe, Élodie Vandeweghe, le CSP 59, IDM, le Collectif Afrique, Darna Édition, Roubaix, 2010
  • Les Discriminations multifactorielles, genre/« race »/classe. Repères pour comprendre et agir, Saïd Bouamama, Jessy Cormont et Yvon Fotia, Paris, Acsé, juin 2010
  • Nique la France. Devoir d’insolence, avec ZEP, Textes du livre-album de ZEP (Zone d’Expression Populaire), Roubaix, Darna Éditions, juin 2010
  • Les Classes et quartiers populaires. Paupérisation, ethnicisation et discrimination, Paris, Éditions du Cygne, Collection recto-verso, 2009
  • Lutter contre les discriminations liées à l’origine. Une boîte à agir pour les centres sociaux, Saïd Bouamama et Jessy Cormont, Lille, IFAR, UR Centre sociaux NPdC, ACSE, juin 2009
  • Du bled aux corons, un rêve trahi. Logement et mineurs marocains du Nord-Pas-de-Calais, Saïd Bouamama et Jessy Cormont, Dechy, Association des mineurs marocains du Nord-Pas-de-Calais, 2008
  • La République à l'école des sans papiers. Trajectoires et devenir des sans-papiers régularisés, Saïd Bouamama (dir.), Violaine Bouyer, Fatiha Chalali, Jessy Cormont, Adrame Diagne, Yvon Fotia, Dominique Lambert-Tilmont, Eva Lumanisha, Roseline Sestacq, Béatrice Thellier, pour le Comité des sans-papiers du Nord (CSP 59), Immigration et Droits des Migrants (IDM), et le Collectif Afrique (CA), Paris, L’Harmattan, 2008
  • La France. Autopsie d’un mythe national, Paris, Larousse, coll. « Philosopher », 2008
  • L’Éducation populaire à l’épreuve de la jeunesse, Saïd Bouamama, Jessy Cormont et Yvon Fotia, FRMJC NPC, IFAR, Lille, Le Geai Bleu, 2008
  • Prostitution et Mondialisation. Mondialisation des origines, hétérogénéité des parcours et processus identitaires, Saïd Bouamama (dir.), Jessy Cormont, et Yvon Fotia, IFAR, Amicale du Nid, Altair, RAIH, Paris, Amicale du Nid, 2007
  • L’Accès au droit des étrangers dans le département du Nord, analyse et préconisation, Saïd Bouamama (dir.), Jessy Cormont, Yvon Fotia, Olivier Gaignard, et Mickaël Plumecoq, Lille, IFAR, Comité départemental de l’accès au droit du Nord et le tribunal de grande instance de Lille et l'ACSÉ Nord-Pas-de-Calais, 2007
  • Les Centres sociaux à l’épreuve de l’égalité. « Mémoire d’une expérience de lutte contre les discriminations racistes », Saïd Bouamama (dir.), Jessy Cormont, Yvon Fotia et Olivier Gaignard, IFAR, Lille, Fédération des CS du Nord, 2007
  • Les Clients de la prostitution, l’enquête, avec Claudine Legardinier, Paris, Presses de la Renaissance, 2006
  • L’Affaire du foulard islamique : production d’un racisme respectable, Roubaix, Le Geai bleu, 2004
  • Algérie, les racines de l’intégrisme, Bruxelles, EPO, 2000
  • J’y suis, j’y vote. La lutte pour les droits politiques aux résidents étrangers, Paris, Esprit Frappeur, 2000
  • Contribution à la mémoire des banlieues, Paris, Édition du Volga, 1994
  • Dix ans de marche des beurs, chronique d’un mouvement avorté, Paris, Desclée de Brouwer, 1994
  • De la galère à la citoyenneté. Les jeunes, la cité, la société, Paris, Desclée de Brouwer, 1993
  • La Citoyenneté dans tous ses états, de l’immigration à la nouvelle citoyenneté, avec Albano Cordeiro et Michel Roux, Paris, L’Harmattan, 1992
  • Vers une nouvelle citoyenneté. Crise de la pensée laïque, Lille, La Boîte de Pandore, 1991

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Alcide Carton, « Saïd Bouamama – Bibliographie », Citoyenneté et immigration. AD-PEP-62, 30 mars 2009.
  2. « La stigmatisation des quartiers populaires empêche toute critique sociale », Rouge Midi, 5 octobre 2009.
  3. Pour lui, bien que la « race » n'existe pas scientifiquement, elle est socialement construite par le système de discrimination raciste. Cf. l'article « Race » dans : Collectif Manouchian, « Glossaire critique des notions liées aux discriminations racistes », in Les Figures de la domination, en ligne, mis en ligne le 1er mars 2010.
  4. Voir sur cnrseditions.fr.
  5. Cf. l'interview qu'il donne à la revue Contresens en 2007 et également l'ouvrage Dix ans de marche des beurs, chronique d’un mouvement avorté, Paris, Desclée de Brouwer, 1994. Il a ainsi contribué à la création des associations Mémoire fertile, Texture, Mouvement autonome de l'Immigration.
  6. Cf. Abdelmalek Sayad, « Le mode de génération des générations immigrées », Migrants-formation, no 98, septembre 1994, p. 11 et 12 et Saïd Bouamama, « De la visibilisation à la suspicion : la fabrique républicaine d’une politisation », dans Les Figures de l'immigration, mars 2010.
  7. Page Facebook.
  8. Voir sur michelcollon.info.
  9. Le Monde, 13 mars 2007 ; pétition nommée : « Statistiques contre discriminations. Pour combattre les inégalités “ethniques”, les chercheurs ont besoin d’instruments de mesure fiables ».
  10. Collectif, « L'appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence » », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne).
  11. AFP, « État d'urgence : 58 personnalités revendiquent la liberté de manifester », Le Point,‎ (lire en ligne).
  12. ISM - International Solidarity Movement - Palestine, « Georges Ibrahim Abdallah, une résistance indestructible - Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah », sur www.ism-france.org (consulté le 27 janvier 2016)
  13. Cf. La Crème des Beurs : de l'immigration à l'intégration, Seuil, 2004, p. 303.
  14. « La nébuleuse Dieudonné », Libération, 10 novembre 2005.
  15. Tribune contre le texte du Mrap.
  16. « « Charlie Hebdo », 22 ans de procès en tous genres », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  17. Voir sur zep-site.com.
  18. Saïd Bouamama, mis en examen pour racisme antiblanc : « pourquoi Michel peut-il dire qu’il n’aime pas le drapeau et pas Mohamed ? », Daily Nord, 17 octobre 2012.
  19. Voir sur blogs.mediapart.fr, tribune d'Éric Fassin, consultée le 7 mars 2016.
  20. Voir sur francetvinfo.fr.
  21. « Pour la défense de la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo ! », lmsi.net, 5 novembre 2011.
  22. Voir sur bouamamas.wordpress.com.

Liens externes[modifier | modifier le code]