Akram Ojjeh

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Akram Ojjeh
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Akram Ojjeh (1918-1991) était un homme d’affaires, multi-milliardaire saoudien d’origine damascene. Sa troisième femme fut Nahed Ojjeh, fille du général Mustafa Tlass, ancien ministre syrien de la défense .

Akram Ojjeh a fondé dans les années 1970 le Groupe TAG, une société holding hautement diversifiée, dotée d’un capital social de $ 100 millions entièrement détenu à l'origine par lui-même, puis par ses deux fils aînés, Mansour Ojjeh et Aziz Ojjeh.

Ventes d'armes[modifier | modifier le code]

Il fut conseiller du ministre saoudien de la Défense, et joua un rôle d'intermédiaire dans de grands marchés d’armement, notamment entre la France et l’Arabie saoudite.

Comme Samir Traboulsi, les trois frères Al-Fayed (en) de Londres, et Adnan Kashoggi, Akram Ojjeh fit partie des intermédiaires qui bâtirent des fortunes colossales dans les années 1970-1980 en s'installant opportunément à la croisée de la diplomatie, du « renseignement » et des affaires.

Les groupes français Thomson-CSF, Matra, Dassault passèrent par Akram Ojjeh pour tous leurs gros contrats d'armement, au centre du système de recyclage des pétrodollars. Ainsi, au début des années 1970, Akram Ojjeh signa avec Hugues de l'Estoile, alors directeur de l'armement, un accord réservant une commission de 7 % chacun sur toutes les ventes d'armement de Paris à Riyad. La SOFRESA (Société française d'exportation de systèmes avancés), une émanation de la DGA (Délégation générale pour l'Armement) dont le siège social est à Saint-Cloud, reversait à Akram Ojjeh de confortables commissions à hauteur au moins de 7 % du montant des contrats signés entre l'Arabie saoudite et la France.

Akram Ojjeh est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1950, sous Vincent Auriol. Il fut promu officier de la Légion d'honneur en 1974 par Valéry Giscard d'Estaing, puis commandeur par Charles Hernu, en 1983.

Akram Ojjeh avait pour principale structure d'investissement le groupe TAG, acronyme de Techniques d'avant garde, fondé en 1975 en Suisse et au Luxembourg. Propriété aujourd'hui de ses héritiers, le groupe TAG est notamment propriétaire de 15 % du capital de l'écurie de Formule 1 McLaren.

Paquebot France[modifier | modifier le code]

Akram Ojjeh fut propriétaire du paquebot France, acheté le 24 octobre 1977 pour 80 millions de francs et revendu le 25 juin 1979 à l'armateur norvégien Knut Ulstein Kolster, propriétaire de la société Norwegian Caribbean Lines , pour 77 millions de francs. Il fut aussi propriétaire d'une version du tableau de Fragonard Le Verrou.

Domiciles parisiens[modifier | modifier le code]

Quand il ne sillonnait pas le monde à bord de l'un de ses x Boeing 707[1],[2] aux couleurs blanche et verte du Groupe TAG, Akram Ojjeh aimait à séjourner dans la capitale française. Il y possédait en effet un penthouse au n° 33 de l'avenue Foch[3], un immeuble de style néoclassique au n° 1 de la rue Le Tasse[4], avec vue panoramique sur la Tour Eiffel ainsi qu'un hôtel particulier de 3 000 m2 au n° 11 de la place des États-Unis[5],[6], ayant appartenu auparavant au célèbre couple de mécènes formé par Charles et Marie-Laure de Noailles. Cet hôtel particulier fastueux, aujourd'hui siège commercial de la Cristallerie Baccarat et adresse courue des gastronomes pour son fameux Restaurant Cristal Room[7], servait d'écrin à Akram Ojjeh pour y abriter sa prestigieuse collection de mobilier XVIIIe siècle et de tableaux de maître, dispersée en 1999 par la Maison Christie's[8],[9], au profit de sa veuve Nahed Ojjeh.

Akram Ojjeh a succombé à une crise cardiaque au matin du 28 octobre 1991, en son domicile de la place des États-Unis, à Paris. Il repose depuis au Cimetière nouveau de Neuilly-sur-Seine (92), sis sur la commune de Nanterre.

Références[modifier | modifier le code]

  • Ariane Chemin, « Les dîners de madame Ojjeh », dans Le Monde, 3 octobre 2006
  1. « Boeing 707-138B du Groupe TAG d'Akram Ojjeh immatriculé N108BN | Racheté par John Travolta et réimmatriculé N707JT | Aéroport international de San Francisco (USA) | Juillet 1978 | Cliché par Michael Haywood », Airliners.net, Juillet 1978.
  2. « En balade avec l'émir saoudien | Flotte d'avions du Trans Arabian Group, autre signification possible de l'acronyme "TAG" | Boeing 707 d'Akram Ojjeh (N108BN) racheté par John Travolta (N707JT) », Le Parisien, 21 décembre 2014.
  3. Vanina Prélat L'Hermitier et Jean-Baptiste Roques, « Splendeurs et misères de l'avenue Foch », Vanity Fair n°38, août 2016, pages 96-103.
  4. « Hôtel Luis de Errazu, sis au n° 1 rue Le Tasse à Paris 16e | Hôtel particulier dessiné par l'architecte français Walter-André Destailleur (1867-1940) »
  5. « Hôtel Bischoffsheim, 11 place des États-Unis à Paris 16e | Hôtel néo-Louis XIV construit en 1895 par l'architecte Paul-Ernest Sanson pour le banquier Ferdinand Bischoffsheim, grand-père de la vicomtesse Marie-Laure de Noailles. »
  6. « Hôtel Bischoffsheim, 11 place des États-Unis à Paris 16e | Ancienne résidence supposée (non attestée ; controverse possible) du président Wilson, 28e président des États-Unis d'Amérique (1913-1921), lors de ses séjours à Paris pendant la Première Guerre mondiale. »
  7. « Restaurant Cristal Room Baccarat Paris 16e | Design : Philippe Starck | Carte confiée au grand chef étoilé Guy Martin »
  8. « La collection Akram Ojjeh en vente chez Christie's | Par JUDITH BENHAMOU-HUET », Les Echos, 22 octobre 1999.
  9. « Les trésors du milliardaire : les collections du défunt Akram Ojjeh seront vendues aux enchères. | Par Vincent Noce », Libération, 1 septembre 1999.

Voir aussi[modifier | modifier le code]