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Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert

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Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert
(pt) Partido Africano da Independência da Guiné e Cabo Verde
Image illustrative de l’article Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert
Logotype officiel.
Présentation
Président Domingos Simões Pereira
Fondation
Scission dans PRS (1992)
PRID (2008)
APU (2014)
MADEM (2018)
Siège Bissau
Drapeau de la Guinée-Bissau Guinée-Bissau
Positionnement Centre gauche
Idéologie Actuel :
Social-démocratie
Anciennement : Communisme
Marxisme-léninisme
Affiliation nationale PAI-Terra Ranka (depuis 2023)
Affiliation internationale Internationale socialiste (membre consultatif)
Couleurs Rouge, vert et jaune
Représentation
Députés
0  /  102

Le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (en portugais : Partido Africano para a Independência da Guiné e Cabo Verde, abrégé en PAIGC) est un parti politique fondé, en , par des militants indépendantistes, autour d'Amílcar Cabral, dans le but de réaliser l'indépendance du Cap-Vert et de la Guinée portugaise alors sous domination coloniale portugaise.

Naissance du mouvement

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L’opposition à la domination portugaise avait commencé dans les années 1950. Le PAIGC est fondé en par Amílcar Cabral, Aristides Pereira (futur président de la République du Cap-Vert), Abílio Duarte (futur ministre et président de l’Assemblée nationale du Cap-Vert), Luís Cabral, demi-frère d'Amílcar, Fernando Fortes et Elisée Turpin. C'est à l'origine un mouvement pacifique, dont la stratégie première est de demander aux Portugais de se retirer paisiblement de leurs colonies de Guinée et du Cap-Vert.

La stratégie pacifiste du mouvement est remise en cause par le « massacre de Pidjiguiti » du 3 août 1959. Ce jour-là, les forces portugaises répriment dans le sang un mouvement de grève des dockers de Bissau, qu’elles soupçonnent d’être encouragé par la jeune formation politique[1]. Une cinquantaine de personnes sont tuées[2].

Lutte armée

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Confronté à la répression, le PAIGC organise une réunion secrète en septembre à Bissau pour décider d’une nouvelle orientation : l’accent est désormais mis sur les campagnes, le secrétariat sera transféré à l’extérieur du pays, le mouvement envisage tous les moyens pour libérer le territoire national, y compris la lutte armée[1].

Le mouvement se donne pour objectifs, au-delà de l'indépendance, l'éradication de la pauvreté et de la misère, à travers l'éducation, puis à travers le développement d'une agriculture et d'une paysannerie autosuffisante[2]. La principale figure politique du parti, Amílcar Cabral, est influencée par le panafricanisme, ainsi que par le marxisme comme outil d’analyse des conditions historiques de la domination impérialiste, sans cependant prendre pour modèle l’Union soviétique. Il défend la « décolonisation des esprits » et le nationalisme culturel[2].

La Guinée devient la zone de repli du mouvement avec l’accord du président guinéen Ahmed Sékou Touré. Des camps d’entraînement permettent la formation des combattants tandis que les blessés sont accueillis dans les établissements guinéens. Conakry accueille le secrétariat du mouvement, une école maternelle liée au parti (fréquentée par des orphelins ou enfants de membres du PAIGC), une « École pilote » (Escola Piloto) chargée de former les futurs cadres du pays libéré, les studios de la radio Libertação dont la principale présentatrice sera Amélia Araújo (et qui a une déclinaison papier), ainsi qu'une prison surnommée « La Montagne »[1].

Le PAIGC déclenche la guerre de libération nationale. Après des débuts difficiles, l'insurrection s'appuie notamment sur le soutien des campagnes et de la paysannerie, alors que les villes étaient tenues par les colons. Les attaques, d’une redoutable efficacité, deviennent un piège pour les Portugais tant sur le plan humain que financier — au plus fort de la guerre le Portugal dépense plus de 50 % de son budget pour mater la « rébellion ». Des Casamançais traversent la frontière pour soutenir les Bissau-guinéens. Le PAIGC, soutenu par l’URSS et Cuba, contrôle deux tiers du pays et déclare l’indépendance le .

La PIDE, police politique portugaise réprime dans le sang des manifestations et des réseaux du PAIGC jusqu’en Guinée. Fin 1970, un raid militaire, l’Opération Mer verte est lancé depuis la Guinée portugaise pour essayer d’éliminer la direction du PAIGC et le président guinéen Ahmed Sékou Touré. L'opération échoue, même si elle parvient à libérer des prisonniers retenus par le PAIGC et à détruire sa petite flotte militaire stationnée dans le port[1].

Manœuvres portugaises

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Combattants du PAIGC proches de la ligne de front, en 1974.
Combattante du PAIGC, en 1973.

Le Portugal a indéniablement joué sur la vieille rivalité entre Capverdiens et Bissau-guinéens ou en d’autres termes entre métis et noirs. Il a chargé le général António de Spínola, responsable du commandement militaire en Guinée portugaise contre la lutte indépendantiste, de mettre en place le « Front Uni de Libération » pour concurrencer le PAIGC. Pour ce faire, le général devait remettre le Front à des nationalistes capturés et qui avaient retourné leur veste en faveur du Portugal. L’objectif des Portugais était de réussir à casser l’union entre le Cap-Vert et la Guinée-Bissau. Le « Front » était un instrument en vue de conserver le Cap-Vert et d’accorder l’indépendance à la Guinée portugaise. Avec le soutien des États-Unis, il comptait ainsi occuper la position stratégique fournie par l’archipel du Cap-Vert. Bien que l’ambassadeur de Guinée-Conakry envoyé par Ahmed Sékou Touré l'ait averti le jour de même de son assassinat, Amilcar Cabral fut tué à Conakry, par des dissidents guinéens proches du Portugal. Sékou Touré mettra aux arrêts les militants du PAIGC qui venaient l’avertir du drame. Le leader de la révolution sera donc tué avant l’indépendance.

Peu après l'assassinat de Cabral, les services portugais mettent sur pied l'opération Saphir. Celle-ci prévoit un jeu de manipulation complexe qui devait encourager les divisions ethniques et idéologiques au sein du PAIGC, ainsi qu'un soutien à une nouvelle opération des opposants guinéens en exil du FLNG (Front de Libération nationale de Guinée) pour renverser le président Sékou Touré. Les services français du SDECE participent à la préparation de l’opération, mais celle-ci sera finalement avortée par la révolution des Œillets[3].

En outre un projet de Grande Guinée existait et était débattu entre Bissau et Conakry, qui se sentaient proches idéologiquement (socialisme) et sociologiquement. Ce projet a été combattu par les Capverdiens jusqu’à leur éviction car il promettait la suprématie des Noirs. C’est avec la mort de Sékou Touré en 1984 que ce projet sera mis aux oubliettes. Le Portugal n’a pas réussi son pari car le PAIGC n’éclate pas ; des chefs du maquis comme João Bernardo Vieira apportèrent leur soutien aux successeurs d’Amilcar Cabral.

La révolution des Œillets au Portugal en 1974 qui déposa Marcelo Caetano (successeur de Salazar) permit l’indépendance simultanée de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert formant un seul pays tout comme les autres pays lusophones (Angola, Mozambique, Sao Tomé-et-Principe).

Crise ethnique

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Après l’indépendance de ce pays, le demi-frère d’Amilcar Cabral, Luís Cabral  métis de mère portugaise contrairement à son frère Amilcar de mère guinéenne  est devenu le premier président du pays et s’entoure de la population métissée déjà mise en avant à l’époque des Portugais.

Le clivage entre Noirs et Métis qui s'était établi avec les Portugais se retrouve au niveau de l’administration et du parti au pouvoir le PAIGC. La Guinée-Bissau, se voit dominée par les Capverdiens et la crise économique (pénuries alimentaires, etc.) ajoutée aux malversations des dirigeants politiques favorise le coup d’État du . Le premier ministre João Bernardo Vieira, noir sans aucun métissage biologique, prend le pouvoir et justifie sa décision aussi bien par la situation économique désastreuse que par la ségrégation institutionnalisée par la nouvelle Constitution du Cap-Vert du . Cette Constitution précise que seuls les Capverdiens (constitués de 71 % de métis) nés de parents capverdiens seront éligibles au sein des instances du parti et de l’État. La mesure signifie que les Noirs d’origine bissau-guinéenne n’auront pas accès aux postes de responsabilité du Cap-Vert, alors que les Capverdiens sont chez eux à Bissau et constituent l’élite. La nouvelle Constitution bissau-guinéenne non seulement n’aborde pas cette question mais concentre tous les pouvoirs entre les mains de Luís Cabral — chef de l’État, du gouvernement et des armées — au détriment du premier ministre. Si les métis étaient plus indiqués pour la direction politique et technocratique du pays à cause de circonstances historiques qui n’avaient pas favorisé les Noirs pendant la colonisation, ces nouvelles mesures constitutionnelles institutionnalisaient l’appropriation du pouvoir par un groupe social.

Lors du coup d’État, de nombreux dirigeants métis qui ont refusé de se soumettre ont été tués. Avec ce putsch, c’est l’alliance historique et institutionnelle avec le Cap-Vert qui est remise en cause. Désormais, le pouvoir est aux mains des Noirs et permet l’accès à des postes de responsabilité aux vétérans de la guerre d’indépendance qui partagent avec les Casamançais les mêmes origines ethniques, si ces vétérans ne sont pas eux-mêmes Casamançais. Ces vétérans, formés par les Soviétiques et dans le cadre de la coopération des armées de lutte anti-coloniale portugaise, sont rompus aux tactiques de guérilla et aident Vieira à diriger un gouvernement militaire.

Sept ans après la mort du guide de la révolution bissau-guinéenne, le Portugal voit son rêve d’un divorce entre le Cap-Vert et la Guinée portugaise se concrétiser. Mais il est désormais trop tard car entre-temps les deux pays ont accédé à l'indépendance et le salazarisme a été défait.

C’est peut-être Sékou Touré qui a réussi son pari de séparer la Guinée portugaise du Cap-Vert, cela devant être la première étape vers la Constitution d’une Grande Guinée[non neutre]. Vieira était depuis longtemps sensible aux thèses du président guinéen mais l’union ne se fit pas car ce dernier mourut en .

Parti unique

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Après l'indépendance, le PAIGC devient le parti unique de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert. Il remporte les élections législatives de 1975 et de 1980. La branche cap-verdienne du PAIGC devient le Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert en 1980.

Résultats électoraux

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Élections législatives

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Année Voix % Rang Sièges Gouvernement
1976-1977 136 022 80,04 1er
150  /  150
Gouvernement
1984 1er
150  /  150
Gouvernement
1989 214 201 95,80 1er
150  /  150
Gouvernement
1994 134 982 46,39 1er
12  /  100
Gouvernement
1999 2e
24  /  102
Opposition
2004 145 316 33,88 1er
35  /  100
Gouvernement
2008 227 350 49,52 1er
67  /  102
Gouvernement
2014 281 408 47,98 1er
57  /  102
Pereira (2014-2015), opposition (2015), Correia IV (2015-2016), opposition, Gomes II (2018-2019)
2019 212 148 35,22 1er
47  /  102
Gomes III (2019-2020), opposition (2020-2022)
2023 Avec la coalition PAI-Terra Ranka Martins (2023), Duarte de Barros III (2023-2025), Camará (2025-)

Références

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Karine Abdel Malek, « Le Processus d'accès à l'indépendance de la Guinée-Bissau », Bulletin de l'Association des anciens élèves de l'Institut national de langues et de cultures orientales, no 1, , p. 53-60
  • (pt) Richard A. Lobban Jr et Paul Khalil Saucier, « Partido Africano da Independência da Guiné e Cabo Verde », dans Historical dictionary of the Republic of Cape Verde, Lanham, Maryland ; Toronto ; Plymouth, Scarecrow Press, (ISBN 978-0-8108-4906-8), p. 174-181