Société philanthropique

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Société philanthropique
Cadre
Forme juridique Association à but non lucratif reconnue d'utilité publique
Fondation
Fondation 1780
Fondateur Savalette de Langes, le vicomte de Tavannes, Lecamus de Pontcarré, Blin de Sainmore, de Saint-Martin, docteur Girard, docteur Jeanroy
Identité
Siège no 15 rue de Bellechasse, 75007 Paris
Structure Association reconnue d'utilité publique
Président Louis de Montferrand
Vice-président Étienne-Hugues de La Bigne
Vice-présidente Marie-Christine Tarneaud
Secrétaire Paul de Guigné
Trésorier Bertrand Hainguerlot
Site web societe-philanthropique.fr

La Société philanthropique est la plus ancienne société de bienfaisance non confessionnelle de France. Elle a été fondée en 1780 sous le patronage de Louis XVI et reconnue d'utilité publique en 1839 par Louis-Philippe.

Les fondateurs sont : Savalette de Langes, le vicomte de Tavannes, Lecamus de Pontcarré, Blin de Sainmore, de Saint-Martin, le docteur Girard et le docteur Jeanroy.

Elle gère aujourd’hui vingt établissements pour soutenir des personnes en difficultés. Ces établissements sont répartis dans cinq domaines d’activité : enfance, handicap, soin, logement, insertion et personnes âgées. Ils sont financés par les pouvoirs publics à environ 85% et fonctionnent en gestion propre pour les autres activités.

Historique[modifier | modifier le code]

Siège de la Société philanthropique, rue de Bellechasse à Paris.

En 1780, inspirées par les idées progressistes du Siècle des Lumières, sept personnes s’associent pour fonder la Société philanthropique. Ces membres fondateurs ont pour but d’aider leurs contemporains les plus démunis en veillant « à secourir par le concours de leur fortune ou de leur lumière, la vertu indigente et souffrante ». Une des originalités de la Société philanthropique est de constituer une société laïque, ouverte à tous les courants de pensée « sans distinction d’opinion et de croyance» et avec la volonté «de rendre toute sa dignité à la personne que l’existence a maltraitée »

Au cours de ses deux siècles d’existence, la Société philanthropique s'est adaptée aux nécessités de chaque époque tout en restant fidèle à l’idéal de générosité et de partage qui animait les fondateurs.

On peut distinguer dans son histoire trois grandes périodes : les débuts, l’essor, et le développement en partenariat avec les pouvoirs publics.

De 1780 à 1800[modifier | modifier le code]

Les premières actions de la Société philanthropique sont constituées par des aides directes auprès d’un public parisien parfaitement défini : octogénaires, parents de familles nombreuses, ouvriers victimes d'accident du travail, jeunes aveugles.

À ces secours s’ajoutent des actions qui vont contribuer à la rapide notoriété de l’association. L’ouverture avec Valentin Haüy, en 1785, de l’École de lecture pour jeunes aveugles, permet l’obtention de fonds considérables avec notamment une subvention royale et en 1789, la protection formelle du roi Louis XVI. Six ans après sa création, dès 1786, la Société philanthropique comptait déjà 500 associés.

Très rapidement, une organisation structurée se met en place. Diverses catégories de membres se constituent parmi lesquelles se forme un comité avec des officiers de la Société (un président, deux vice-présidents, un trésorier, neuf commissaires généraux et un rapporteur). Les commissaires généraux sont chargés de la distribution des secours dans les différents quartiers de Paris.

De 1800 à 1950[modifier | modifier le code]

Pendant cette période, les dirigeants montrent leur créativité, leur imagination et leur modernité. Ils inventent :

  • des soupes économiques (dès 1800) devenues rapidement des « fourneaux économiques » (préfigurant les Restos du cœur) ; 
  • des dispensaires qui assurent des soins aux adultes et des distributions de médicaments dès 1803 puis, à partir de 1883, des dispensaires spécifiquement dédiés aux enfants ;
  • des primes dites d’encouragement dès 1843 pour favoriser ou développer l’installation de jeunes ouvriers méritants et créer des ateliers ;
  • un soutien à la création de sociétés de secours mutuels et de prévoyances dès 1804 ;
  • des solutions d’hébergement : asiles de nuits pour femmes et enfants créés en 1879 puis asiles maternels, centres d’accouchements plus petits et plus hygiéniques favorisant la diminution de la mortalité des nouveaux nés (1870), premières habitations économiques (1889), ancêtres des HLM.

En 1839, la reconnaissance d’utilité publique vient renforcer la notoriété de l’association. Un décret de 1883 autorise la Société philanthropique à recevoir dons et legs. C’est à partir de cette époque que des dons provenant de grandes familles fortunées favorisent le développement de l’œuvre de la Société philanthropique : familles Heine, Stern, Roze, Goüin, Greffulhe, Brincard, Lebaudy, Delius-Andral, Gutierrez de Estrada…

Tous les membres de la Société philanthropique ont à cœur de s’impliquer fortement dans le fonctionnement de l’association. Ainsi dès le début du XIXe siècle, chaque membre de l’association reçoit des bons de fourneaux à distribuer aux nécessiteux pour bénéficier des soupes gratuites , ainsi que des cartes de dispensaires à remettre aux malades qu’ils désirent faire soigner.

Au début du XXe siècle, des membres éminents de la Société philanthropique consacrent beaucoup de temps à visiter les différents établissements et à organiser des manifestations, avec la participation très importante du Comité des dames qui contribue à recueillir des fonds.

Pour assurer le fonctionnement des établissements, la Société philanthropique fait appel en grande partie à des congrégations religieuses : les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, les Filles de la Sagesse, les Dominicaines de Monteils, les Filles de la Sainte Vierge, les Ursulines de Tours, les religieuses de l’Assomption, entre autres. 

Ce choix reflète les convictions religieuses et morales d’une grande majorité des membres de la Société philanthropique, mais s’explique aussi par des raisons économiques. En effet, les charges de personnel sont à cette époque intégralement supportées par les ressources propres de l’association.

De 1950 aux années 2000[modifier | modifier le code]

L’environnement dans lequel évolue la Société philanthropique depuis son origine est profondément bouleversé à l’issue de la Seconde Guerre mondiale avec la place de plus en plus prépondérante de l’État dans l’action sociale, de la création de la Sécurité sociale, et des règlementations devenues plus strictes. 

Ces bouleversements ont des répercussions importantes sur la place de l’association dans l’action sociale, sur les conditions de fonctionnement de ses établissements et même sur son dynamisme créatif.

Le départ progressif des congrégations religieuses et leur remplacement par du personnel laïc a entraîné un accroissement considérable des charges de personnel dans le budget de fonctionnement des établissements. De plus, la part croissante du financement par l’État des établissements conventionnés appartenant à la Société philanthropique impose à celle-ci des normes toujours plus importantes. D’un autre côté, le développement de la prise en charge par l’État des besoins sociaux, a conduit l’association à cesser certaines activités pour se consacrer aux domaines dans lesquels les besoins sont les plus importants.

Cette période correspond ainsi à la fin des fourneaux économiques (1961) et des asiles de nuit. De même, l’activité des dispensaires cesse progressivement, le relais étant pris par les hôpitaux publics.

À partir des années 2000, le partenariat de l’association avec les pouvoirs publics s’étend aux trois quarts environ de son activité. 

Entre 1950 et 1975, huit établissements sont créés avec des vocations toutes différentes : handicap, mères-enfants, maison de retraite, foyer d’étudiants. En même temps, s’amorce l’amélioration de l’accueil des publics dans les établissements les plus anciens.

Ce souci constant de la qualité du service rendu aux usagers, amène la Société philanthropique à rénover, reconstruire et améliorer ses lieux d’accueil : reconstruction d’immeubles plus fonctionnels, remise en état de locaux vétustes, installation d’ascenseurs, modernisation des bâtiments.

L’association reprend à cette époque les activités de deux associations : Foyer Saint Joseph et Asile de Drancy[1].

Cette longue et persévérante action d’adaptation relève bien des valeurs auxquelles se réfère la Société philanthropique : dignité de la personne, amélioration de la qualité de vie de tous, insertion dans la société de ceux que la vie a marginalisés.

L’association de nos jours[modifier | modifier le code]

Au cours des dix dernières années, l’association a développé la dimension transversale et participative entre établissements et conduit de nombreux projets de développement, de restructuration et de construction.

Ainsi en 2008, l’EHPAD Zemgor à Cormeilles-en-Parisis a intégré la Société philanthropique, établissement transféré en propriété et gestion par le Comité Zemgor. L’association a entrepris alors un chantier de démolition-reconstruction de 140 lits sur 200 en l’espace de quatre ans (2011-2015).

Par ailleurs la Maison d’enfants du 13e arrondissement de Paris, l’IME Ladoucette à Drancy, le Centre d’accueil de Cannes ont été complètement réhabilités et agrandis. Au sein de l’EHPAD de Châteauvieux un espace de vie protégé pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer a été créé en 2015.

L’association a par ailleurs conservé des activités fonctionnant sans le concours de financements publics : foyers d’étudiants et de jeunes actifs, résidences pour personnes âgées valides et immeubles.

Enfin, de nouveaux projets sont en préparation pour les années futures dans le but de rénover et adapter les établissements mais également d'étendre leurs capacités et d'y créer de nouvelles activités.

Le projet associatif[modifier | modifier le code]

L’association s’inscrit dans le champ de l’économie sociale et solidaire et dans une démarche d’utilité sociale.

Son action se décline dans un projet associatif voté en 2007. Ce projet « Horizon 2020 », sert de guide pour les actions de tous au sein de la Société philanthropique. Il vise à améliorer en permanence la qualité du service rendu aux personnes accueillies mais également à développer ou adapter ses activités soit dans ses établissements actuels, soit en en créant de nouveaux. Il est le signe tangible de la permanence de l’engagement et des actions de l’association.

Des objectifs ont été définis par domaine d’activité :

  • protection de l’enfance : améliorer l’accueil de parents et d’enfants en difficulté notamment en favorisant leur réinsertion et en développant le soutien parental ;
  • logement-insertion : adapter l’accueil et les prestations de nos établissements d’hébergement et créer de nouvelles structures de logement provisoire ou définitif pour les personnes les plus démunies ;
  • handicap : poursuivre les actions auprès des personnes en situation de handicap à toutes les étapes de leur vie en continuant à adapter nos établissements et en créant de nouvelles structures ;
  • soins adultes-enfants : développer des projets de prise en charge en renforçant des activités existantes ou en réalisant des prestations complémentaires ;
  • personnes âgées : faire face aux enjeux du vieillissement et de la dépendance de la population accueillie dans nos établissements et créer des solutions et des structures nouvelles pour faire face à leurs besoins, notamment en maintenant le lien intergénérationnel.

Par ailleurs, quatre axes sur l’amélioration de l'organisation et de son fonctionnement :

  • pilotage de l’association ;
  • dynamique transversale ;
  • équilibre financier ;
  • communication interne et externe.

Des priorités et des plans d’action sont définis puis évalués régulièrement, gage d’une réactivité et d’une adaptation permanente de l’association à son environnement.

L’association travaille actuellement sur son nouveau projet pour la période 2016-2020. Systématiquement la réflexion s’appuie sur une analyse de l’environnement : tendances de la société française dans l’action sociale, évolution des pouvoirs publics et du fonctionnement des associations dans l’action médico-sociale, évolution de la conjoncture économique et évolution des besoins des personnes en difficultés.

Présidents[modifier | modifier le code]

Établissements gérées par la Société philanthropique[modifier | modifier le code]

Protection de l’enfance[modifier | modifier le code]

  • Centre d’accueil parents-enfants : Villa Excelsior, no 9 avenue de la Californie, Cannes.
  • Maison de la mère et de l’enfant : no 44 rue Labat, Paris.
  • Abri temporaire d’enfants : no 35 avenue de Choisy, Paris.

Soin enfants-adulte[modifier | modifier le code]

Logement-insertion[modifier | modifier le code]

Handicap enfants-adultes[modifier | modifier le code]

  • Hôpital Goüin, no 2 rue Gaston Paymal, Clichy.
  • IEM Le château de Bailly, no 2 Grand'rue, Bailly.
  • Centre Médico-Psychologique, no 20 rue Championnet, Paris

Accueil de personnes âgées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Don de Mme de Ladoucette.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Vicomte d'Haussonville, Centenaire de la Société (1780-1880), Notice historique et rapport, Paris, 1880.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]