Shulamith Firestone

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Shulamith Firestone, née en 1945, et morte le 28 août 2012[1], est une féministe radicale canadienne. Membre fondatrice des New York Radical Women (en), des Redstockings (en) et des New York Radical Feminists (en), elle est l'une des figures centrales du mouvement féministe radical. Firestone a publié, en 1970, The Dialectic of Sex: The Case for Feminist Revolution.

Biographie[modifier | modifier le code]

Shulamith Firestone est née à Ottawa, au Canada, dans une famille juive à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est l'aînée du rabbin Tirzah Firestone (en). Elle fit ses études au Telshe Yeshiva (en), à l'Université de Washington et à l'Institut des Arts de Chicago (en), où elle obtint un diplôme en peinture (Bachelor of Fine Arts, BFA). Elle fut à l'époque filmée pour un documentaire jamais diffusé, mais qui fut retrouvé dans les années 1990 par une cinéaste expérimentale, Elisabeth Subrin (en), qui réalisa par la suite Shulie (1997), où une jeune actrice joue le rôle de Firestone.

À Chicago, Shulamith organisa le Westside Group avec Jo Freeman, qui précéda l'Union de Libération des femmes de Chicago (en). Elle s'installa à New York en octobre 1967, où elle participa à la fondation des New York Radical Women (en) (NYRW). À partir de 1969, NYRW se divisa entre les politicos (ou féministes socialistes) et les féministes radicales, dont faisait partie Shulamith Firestone. À la dissolution de NYRW, Firestone et Ellen Willis (en) fondèrent le groupe féministe radical Redstockings (en), en février 1969, nommé en référence aux Bluestockings, les intellectuelles femmes des siècles précédents. À la fin 1969, Firestone, attaqué sur son mode de direction du groupe, quitta le collectif pour cofonder les New York Radical Feminists (en), avec qui elle rompit en 1970, pour des motifs similaires.

Lorsqu'elle publia La Dialectique du sexe, en 1970, Firestone avait déjà largement cessé de militer. Elle se consacrait essentiellement à écrire des nouvelles, qui furent publiées en 1998 sous le nom d' Airless Spaces. Son œuvre majeure, La Dialectique du sexe, continue à influencer le mouvement féministe et à être largement cité, entre autres par Kathleen Hanna.

La Dialectique du sexe[modifier | modifier le code]

Dans ce livre, Shulamith Firestone tente une synthèse d'idées hétérogènes, sorte de version féministe du freudo-marxisme. Elle utilise ainsi les idées de Karl Marx et Engels, Freud et Reich, et de Simone de Beauvoir (Le Deuxième sexe, 1949) pour élaborer sa propre théorie féministe, qui influença largement la deuxième vague du féminisme aux États-Unis (en).

Optimiste quant à l'utilisation de la technologie et lectrice de Daniel Bell (Vers la société post-industrielle, 1973) et d'Alvin Toffler, Firestone préconisait l'usage de celle-ci afin de se libérer des inégalités de genre (en) qui seraient, selon elle, aggravées par le caractère biologique des corps féminins. Elle militait ainsi en faveur de la cybernétique, de la contraception, de l'avortement et du soutien étatique à l'éducation des enfants, afin de permettre aux femmes d'échapper aux contraintes liées à la maternité. Firestone soutenait aussi la fécondation in vitro ainsi que la sélection sexuelle (du sexe de l'enfant à naître).

Elle a aussi beaucoup insisté sur ce qu'elle appelait la « cybernation », ou les processus d'automation industrielle qui modifierait les formes du travail et de production sociale.

Selon Shulamith Firestone, qui militait en faveur de l'amour libre et de la libre expression sexuelle, une société post-patriarcale mènerait au dépérissement de la famille nucléaire et à l'instauration de communautés intentionnelles vivant dans le cadre d'une société socialiste.

Héritage[modifier | modifier le code]

Son livre influença l'utopie de l'écrivaine américaine Marge Piercy (en), Woman on the Edge of Time (1976). Le Tigre, un groupe punk féministe lié à la scène riot grrrl, a écrit une chanson en l'honneur de Firestone.

La technophilie propre à l'œuvre de Firestone, ainsi que de Valerie Solanas, auteur de SCUM Manifesto, a fait l'objet de critiques dans les années 1980 par Cynthia Cockburn et Juliet Webster. Le Manifeste du Cyborg (1985) de Donna Haraway a par la suite critiqué ce qu'elle considérait comme une position essentialiste concernant le genre et la technologie propre aussi bien aux technophiles qu'aux technophobes.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.thevillager.com/?p=7172

Liens externes[modifier | modifier le code]

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