Adnan Khashoggi

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Adnan Khashoggi
AdnanKhashoggi06.JPG
Adnan Khashoggi à Deauville dans les années 1980.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 81 ans)
LambethVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
عدنان خاشقجيVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Marchand d'armes, homme d'affairesVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Muhammad Khashoggi (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Samira Khashoggi (en)
Soheir Khashoggi (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Autres informations
Propriétaire de
Religion

Adnan Mohammed Khashoggi, né le à La Mecque (Arabie saoudite) et mort le à Lambeth (Grand Londres, Royaume-Uni), est un homme d'affaires saoudien.

Il était considéré comme l'homme le plus riche dans le monde avec une fortune estimée de 4 milliards de dollars au début des années 1980[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît dans une famille d'origine ottomane de Kayseri. Proche des Saoud, Adnan Mohammed Khashoggi bénéficie de l'appui de son père, médecin personnel du roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, le fondateur de l'Arabie saoudite. Après des études aux États-Unis, à Chico en Californie, il fait sa première affaire en tant qu'intermédiaire auprès de Kenworth, fabricant de camions aux États-Unis.

Khashoggi fait la connaissance en Égypte de Mohamed Al-Fayed, qui avait rencontré sa sœur Samira sur une plage d'Alexandrie[2]. Al-Fayed et Samira se marieront en 1954 (Adnan a alors 19 ans) ; de cette union naîtra un fils, Dodi Al-Fayed. Khashoggi emploiera Mohamed Al-Fayed dans son affaire d'importation en Arabie saoudite.

Durant les années 1960, Adnan Khashoggi, que le monde financier surnommera plus tard « AK », se contente de favoriser les relations entre l'Orient et l'Occident, par l'entregent qu'il possède dans les milieux financiers de plusieurs pays arabes. En 1963, la nomination de Sheikh Ahmed Zaki Yamani en tant que ministre du Pétrole d'Arabie saoudite, permet à Khashoggi une ascension rapide. De simple intermédiaire, il devient désormais représentant officiel des industriels de l'armement Northrop Grumman, Chrysler, Raytheon, Lockheed pour les pays arabes.

La création de Triad Group en 1973, impose Khashoggi comme le dirigeant du plus important consortium multinational du monde arabe. Son entregent se développe aux États-Unis où, sous l'impulsion de Morton Mc Leod, intervenant politique auprès de Washington, et de Stephen H Lockton, premier gestionnaire des fonds de pension américains, Khashoggi s'installe au Waldorf Astoria et acquiert, au nom de son groupe, des participations majoritaires dans de nombreuses sociétés agricoles et industrielles sur le territoire des États-Unis. Avec l'appui des politiques américains, il obtient un visa permanent en 1975 et déclare déjà à l'IRS 45 millions de dollars de commissions pour la seule année 1976.

S'entourant d'hommes d'affaires inconnus à l'époque, comme Samir Traboulsi ou Akram Ojjeh, il étend son influence à l'Europe où, pendant près de dix ans, il va tisser des liens importants avec les industriels et politiciens du monde entier. Aux États-Unis ses relations avec le Carlyle Group et ses participations financières dans des sociétés mondialement connues (Union Carbide, Lloyds TSB, Bank of California) participent à sa notoriété. Ses commissions — 34 millions de dollars pour le marché des égouts irakiens[réf. nécessaire], 30 millions pour avoir facilité l'implantation de l'avion Mirage III [réf. nécessaire] — mais aussi ses dépenses importantes, le font connaître en France dans les années 1980.

Son fondé de pouvoir parisien, Christophe de Cagny, lui présente le jeune Kenzo Takada. Khashoggi, séduit par les dessins du styliste, installe le couturier rue du Faubourg-Saint-Honoré où le prêt de 800 m2 facilite la médiatisation de Kenzo.

Effondrement du Triad Group[modifier | modifier le code]

L'effondrement du consortium, essentiel à la carrière de Khashoggi, est lié à différentes déconvenues.

En 1985, Mohamed Al-Fayed se brouille avec Khashoggi pour une affaire d’importation de 5 000 ambulances à destination des émirats. D'autres collaborateurs importants quitteront également le groupe. Khashoggi est également contraint d'abandonner un contrat d’uranium au profit des États-Unis. Le sultan de Bruneï ralentit ses relations et lui préfère d'autres intermédiaires moins onéreux. Enfin, plusieurs de ses secrétaires font cavalier seul dans d'importantes affaires d'armement.

L’explosion en 1986 de la navette spatiale Challenger pèse sur le groupe, une partie du matériel détruit ayant été assuré par une compagnie d'assurances liée à Khashoggi. La revente à perte des très nombreux actifs immobiliers espagnols suite à l’effondrement du consortium immobilier de Marbella accable encore le consortium.

En 2003, un journaliste, Seymour Hersh dénonce une entrevue entre Khashoggi et Richard Perle, lequel a été nommé président de la commission de la politique de défense par le président George W. Bush. L'entrevue a trait à la guerre en Irak mais aussi à un trafic d'influence dont Hersh accuse Perle ; celui-ci démissionne de son poste à la direction de la commission, tout en en restant membre[3].

Suite à une transaction avec Ferdinand et Imelda Marcos, Khashoggi se retrouve accusé comme eux de détournement de fonds, suite à l'achat à New York d'appartements pour l'ex-dictateur par l'intermédiaire de Khashoggi. Tous trois sont acquittés en 1990[4]. Khashoggi doit faire face à d'autres poursuites pénales en 2005, de la part de deux de ses anciens associés et partenaires, El Assir et Samir Traboulsi, ce dernier étant impliqué dans diverses affaires politico-financières nébuleuses impliquant de nombreux intervenants français dans l’affaire Pechiney-Triangle et privant ainsi Khashoggi de certains circuits locaux[5].

Ses déboires politico-financiers feront couler beaucoup d'encre dans les années 1990, notamment sa débâcle financière après la construction du Triad Center (en), complexe immobilier de dix hectares d'une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars en plein centre de la ville des Mormons Salt Lake City.

Il prend une discrète retraite à Monaco, et meurt le 6 juin 2017 au St Thomas' Hospital à Londres, à l'âge de 81 ans[6].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Adnan Khashoggi a eu de nombreux enfants issus de plusieurs mariages. Il a notamment eu cinq enfants avec sa première épouse, Sandra Daly[7] : Nabila, Mohammed, Khalid, Hussein et Omar.

Il est l'oncle de Jamal Khashoggi (journaliste saoudien assassiné au consulat d'Arabie saoudite en Turquie)[8],[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en-GB) David Leigh et Rob Evans, « Adnan Khashoggi », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  2. (en) « Holy war at Harrods », Vanity Fair, septembre 1995, p. 8, sur guardianlies.com
  3. (en) Seymour M. Hersh, « Lunch With the Chairman », New Yorker,‎ (lire en ligne)
  4. Alain Lallemand, « Imelda Marcos acquittee par le tribunal federal de New York », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  5. « Le carnet d’or de Samir Traboulsi », Jacques Follorou, Le Monde, sur algerie-dz.com, 1er mai 2005
  6. (it) « Morto il miliardario Khashoggi: icona di lusso e ricchezza negli anni '80 », Rai News, 6 juin 2017.
  7. « Former billionaire's wife Soraya Khasgoggi's modest life as a flower-seller », Mail Online,‎ (lire en ligne)
  8. VOA News, « Who is Jamal Khashoggi? », sur VOA News (consulté le 13 octobre 2018)
  9. Il est très probable que le journaliste ait été assassiné. Il faut attendre la conclusion des enquêtes - turques et US entre autres - pour en avoir la certitude

Liens externes[modifier | modifier le code]