Sœurs de la doctrine chrétienne

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Portrait du chanoine Vatelot

Les Sœurs de la doctrine chrétienne (dites également Sœurs de la doctrine chrétienne de Nancy) forment une congrégation de culte catholique fondée à Toul en 1716 pour l'éducation des filles des campagnes. Leur abréviation est D.C.

Historique[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Vatelot (1688-1748), chanoine à la cathédrale de Toul, est chargé par son évêque, Mgr Bégon, d'organiser les « petites écoles du diocèse ». Il élabore un système pédagogique destiné aux filles des campagnes.

Il ouvre à Toul en 1721 une « mère-école » pour la formation des institutrices et écrit des ouvrages pédagogiques et religieux. La ville appartient alors au duché de Lorraine et ne sera française qu'à la mort de Stanislas Leszczinski en 1766. Les sœurs vivent au cœur des villages au contact de la population. Elles forment également les mères de famille lors de « veillées » le soir. Elles prononcent des vœux privés. À la mort du chanoine Vatelot en 1748, elles sont déjà deux cents institutrices dans la région.

À la Révolution française, elles rentrent dans leurs familles.

Après la Révolution, elles prennent l'habit religieux en 1804 et se regroupent dans l'ancien couvent des capucins de Nancy. C'est en 1807 qu'arrive au noviciat Pauline de Faillonnet âgée de vingt-neuf ans, dont la famille a caché des prêtres réfractaires pendant la Terreur, et qui va renouveler la congrégation. Elle en devient la supérieure générale en 1821[1], fait construire un nouveau noviciat et une nouvelle chapelle et envoie des religieuses au Luxembourg, en Belgique et en Algérie. Elle écrit des circulaires et divers ouvrages qui donnent de l'élan à l'institut, aidée par le Père Mougenot. Elle est considérée à juste titre comme la seconde fondatrice des Sœurs de la doctrine chrétienne. En France, toutes les écoles, ouvroirs, écoles ménagères, etc. se trouvaient dans les départements de l'Est, des Ardennes à la Lorraine, en passant par l'Alsace et les Vosges. Elles auront quelques implantations en Champagne et peu ailleurs.

La règle rénovée de la congrégation est définitivement approuvée par le pape en 1912, du temps de sa supérieure, Mère Lucie Bastien, personnalité énergique et bâtisseuse.

Du derniers tiers du XIXe siècle à la guerre de 1914-1918, le climat anticlérical qui s'est installé en France, n'entame pas le moral des religieuses, obligées de partir de certaines de leurs écoles en France (comme celle de Marseille par exemple qui, explulsée en 1905, s'installe de l'autre côté de la frontière en Italie) et de fait elles s'ouvrent vers de nouveaux horizons, multipliant les écoles, les ouvroirs, les ateliers de formation, les orphelinats, les maternelles, etc. Elles s'installent par exemple au Maroc en 1912[2], où les deux plus grosses communautés (un millier d'élèves), ouvertes dans les années 1920, étaient les Institutions Jeanne-d'Arc à Casablanca et à Rabat (écoles de la maternelle au secondaire) et des écoles ménagères. Les dernières sœurs sont parties en 1987.

Il n'y a plus de noviciat, ni en France, ni en Europe, mais trois dans le monde: un au Chili, un en Corée du Sud et un en Côte d'Ivoire à Abidjan.

Des laïcs sont associés aux diverses œuvres de coopération de la congrégation, dans plusieurs associations.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La congrégation est présente en France; en Belgique; au Luxembourg; en Côte d'Ivoire (1967) où se trouve le noviciat d'Afrique; en République démocratique du Congo (1948, malgré l'assassinat de sept d'entre elles en 1964[3]) où elles travaillent notamment à l'hôpital de Bumba et dans quatre autres communautés dont un postulat; en Algérie (1841) où elles sont 19 actuellement; en Italie (1920) où elles ne sont plus présentes que dans une seule maison à Rome; en Corée du Sud (1966) les Sœurs y œuvrent dans une quinzaine de paroisses et sont également présentes en Europe et en Afrique et viennent d'ouvrir une mission au Cambodge; au Chili (1967, où elles sont une dizaine aujourd'hui); au Cambodge (2010, mission ouverte par trois Coréennes).

Elles ont fait leur « aggiornamiento » dans les années 1970 et ont quitté l'habit religieux (sauf en Corée) pour être plus près de la base. La supérieure générale est actuellement Sr Viviane François, de nationalité belge. Le siège du conseil général est à Nancy.

En décembre 2005, elles étaient 572 religieuses dans 130 maisons. Les religieuses européennes âgées sont hébergées dans des maisons de retraite dont l'une des plus importantes est la Maison Saint-Joseph à Nancy en France.

En 2014, 423 Soeurs sont réparties dans différents pays.

En France, elles sont notamment présentes dans trois établissements scolaires: à Beaune (Saint Coeur), à Toul (ensemble scolaire Jean Baptiste Vatelot) et à Strasbourg (la Doc) et en Belgique à l'Institut Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de Beauraing et au Luxembourg dans deux écoles privées. Ces trois pays se sont regroupés en une seule province en 1998, dont le siège régional est au Luxembourg. C'est dans cette province que se trouvent les quatre maisons de retraite qui accueillent personnes âgées, Sœurs ou laïcs.

Les vocations se trouvent désormais en Corée du Sud, au Chili[réf. nécessaire]} et en Afrique. En Europe, l'avenir de la congrégation est source d'espérance, nous croyons que Dieu appelle toujours.

Missionnaires assassinées[modifier | modifier le code]

En 1964, au Congo-Kinshasa[4] :

  • Nelly Bach, Luxembourgeoise
  • Julia Bauer, Luxembourgeoise
  • Hilda Berens, Luxembourgeoise
  • Hélène Henry, Française
  • Élisabeth Huberty, Belge
  • Marie Kaufman, Luxembourgeoise
  • Madeleine Marion, Française

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Margot Kaspar (Sœur Joël) D.C., Safari de femmes qui osent, récits de sa vie de mission en République démocratique du Congo (1971-2010) [sœur luxembourgeoise née en 1943]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jusqu'en 1855
  2. D'abord à Oujda et à Berkane
  3. Sœur Thérèse Olry, Histoire de la congrégation
  4. Photographie de leur sépulture à Kisangani] (ex Stanleyville)

5 Les cinq volumes d'histoire de la congrégation  : Histoire de la Doctrine Chrétienne de Nancy (Père Jacques Bombardier, Anne-Marie Lepage )