Amarante (arbre)
l'appellation « Amarante » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Taxons concernés
Famille des Fabaceae
- Plusieurs espèces du genre Peltogyne incluant:
Le mot amarante désigne certaines espèces d'arbres du genre Peltogyne (famille des Caesalpiniaceae selon la classification classique, ou de celle des Fabaceae, sous-famille des Caesalpinioideae selon la classification phylogénétique). Ils sont originaires d'Amérique du Sud.
Il s'agit essentiellement de Peltogyne venosa et Peltogyne paniculata subsp. pubescens.
Description
[modifier | modifier le code]L'aire de répartition s'étend approximativement de l'isthme de Panama au centre du Brésil (São Paulo). Leur fréquence en forêt est assez faible. On les trouve surtout sur les terrains humides, en mélange avec d'autres essences, mais on les rencontre également sur les terrains accidentés où parfois ils sont abondants. L'amarante est une essence de lumière qui rejette bien de souche. Sous cette appellation, on commercialise plusieurs espèces dont les caractéristiques sont sensiblement identiques. Le volume brut des arbres de 60 cm et plus de diamètre, représente en Guyane, environ 1 à 1,5 m3/ha. Les approvisionnements peuvent donc être considérés comme limités, mais suffisants pour créer des courants commerciaux réguliers[1].
Bois
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L'amarante est un bois précieux violet aux veines peu apparentes, commercialisé sous le nom de bois violet (à ne pas confondre avec le « bois de violette » : dalbergia cearensis).
Le bois parfait d'amarante a une teinte caractéristique violette plus ou moins foncée. Sa couleur a tendance à foncer une fois le bois mis en œuvre, mais cette évolution est lente et demande plusieurs années. Au moment du sciage, le cœur fraîchement coupé est presque blanc, mais vire au violet très rapidement à la lumière. Peltogyne venosa a une teinte plus attrayante que celle du Peltogyne pankulata.
- L'aubier est bien différencié et de couleur rose pâle à blanc gris.
- Le grain est plutôt fin avec des pores assez petits.
- Le fil est généralement droit. On constate quelquefois, soit un fil très légèrement ondulé, soit un contre-fil très peu accentué.
- À la loupe (grossissement × 15) on peut observer :
- des vaisseaux (pores) en nombre inférieur à 10 par mm² (3 à 7) et moyens (120 à 210 micromètres) chez Peltogyne venosa, plus nombreux (13 à 20) et plus petits (80 micromètres environ) chez Peltogyne pankulata,
- du parenchyme de deux sortes : associé aux pores, souvent plus développé sur le côté centrifuge, courtement aliforme, parfois anastomosé et en lignes terminales,
- des rayons 3 à 5 sériés, au nombre de 4 à 6 par mm
Toxicité
[modifier | modifier le code]Utilisation
[modifier | modifier le code]L'amarante est utilisé en ébénisterie, lutherie, coutellerie ou encore en marqueterie sous forme de bois massif ou en placage.
Il était aussi utilisé sous l'ancien régime notamment en carrosserie[2], où cette couleur était très à la mode (on en peignait les bois de meubles, les chaises à porteurs, les carrosses), comme en témoigne Molière dans les femmes savantes :
« Trissotin.
Sur un carrosse de couleur amarante donné à une dame de ses amis.
Philaminte. Ces titres ont toujours quelque chose de rare.
Armande.À cent beaux traits d’esprit leur nouveauté prépare.
Trissotin.L’amour si chèrement m’a vendu son lien,
Bélise, Armande et Philaminte.Ah !
Trissotin.Qu’il m’en coûte déjà la moitié de mon bien ;
Et quand tu vois ce beau carrosse,
Où tant d’or se relève en bosse,
Qu’il étonne tout le pays,
Et fait pompeusement triompher ma Laïs…
Philaminte.Ah ! ma Laïs ! voilà de l’érudition.
Bélise.L’enveloppe est jolie, et vaut un million.
Trissotin.Et quand tu vois ce beau carrosse,
Où tant d’or se relève en bosse,
Qu’il étonne tout le pays,
Et fait pompeusement triompher ma Laïs,
Ne dis plus qu’il est amarante,
Dis plutôt qu’il est de ma rente. »
De même, dans son Essai sur l'histoire naturelle de la France equinoxiale, Pierre Barrère mentionne en 1741 un arbre pouvant correspondre au bois d'amarante :
« SPARTIUM arboreum, bifolium, ligno violaceo. Bois violet. On fait de ce bois des ameublements & pluſieurs beaux ouvrages de Marqueterie, dont le violet clair, tirant ſur le purpupurin, ſe ternit aiſément, ſi on n'a ſoin de le cirer de tems en tems. »
— Pierre Barrère, 1741[4].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Centre Technique Forestier, « Amarante », sur CIRAD, (consulté le )
- ↑ « Amarante », sur Meubliz (consulté le )
- ↑ Molière, Les femmes savantes, Édition Louandre, (lire en ligne)
- ↑ Pierre Barrère, Essai sur l'histoire naturelle de la France équinoxiale : ou Dénombrement des plantes, des animaux, & des minéraux, qui se trouvent dans l'isle de Cayenne, les isles de Remire, sur les côtes de la mer, & dans le continent de la Guyane : avec leurs noms différens, latins, françois, et indiens, et quelques observations sur leur usage dans la médecine & dans les arts, Paris, Piget, , 215 p. (lire en ligne), p. 105