Alexandre Legentil

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Alexandre Legentil
Biographie
Naissance
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Nationalité
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Père

Alexandre Félix Legentil, né le et mort le , est propriétaire des grands-magasins de tissus « Au Petit Saint-Thomas » au 33 rue du Bac à Paris et un des deux initiateurs du projet de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexandre Félix Legentil est le fils de Charles Legentil (1788-1855), propriétaire de filatures à Rouen et à Paris, régent de la Banque de France, pair de France sous la monarchie de Juillet et président de la Chambre de commerce de Paris, et de Stéphanie Sanson, fille de Joseph Sanson, directeur de la Compagnie des Indes, et sœur du régent de la Banque de France, Alexandre Sanson-Davillier.

Alexandre développe le grand-magasin « Au Petit Saint-Thomas » en innovant grâce à de nouvelles pratiques commerciales : politique de bas prix, articles très bon marché, prix fixes et affichés, vente par correspondance, expositions temporaires, soldes. Il a même l'idée d'installer dans les spacieuses galeries du magasin, un âne pour promener les enfants des clientes. Il emploiera un vendeuse, devenue ensuite célèbre : Marguerite Boucicaut. Il décide d'y offrir des articles des arts utiles et ceux des arts d'agrément, en cohérence avec son engagement humaniste et philanthropique, en respectant la valeur des individus.

Devenu président de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, il en assure la gestion jusqu'à à sa mort en 1889. Il récolte les fonds nécessaires pour acheter un vaste terrain et il y fait construire en 1856 salles de classe, salles de réunion, réfectoire et chapelle, bâtiments encore existants le long de l'église Saint-Vincent-de-Paul à Paris.

Vice-président de la Société philanthropique et propriétaire du "Petit-Château" à Saint-Ouen dit « château Necker » pour avoir appartenu au financier Jacques Necker, il épouse Marie, une des filles de Charles Marcotte d'Argenteuil. Cousins du peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres et de son épouse Delphine Ramel, Marie et Alexandre sont portraiturés en 1846 à la mine de plomb par l'artiste, représentés en fiancés en tenue de campagne au château du Poncelet, propriété des Marcotte d'Argenteuil aux environs de Meaux.

Secrétaire de l'Exposition universelle de 1855, il collabore en 1860 à l'élaboration du Traité du commerce avec l'Angleterre.

En 1862, Marie Legentil (1828-1920) fonde la Société d'enseignement professionnel des femmes afin de leur assurer formations artistiques et techniques. Elle n'a pas de postérité et se consacrera jusqu'à sa mort en 1920 tant à l'éducation sociale des jeunes femmes démunies, qu'aux enfants et petits-enfants de Henry Panckoucke, Philippe Marcotte de Quivières, Edme Bochet, Jacques-Raoul Tournouër, Jean-Louis Lacroix dit Lacroix de Niré.

Marie hérite du château familial de son grand-père Marcotte, le château de Larbroye près de Noyon, où Alexandre Legentil installera de nombreux souvenirs ainsi que sa bibliothèque. Cette demeure sera entièrement dévastée lors de la Première Guerre mondiale et nombre des souvenirs des Legentil y seront détruits.

À partir de 1866, il participe aux travaux de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale et en 1872, il offre son château de Saint-Ouen aux de Saint François de Sales, en se retirant à Larbroye près de Noyon, sur les terres Marcotte, où il installe sa bibliothèque. Il y mène une vie d'études en traduisant saint Thomas d'Aquin et Alphonse-Marie de Liguori.

Le Vœu national[modifier | modifier le code]

Le « Vœu national » est une confrérie patriotique et spirituelle dans le but de réaliser la consécration nationale de la France au Sacré-cœur.

Disciple de Frédéric Ozanam et réfugié à Poitiers durant l'occupation de Paris par les Prussiens en 1870, Alexandre lance le projet à Poitiers, en compagnie de son beau-frère Hubert Rohault de Fleury et avec le soutien du cardinal Pie, pour édifier la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre après la défaite franco-prussienne, le traumatisme patriotique de la perte de l’Alsace-Loraine et les ravages de la Commune de Paris. Les promoteurs de la construction font ensuite appel à l'Assemblée Nationale afin que l'église soit reconnue comme étant d'utilité publique. Après des débats houleux, la loi d’utilité publique est votée le 24 juillet 1873.

Le cœur d'Alexandre Legentil est déposé dans la crypte de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, encore présent aujourd'hui.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vie et œuvres de M. A Legentil - L'initiateur du Vœu National par le Père M. Bony, 1989
  • Le Sacré-cœur de Montmartre de 1870 à nos jours, par Jacques Benoist, 1992
  • Le Sacré-cœur des femmes de 1870 à 1960 par Jacques Benoist, 2000
  • Société de l'Histoire de l'Art Français : Lettres d'Ingres à Marcotte d'Argenteuil par Daniel Ternois, 2001
  • Archives Familles Panckoucke et Marcotte de Quivières
  • Metropolitan Museum of New-York : Portraits by Ingres - Image of an epoch
  • Die Bildniszeichnugnen von J.-A.-D. Ingres, par Hans Naef, 1977
  • Mémorial de famille, par Étienne Moreau-Nélaton, 1918