Shahbaz Bhatti

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Shahbaz Bhatti
Fonctions
Ministre des Minorités du Pakistan
mars 20082 mars 2011
Président Asif Ali Zardari
Biographie
Nom de naissance Shahbaz Bhatti
Date de naissance 9 septembre 1968
Lieu de naissance Lahore
Date de décès 2 mars 2011 (à 42 ans)
Lieu de décès Islamabad
Nationalité Drapeau du Pakistan Pakistanais
Parti politique Parti du peuple pakistanais
Religion Catholicisme

Shahbaz Bhatti, né le 9 septembre 1968 et mort assassiné le 2 mars 2011[1], était un homme politique pakistanais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Membre du Parti du peuple pakistanais, et de confession catholique[2], il est nommé ministre des Minorités religieuses dans le gouvernement du Premier ministre Youssouf Raza Gilani[1],[3] après les élections législatives de février 2008.

À ce titre, il soutient Asia Bibi, femme condamnée à mort en novembre 2010 pour blasphème à l'encontre du prophète Mahomet. Il critique les lois réprimant le blasphème, et se range parmi les personnalités politiques appelant à ce qu'elles soient amendées[4]. Bhatti « multipliait les déclarations sur les violences et intimidations dont est victime notamment la minorité chrétienne, et se disait régulièrement menacé »[3]. Il est beaucoup critiqué et l'existence même de son ministère est remise en question.

Le 9 février 2011, le gouvernement pakistanais démissionne pour permettre un important remaniement ministériel en vue de diminuer le nombre de portefeuilles, exigence du principal opposant Nawaz Sharif. Le nombre de ministres est fortement réduit, passant de cinquante-quatre à vingt-deux, et beaucoup s'attendaient à ce que le ministère des minorités de Shahbaz Bhatti soit supprimé. Il conserve pourtant sa fonction, et déclare alors qu'« il s'agit d'un signal clair de l'attention du gouvernement envers les minorités religieuses »[5].

Assassinat[modifier | modifier le code]

Le 2 mars 2011, alors qu'il quitte le domicile de sa mère à Islamabad pour se rendre au conseil des ministres, il est assassiné par quatre hommes qui arrêtent sa voiture et l'abattent de 25 balles avant qu'il ne puisse sortir[6]. Son chauffeur est grièvement blessé. Les assassins laissent sur place des pamphlets attribués à la mouvance des talibans pakistanais[4],[7]. Le ministre avait demandé à son escorte de gardes du corps de l'attendre à son bureau plutôt que de venir le chercher. Il était normalement protégé par deux escortes, l'une composée de six garde-frontières et l'autre de neuf policiers[8].

L'assassinat fait suite au meurtre par balles de Salman Taseer, le gouverneur du Pendjab, le 4 janvier. Taseer s'était également élevé contre la condamnation à mort d'Aasia Bibi[3] et contre la loi interdisant le blasphème. Cet assassinat intervient également dans un contexte de crise politique alors que le principal parti d'opposition, la Ligue musulmane du Pakistan (N), a renvoyé les ministres locaux du Parti du peuple pakistanais (qui dirige le gouvernement fédéral) dans le gouvernement provincial du Pendjab, dirigé par Shahbaz Sharif[9], tandis que le conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan a fait plus de 8 000 victimes civiles depuis 2004.

Pressentant qu'il serait tué, Shahbaz Bhatti a enregistré une vidéo destinée à être diffusée après sa mort. Il y affirmait avoir reçu des menaces des talibans et d'Al-Qaïda mais le gouvernement a refusé de lui procurer une voiture blindée[10].

Farahnaz Ispahani, assistant personnel du président de la République Asif Ali Zardari, a réagi en ces termes : « Il s’agit d’une campagne concertée pour massacrer toute voix libérale, progressiste et humaniste au Pakistan. Le moment est venu pour le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux de s’exprimer et de s’élever fermement contre ces meurtriers pour sauver l’essence même du Pakistan »[11]. Le président et le Premier ministre ont fermement condamné le meurtre, ainsi que le principal chef de l'opposition Nawaz Sharif. Trois jours de deuil national ont été décrétés. Cependant, durant les minutes de silences que les députés de l'Assemblée nationale ont observé, trois députés de la Jamiat Ulema-e-Islam (F) sont restés assis.

Les funérailles ont lieu sous très haute protection policière le 4 mars 2011 dans la grande église Fatima d'Islamabad avec la présence de quelques milliers de personnes, dont le Premier ministre Youssouf Raza Gilani. Le corps est ensuite transféré par hélicoptère dans son village natal, à majorité chrétienne, où près de 15 000 personnes assistent à l'enterrement sous la protection de 2 500 membres des forces de sécurité. Ces derniers ont entièrement bouclé le village et placé des tireurs d'élite sur les toits[12].

Demandes de béatification[modifier | modifier le code]

Depuis sa mort, les chrétiens du Pakistan considère Shahbhaz Bhatti comme un Martyr. Ils ont réalisé une pétition pour sa béatification et ont demandé à Monseigneur Andrew Francis, évêque de Multan, de le faire officiellement déclarer Martyr par Rome.[réf. nécessaire] Mais pour cela, il faut ouvrir son Procès en Béatification, et selon les règles de la Congrégation pour la Cause des Saints, un Procès ne peut s'ouvrir que 5 ans après la mort du candidat à la Béatification.[réf. nécessaire] Une règle contournée dans le cas de Jean-Paul II.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) "Details of Shahbaz Bhatti", Pakistan Herald
  2. (en) "Pakistan Minorities Minister Shahbaz Bhatti shot dead", BBC, 2 mars 2011
  3. a, b et c (fr) "Pakistan: assassinat du ministre des minorités religieuses, un chrétien", Agence France-Presse, 2 mars 2011
  4. a et b (en) "Pakistan minister shot dead on way to cabinet meeting in Islamabad", The Guardian, 2 mars 2011
  5. (fr) Pakistan : Confirmation du ministère chargé des minorités religieuses, Zenit. Le 14 février 2011. Consulté le 4 mars 2011.
  6. Marie-France Calle, « Le Pakistan s'enfonce dans l'intolérance », Le Figaro,‎ 2 mars 2011 (consulté le 3 mars 2011)
  7. (en) "Pakistan minister killed in attack", UK Press Association, 2 mars 2011
  8. (en) Shahbaz Bhatti silenced forever, The News. Le 3 mars 2011. Consulté le 4 mars 2011.
  9. (en) "PML-N decides to remove PPP ministers from Pak Punjab govt", Daily India. Le 23 février 2011. Consulté le 4 mars 2011.
  10. Marie-France Calle, « La démocratie en danger au Pakistan », Le Figaro,‎ 4 mars 2011 (consulté le 4 mars 2011)
  11. (en) "Pakistan minister killed in attack", UK Press Association, 2 mars 2011.
  12. (fr) Pakistan: funérailles sous haute sécurité pour le ministre assassiné, Le Point. Le 4 mars 2011. Consulté le 6 mars 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]