Université d'Alger

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Université d'Alger
Image illustrative de l'article Université d'Alger
Nom original جــامــــــعة الجـــــــزائر بن يوسف بن خـدة
Informations
Fondation 1909
Type Université publique
Localisation
Coordonnées 36° 46′ 15″ N 3° 03′ 20″ E / 36.770792, 3.055421 ()36° 46′ 15″ Nord 3° 03′ 20″ Est / 36.770792, 3.055421 ()  
Ville Alger
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Direction
Président Tahar Hadjar
Chiffres clés
Étudiants 100 827
Divers
Site web www.univ-alger.dz/

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Université d'Alger

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L'université d'Alger Benyoucef Benkhedda (arabe : جــامــــــعة الجـــــــزائر بن يوسف بن خـدة) est une université algérienne se trouvant dans la capitale Alger. Première université algérienne, fondée en 1909, elle regroupe aujourd'hui sept facultés.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'université d'Alger tire son origine d'une série de créations, dans la seconde moitié du XIXe siècle. Le gouvernement général colonial avait proposé l’enseignement bilingue des trois medersas officielles, fondées en 1850 pour former le personnel musulman du culte, de la justice et de l’administration. Puis créé la division supérieure de la medersa d’Alger (qui sera transformée en 1946 en Institut d’Études Supérieures Islamiques). Une étape importante, dans le cadre de la grande réforme universitaire de la IIIe République française, fut la loi de 1879 qui créa quatre Écoles Supérieures spécialisées à Alger : médecine, pharmacie, sciences, lettres et droit.

La transformation de ces quatre Écoles Supérieures en Université à part entière, par la loi du 30 décembre 1909, permet aux étudiants de poursuivre à Alger des études supérieures complètes jusqu’au doctorat. L’Université d'Alger, l'une des 16 universités régionales françaises, répond à la fois à la volonté républicaine d'élévation du niveau de formation et à la politique coloniale : "Donner un enseignement à tous les enfants des nations qui contribuent au peuplement de l'Algérie". En fait les exigences de la colonisation accordent à un nombre très limité d'Algériens musulmans d'entrer à l'Université, notamment pour fournir des cadres intermédiaires à la colonisation – tout comme dans l'armée française qui forme des officiers subalternes "indigènes" (le terme "indigène" signifiant simplement "de souche locale".

Sur le plan démographique, l'université d'Alger accueille une trentaine d'étudiants "indigènes algériens" en 1914 (sur un effectif total d'environ 500), et une centaine par an de 1930 à 1939. Un nombre plus grand commence ou continue ses études supérieures en France métropolitaine, notamment à Paris (une trentaine en 1930, une cinquantaine en 1935), ou dans d’autres universités comme Montpellier et Toulouse. L'université d'Alger est attractive, accueille des enseignants et des chercheurs de haut niveau, crée progressivement des laboratoires scientifiques, des bibliothèques et des instituts spécialisés. S'y ajoutent des écoles techniques comme l'École d’ingénieurs des travaux publics d’Alger en 1926. Comme les autres universités, celle d'Alger possède ses particularités liées à son environnement (études du droit musulman, de la langue arabe, géographie, etc.), qui témoignent aussi de la conscience qu'ont les universitaires de se trouver, en Algérie, à l'interface du monde européen et de la vaste civilisation arabo-musulmane.

Sur le plan syndical, l’AEMAN (Association des Étudiants de l’Afrique du Nord) est fondée en mars 1919. Ses deux premiers présidents, Belkacem Benhabylès et Mahdi Salah, devenus citoyens français, feront de brillantes carrières dans la magistrature française. En 1925, l’AEMAN devient une filiale autonome de sa rivale l’AGEA (dominée par les étudiants européens) et participe par l’intermédiaire de celle-ci à l’UNEF (Union Nationale des Étudiants de France). Cinq années de cordiale coopération aboutissent en 1930 à l’élection de Ferhat Abbas, président de l’AEMAN, à la vice présidence de l’UNEF.

L'installation du gouvernement français libre à Alger en 1943 et l'admission parmi les citoyens français de quelque 65.000 musulmans par le général De Gaulle donnent une importance nouvelle à l’Université d’Alger : elle est pendant deux ans l’Université de la capitale de la France. En 1945-1946, les étudiants musulmans d’Alger sont 360 (sur un effectif total d'environ 5000), ceux de Paris plus de 350, dont une centaine d’Algériens. En 1955-56, ces chiffres passent à 500 à Alger (11,4 % du total), 300 à Paris, au total plus de 1 400 étudiants musulmans algériens sur l'ensemble des territoires français. En 1961, les étudiants algériens se répartissent en trois groupes approximativement égaux : près d'un millier restés à l’Université d’Alger (18 % du total), un autre millier en France, un troisième dispersé en plusieurs pays. Leur croissance, à l’Université d’Alger, a été nettement plus rapide que celle des étudiants d'origine européenne au cours des années 1950 : on tendait vers une représentation enfin proportionnelle à l'ensemble des populations vivant sur le sol algérien.

Le 6 juin 1962, l'Organisation armée secrète (OAS) mit le feu dans les bâtiments de la Bibliothèque universitaire, détruisant la presque totalité du bâtiment et quelque 300 000 ouvrages furent la proie des flammes[1]. Elle fut reconstruite après 4 années de travaux et a rouvert ses portes le 12 avril 1968. Jusqu'à ce jour, les fonds détruits n'ont pu être reconstitués.(Voir http://bu.univ-alger.dz)

Après l'indépendance de l'Algérie, l'université s'est beaucoup redéveloppée, y compris avec l'aide de coopérants français (souvent d'anciens militants anti-colonialistes). La réforme de l'enseignement supérieur de 1971, entreprise par le gouvernement algérien, supprime (comme en France à la même époque) le système des Facultés et réunit les différentes disciplines par affinités, dans le cadre de Départements et d’Instituts. La réforme décrète l’arabisation progressive des disciplines, à commencer par certains enseignements des sciences sociales (dans un premier stade, la philosophie et l’histoire).

L'université d'Alger.

Organisation[modifier | modifier le code]

L'université d'Alger se composait de sept facultés :

  • Faculté de droit (à Ben Aknoun et bientôt au quartier de Said Hamdine).
  • Faculté des sciences économiques, des sciences commerciales et des sciences de gestion (à Dely Ibrahim).
  • Faculté de médecine regroupant trois départements : médecine, pharmacie et chirurgie dentaire (située au niveau de Alger-Centre - l'ancienne bâtisse de l'université d'Alger - en plus de deux annexes, une à Dergana (Bordj El Kiffan) et l'autre à la Perrine (Sidi M'hamed), et bientôt la nouvelle faculté sera inaugurée à Château-neuf (Ben Aknoun)).
  • Faculté des sciences sociales et humaines (Bouzareah).
  • Faculté des sciences politiques et de la communication (Beni Messous et Ben Aknoun).
  • Faculté des lettres et langues (Alger-Centre et Bouzareah).
  • Faculté des sciences islamiques de Kharouba (El Magharia).

En 2009, l'université d'Alger a été subdivisée en 3 universités affiliées, comme suit :

  • l'université d'Alger I, constituée des facultés de médecine, de droit et des sciences islamiques ;
  • l'université d'Alger II, qui regroupe la faculté des sciences sociales et humaines, la faculté des lettres et des langues, l’Institut d'Interprétariat (Traduction), ainsi que l'Institut d'Archéologie situé à Sidi Abdellah (commune de Mahelma) ;
  • et l'université d'Alger III, qui regroupe la faculté des sciences économiques, des sciences commerciales et des sciences de gestion, la faculté des sciences politiques et de l'information, ainsi que l’Institut d’éducation physique et sportive (annexe situé à Sidi Abdellah).

Étudiants et professeurs de renom[modifier | modifier le code]

  • Ahmed Benbitour, homme politique algérien, chef du gouvernement algérien entre le 23 décembre 1999 et le 26 août 2000

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]