Abbaye de Psalmodie

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Abbaye de Psalmody
Image illustrative de l'article Abbaye de Psalmodie
Ruines de l'abbaye de Psalmody au début du XXe siècle
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Début de la construction Ve siècle
Fin des travaux XIIe siècle
Style dominant Roman
Protection Logo monument historique Classé MH (1984)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Gard
Ville Saint-Laurent-d'Aigouze
Coordonnées 43° 36′ 15″ nord, 4° 12′ 56″ est

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Abbaye de Psalmody

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Abbaye de Psalmody

L'abbaye de Psalmody, également orthographiée Psalmodi ou Psalmodie, était une abbaye bénédictine extrêmement influente au Moyen Âge, dont les ruines sont situées aux alentours de Saint-Laurent-d'Aigouze dans le département français du Gard et la région Languedoc-Roussillon.

Son histoire est connue par son cartulaire, reconstitué au XVIIIe siècle par Noël Loys, un homme de loi de Nîmes[1]. Les plus anciennes de ces chartes, présentées par les moines comme remontant à la fin du VIIIe siècle, sont aujourd’hui reconnues comme des faux[2]. L’abbaye, probablement fondée au VIIe siècle, s’est développée grâce aux dons jusqu’à jouir d’un patrimoine considérable dans tout le sud de la France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sceau de l'abbaye de Psalmodi en 1317

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Psalmody fut fondée au VIIe siècle par les moines de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, dont le but était peut-être de profiter d’un emplacement favorable à l’installation de pêcheries sur le Rhône et de salins dans les marais du delta[1]. Les moines la construisent sur une petite éminence qui domine les marais environnants.

L’abbaye jouit de la faveur des empereurs successifs : en 816, Louis le Débonnaire lui accorde sa protection, et en 851, Charles le Chauve lui octroie quelques privilèges. À tout cela s’ajoute l’acte de 791, par lequel Charlemagne confirme les possessions de l’abbaye ; bien que cette charte soit fausse, et fabriquée à la fin du Xe siècle ou au siècle suivant, elle est considérée comme authentique à cette époque et augmente donc le prestige de l’abbaye[2].

En 908, les moines fuient l’abbaye pour se protéger des raids des Sarrasins, qui ravagent l’abbaye[2]. Dès le début du Xe siècle, des marais salants appartenant aux moines sont signalés[2] dont la production est commercialisée par voie fluviale à partir des deux petits ports de l’abbaye, Notre-Dame-des-Ports sur l’Agual Mort et Conse-Haute[3].

Bas Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1004, une assemblée de moines, de clercs et de chevaliers a lieu et décide la reconstruction de l’abbaye, en même temps qu’elle reçoit sa première possession outre-Rhône[4].

De 1052 à 1096, l’abbaye perd son autonomie et est dirigée par l’abbaye Saint-Victor[5]. Elle prit une importance considérable, jusqu'à dépendre directement de Rome.[réf. nécessaire] Ses moines la firent rayonner à travers toute la région, notamment grâce au commerce du sel. L'abbaye connut son apogée au XIIe siècle. En 1248, elle vend son port de Notre-Dame-des-Ports sur l’Agual Mort au roi de France, Saint-Louis, qui y construit Aigues-Mortes[3].

À partir du XVe siècle, l’abbaye décline.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

En 1537, l’abbaye est sécularisée, les moines se réfugient à la collégiale Notre-Dame de la Salvat. La plus grande partie de ses biens fut attribuée aux évêchés, quelques prieurés allant à la collégiale[6]. Abandonnée, elle tombe peu à peu en ruines, avant d’être incendiée en 1701, durant la guerre des Camisards par Catinat.

Sous la Révolution française, ses biens sont déclarés biens nationaux et vendus.

Aujourd'hui, seules quelques ruines éparses subsistent de l'édifice[7].

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

  • 762-815 : Corbilien
  • 815-840 : Théodemir
  • 840-886 : Thibaud
  • 886-909 : Witard I
  • 909-9?? : Raimbaud
  • 993-99? : Garnier **
  • 9??-997 : Bermond
  • 997-1004 : Witard II
  • 1004-1054 : Warnier
  • 1054-1071 : Raymond I
  • 1071-1076 : Guillaume I Philaud
  • 1076-1082 : Bérenger
  • 1082-1084 : Arnaud I
  • 1084-1085 : Pierre I
  • 1085-1086 : Guillaume II
  • 1086-1097 : Arnaud II
  • 1097-1115 : Foulques I
  • 1115-1117 : Pierre II
  • 1117-1141 : Bertrand
  • 1141-1155 : Pierre III
  • 1155-1174 : Guillaume III
  • 1174-1180 : Pierre IV d’Uzès
  • 1180-1185 : Guillaume IV
  • 1185-1190 : Foulques II
  • 1190-1198 : Guillaume V
  • 1198-1203 : Aldebert
  • 1203-1203 : Raymond II
  • 1203-1220 : Bernard I de Génerac
  • 1220-1226 : Raymond III
  • 1226-1243 : Pons
  • 1243-1248 : Guillaume VI
  • 1248-1249 : Raymond IV
  • 1249-1257 : Guillaume VII Catel
  • 1257-1272 : Géraud de Bruguières
  • 1272-1275 : Bernard II de Nages
  • 1275-1316 : Pierre V
  • 1316-1317 : Pierre VI Bedos
  • 1317-1319 : Raymond V Bernard
  • 1319-1320 : Arnaud III
  • 1320-1330 : Frédol
  • 1330-1332 : Gaillard
  • 1332-1352 : Raymond VI de Sérignac
  • 1352-1362 : Gaucelme de Déaux
  • 1362-1364 : Raymond VII
  • 1364-1368 : Guillaume VIII Columbi
  • 1368-1401 : Pierre VII de Lascarri
  • 1401-1415 : Aymeric des Gardies
  • 1415-1438 : Arnaud IV de Saint-Félix (1)
  • 1438-1439 : Pierre VIII de Narbonne de Talairan
  • 1439-1462 : Arnaud IV de Saint-Félix (2)
  • 1462-1484 : Guillaume IX de Saint-Félix
  • 1484-1508 : Guy Lauret
  • 1508-1511 : Jacques Fournier de Beaune-Semblançay
  • 1511-1523 : Martin Fournier de Beaune-Semblançay
  • 1523-1529 : Jérôme de Canosse
  • 1529-1532 : Louis I de Canosse
  • 1532-1536 : Renaud de Marigny
  • 1536-1540 : Jean I deLuxembourg-Brienne
  • 1540-1571 : Barnabé de Fayolles
  • 1571-1590 : François I de Fayolles
  • 1590-1606 : Jean II de Fayolles
  • 1606-1618 : Marc de Calvière de Saint-Césaire
  • 1618-1632 : Jean III de Calvière de Saint-Césaire
  • 1632-1646 : François II de Calvière de Saint-Césaire
  • 1646-1656 : Antoine de Calvière de Saint-Césaire
  • 1656-1690 : Louis II de Calvière de Saint-Césaire
  • 1690-1712 : François III Chevalier de Saulx
  • 1713-1719 : Louis III François-Gabriel de Hénin-Liétard
  • 1719-1744 : Charles de Bannes d’Avejan
  • 1744-1755 : Louis IV François de Vivet de Montclus
  • 1755-1776 : Jean-Louis du Buisson de Beauteville
  • 1776-1784 : Pierre V Marie-Magdeleine Cortois de Balore
  • 1784-1791 : cardinal Louis V François de Bausset-Roquefort

Source : Gallia Christiana

** Source: De Manteyer Georges, pp. 101-102, doc. n. LXXXVIII.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Christiane Boekholt, « Les prieurés de Psalmody en Provence », Chroniques de Haute-Provence, Revue de la Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, 2012, n° 369, 132e année, p. 73. ISSN 0240-4672.
  2. a, b, c et d Boekholt, op. cit., p. 74
  3. a et b Patricia Payn-Echalier, « Entre fleuve et mer, le port d'Arles et le delta du Rhône (XVIe-XVIIIe siècle) », Rives méditerranéennes 1/2010 (n° 35), p. 29-44.
  4. Boekholt, op. cit., p. 75
  5. Boekholt, op. cit., p. 78
  6. Boekholt, op. cit., p. 83
  7. « Photographie montrant les ruines de l'abbaye de Psalmodie », sur Encyclopédie-universelle.com

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Clébert, Guide de la Provence mystérieuse, Éd. Tchou, Paris, 1972
  • Cédric Bonato, Aux origines de Psalmodie (mémoire de maîtrise), Aix-en-Provence, Université d'Aix-Marseille,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Georges Rival, Psalmody, Histoire de l'abbaye de Psalmodi, Nemausensis.com (1re publication en 1937)