Allgemeine Elektricitäts-Gesellschaft

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AEG
logo de Allgemeine Elektricitäts-Gesellschaft
Logo de AEG

Création 1883
Disparition 1996
Remplacé par ElectroluxVoir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs Emil Rathenau
Forme juridique Aktiengesellschaft
Siège social Francfort
Drapeau d'Allemagne Allemagne
Président Gérard Charles Édouard Thériault (en) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Directeurs Ernst Georg Stöckl (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Actionnaires ElectroluxVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité électricité, ferroviaire, électroménager
Produits Appareil ménagerVoir et modifier les données sur Wikidata
Société mère Electrolux
Sociétés sœurs Arthur Martin, Elektro Helios, Eureka (en), Faure, Frigidaire, Gibson Appliance, Kelvinator, Leonard (entreprise), Marijnen, Parkinson Cowan, Progress, Simpson (en), Tornado, Tricity Bendix, Volta, Westinghouse, Zanker, Zanussi, Zoppas
Site web www.aeg.com

Allgemeine Elektricitäts-Gesellschaft (AEG, soit « entreprise d'électricité générale ») était un fabricant allemand d'équipements électroniques et électriques grand public (articles ménagers), de matériel roulant ferroviaire ainsi que de matériels spécialisés pour l'industrie et l'armée.

Elle avait été fondée en 1883 par Emil Rathenau[1] et fut dissoute en 1996, pour former, avec ABB Henschel, la société Adtranz (ABB Daimler-Benz Transportation), la partie Power et T&D de l'entreprise étant vendue à GEC-Alsthom.

En 2005, Electrolux Suède rachète AEG (tout comme elle l'avait déjà fait avec ZANUSSI).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts de la société[modifier | modifier le code]

Action de la filiale allemande d'Edison (AEG)

La société vit le jour sous l'impulsion d'Emil Rathenau, qui acquit en 1883 les droits commerciaux de la lampe à incandescence d'Edison pour l'Allemagne et ouvrit un petit bureau d'études au no 26 Schlegelstraße à Berlin : la Deutsche Edison-Gesellschaft für angewandte Elektricität[2]. Ce bureau établit en 1884 ses propres ateliers (Städtischen Elektricitätswerke, A.G.StEW) à Berlin : ils donneront naissance en 1887 à la filiale Bewag. De 1883 à 1889, leur directeur fut l’ingénieur munichois ( et futur fondateur du Deutsches Museum) Oskar von Miller.

Emil Rathenau recruta Mikhaïl Dolivo-Dobrovolski en 1887 comme ingénieur en chef : ce dernier, par l'invention du premier moteur électrique industriel, popularisa le courant triphasé. En 1891, Miller et Dobrovolski profitèrent du Salon international de l'électricité de 1891 à Francfort-sur-le-Main pour montrer les possibilités de transfert d'électricité à longue distance : l’électricité, produite dans une centrale thermique de Lauffen am Neckar, était acheminée à 175 km de là par la première ligne à haute tension pour alimenter la cascade lumineuse et le hall de l'exposition ( 1000 lampes électriques). Ce succès public marque les débuts de l'électrification générale de l'Empire allemand par le courant alternatif (option différente des États-Unis) et annonce les succès futurs d'AEG.

AEG et ses extensions du nord de Berlin[modifier | modifier le code]

Action de 1000 Mark d'AEG (15 octobre 1910).

En 1888, la compagnie, restructurée et diversifiée, prit le nom d’Allgemeine Elektricitäts-Gesellschaft, abrégé AEG. L'architecte Paul Tropp a dirigé les chantiers d'AEG de 1889 à 1893, et Franz Schwechten a dessiné en 1894-95 la façade de l'immeuble à l'angle des rues Ackertrasse et Hussitenstrasse. Cet immeuble en brique de 5 étages occupait ainsi un angle du quartier. La compagnie racheta en 1894 les terrains de l'ancien Marché aux Bœufs, afin de connecter ses ateliers au réseau ferroviaire berlinois : en 1897, la compagnie aménagea une liaison ferroviaire souterraine entre la gare de Stettin et ses bureaux de Berlin-Gesundbrunnen par creusement d'un tunnel long de[3] 270 m. La réalisation de cet ouvrage souterrain fut confiée à C. Schwebel et Wilhelm Lauter, les maîtres d’œuvre du tunnel sous la Spree pour le métro berlinois.

À la demande de l’empereur Guillaume II, AEG et Siemens & Halske s'associèrent le 27 mai 1903 à part égales (300 000 marks-or) pour fonder la Société berlinoise de télégraphie sans fil Telefunken.

Les apports du design et la diversification[modifier | modifier le code]

En 1907, AEG recruta l'architecte Peter Behrens comme conseiller artistique : il était chargé de la conception esthétique des boîtiers, carters, carrosseries et emballages de toutes les gammes de produits de la marque,ainsi que des affiches de réclame et de l'architecture ; aussi est-il considéré comme l'un des premiers designers au monde. Ses créations d'horloges murales et d'horloges d'usine, ou sa bouilloire électrique, marquent des étapes-clef du design industriel. Ses créations, sans être minimalistes, tendent vers un dépouillement qui contraste avec l'exubérance et le décorum outré des articles du Gründerzeit ; pour autant, les articles aux formes historicisantes de la période pré-Behrens, notamment les lampes, continuèrent d'être commercialisées avec succès jusque dans les années 1930.

Les activités de la société AEG s'étendirent bientôt à tous les domaines des courants forts, en particulier l'éclairage, les moteurs électriques, la traction électrique, les bains d'électrochimie, et même la fabrication de turbine à vapeur, moteur Diesel, d'automobiles, de câbles et de circuits électriques. Au fil des premières décennies de son existence, elle aménagea à Berlin et sa banlieue :

Activités aéronautiques[modifier | modifier le code]

AEG a créé en 1910 à Berlin-Hennigsdorf un département aéronautique (Abteilung Flugzeugbau), initialement pour construire sous licence des biplans Wright. Le premier est réalisé en 1910. AEG créa ensuite son propre bureau d’études et produisit durant la Première Guerre mondiale 658 avions d’observation et de combat et 523 bombardiers, une seconde usine était constituée à Berlin-Johannisthal. Le , en association avec HAPAG et le groupe Zeppelin, AEG fonda la Deutsche Luftreederei (en) (DLR), qui exploita dès le la première ligne aérienne européenne entre Berlin et Weimar au moyen de bombardiers bimoteurs LVG C.VI convertis. Cinq lignes furent rapidement ouvertes, reliant Berlin à Hambourg et Sylt, Leipzig, Swinemünde, Westerland et Gelsenkirchen. 233 passagers furent transportés durant la première année d’exploitation. Les clauses du Traité de Versailles entraînèrent la fermeture de l’usine d’avions mais la compagnie aérienne poursuivit ses activités jusqu’à sa fusion dans la Deutsche Luft Hansa. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’usine AEG de Wildau développa un hélicoptère captif d’observation, à moteur électrique.

La crise et l'influence américaine[modifier | modifier le code]

Ruinée par la crise, la société dut céder en 1929-30 27,5% du capital au trust américain General Electric (GEC) pour 30 millions de Reichsmarks. Lors de l'assemblée générale d'AEG du 27 août 1929, Hermann Bücher dut défendre le projet face à ses actionnaires, insistant sur l'engagement de GEC de ne jamais posséder plus de 49 % du capital ; mais cet argument ne suscita que des moqueries, car tous savaient bien qu'il suffisait de 27,5 % de participations pour contrôler le groupe[4]. Le 12 octobre 1929, Carl Friedrich von Siemens tourna en dérision le rachat partiel d'AEG lors d'un discours au Reichstag, disant : « Plusieurs dirigeants d'AEG, autrefois si fière, faute de se sentir capables de maîtriser seuls la tempête, ont prématurément lâché le gouvernail et fait appel à des capitaines étrangers »[5].

La société renoue alors avec l'innovation en se lançant dans l'électroménager. En 1929, elle met sur le marché son premier réfrigérateur électrique et un fer à friser, puis présente, lors du Salon international de la Radio de Berlin, en 1935, le premier magnétophone, le K1. C'est dans les locaux de la Friedrichstraße 110–112 qu'au mois d'avril 1939, la Reichspost installera son quatrième studio de télévision.

Retour à la croissance et activité sous le Troisième Reich[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative dédiée aux Polonais victimes du travail forcé à Berlin Berlin-Gesundbrunnen (25, Allée Gustav-Meyer).

Lors de la rencontre privée entre Hitler et les industriels allemands[6] du 20 février 1933, AEG s'engage à subventionner le parti nazi à concurrence de 60 000 Reichsmarks et à participer, aux côtés d'autres industriels (Thyssen, IG Farben, Siemens), au réarmement de la nation. En 1935, AEG rachète Borsig, dont les ateliers de locomotives sont transférés à Hennigsdorf. En 1938, avec l'arrêt de sa branche automobile, AEG reconvertit les usines NAG de l'Ostendstrasse en Röhrenfabrik Oberspree (RFO), qui produira entre autre les canons à électrons pour les radars GEMA commandés par la Wehrmacht à Köpenick.

En 1940, AEG se partage le marché avec Siemens & Halske et les deux groupes dissolvent leurs filiales communes : Siemens reprend Osram et AEG, Telefunken. AEG emploie de la main d’œuvre déportée à Berlin à partir de 1939 : elle provient de Belgique, du Danemark, de France, des Pays-Bas, de Pologne et d’Union Soviétique[7]. Dès 1942, le groupe AEG emploie quelques 175 000 ouvriers, dont 35 % de déportés[8] (mais certains départements emploient jusqu'à 60 % de déportés). Au cours de l'hiver 1942-43, AEG employa beaucoup plus de déportés grâce à l'ouverture d'une annexe du camp de Sachsenhausen dans l'usine de Berlin-Köpenick[9].

Après la capitulation de 1945, Siemens & Halske obtiendra des Alliés l'autorisation de reprendre les brevets de Telefunken. L’Administration militaire soviétique en Allemagne (SMAD) confisquera, elle, l'usine de radars RFO, rebaptisée Oberspreewerk (OSW) entre 1945 et mai 1946. Devenue enfin Werk für Fernmeldewesen en juillet 1951, puis WF en 1960, elle reprendra ses activités de téléphonie et de télévision.

La marque AEG après dissolution du groupe[modifier | modifier le code]

Une motrice E 60 10.

Après le démembrement du groupe, la marque, de valeur, a poursuivi son parcours. C'est au groupe Electrolux qu'appartient la marque et celle-ci est exploitée par Electrolux et sous licence par de nombreuses sociétés[10]:

  • AEG Electrolux : électro-ménager
  • ITM Technology AG : électronique grand public sous marque AEG[11],[12].
  • AEG Elektrowerkzeuge : également appelé AEG-powertools est exploité par le groupe Honk-Kongais TTI[13],[14]
  • AEG Haustechnik : climatiseur et équipement de chauffage[15]
  • AEG Industrial : équipement électrique pour l'industrie[16].
  • AEG SVS Schweiss-Technik : machines-outil [17]
  • AEG Elektrofotografie : produits photoniques[18]
  • AEG Gesellschaft fur moderne Informationssysteme mbH (AEG-MIS) : systèmes LCD[19]
  • AEG ID : applications RFID (puces et lecteurs)[20]
  • AEG Power Solutions (anciennement Saft Power systems or AEG Power Supply Systems) : production d'onduleurs [21]
  • AEG-Telefunken (fin années 60 jusqu'au mlieu années 2000)
  • AEG Olympia AG (années 80 jusqu'au début années 90)

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.aeg-electrolux.fr/node182.asp
  2. AEG. Die kleine Chronologie bei sdtb.de, abgerufen am 19. Juni 2015
  3. D'après « Elektrische Untergrundbahn in Berlin. Eröffnung der Tunnelbahn der AEG zwischen dem Fabrikgelände in der Brunnenstraße und in der Ackerstraße. », Elektrotechnische Zeitschrift,‎ , p. 339.
  4. D'après Clemens Verenkotte, Das brüchige Bündnis. Amerikanische Anleihen und deutsche Industrie 1924–1934, Fribourg-en-Brisgau, , p. 295.
  5. D'après Eberhard Koebel-Tusk, AEG Energie – Profit – Verbrechen, Berlin, Verlag der Wirtschaft, , p. 114 : Manche Führer der einst so stolzen Elektrotechnik haben zu früh das Steuer aus der Hand gegeben und den fremden Lotsen an Bord gerufen, weil sie nicht glaubten, den Sturm selbst meistern zu können.
  6. Interview de Martin Blank par Paul Reusch, retranscrite dans (de) Dirk Stegmann, « Zum Verhältnis von Großindustrie und Nationalsozialismus 1930-1933: ein Beitrag zur Geschichte der sog. Machtergreifung », Archiv für Sozialgeschichte, vol. 13,‎ , p. 477-8 (lire en ligne)
  7. (de) Tania von Fransecky, « Zwangsarbeit in der Berliner Metallindustrie 1939 bis 1945 », sur Fondation Otto Brenner, (consulté le 17 août 2019)
  8. (de) « Zwangsarbeit im Nationalsozialismus - Geschichte im Überblick », sur Berliner Geschichtswerkstatt, (consulté le 17 août 2019)
  9. Cord Pagenstecher, Bernhard Bremberger et Gisela Wenzel, Zwangsarbeit in Berlin. Archivrecherchen, Nachweissuche und Entschädigung, Berlin, Metropol, (ISBN 978-3-938690-74-1)
  10. AEG Licensee Products aeg.com
  11. ITM Technology AG : About us aeg-itm.de
  12. Willkommen auf der Corporate Website der ITM Technology AG itm-technology.de
  13. AEG Elektrowerkzeuge aeg-pt.com
  14. http://www.ttigroup.com/en/our_brands/by_brand/aeg
  15. AEG Haustechnik aeg-haustechnik.de
  16. AEG Industrial engineering aeg-ibo.com
  17. AEG SVS Schweiss-Technik aeg-svs-schweisstechnik.de
  18. AEG Elektrofotografie aeg-photoconductor.de
  19. AEG-MIS aegmis.de
  20. AEG ID aegid.de
  21. AEG Power Solutions aegps.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]