Psychologie de la musique

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La psychologie de la musique peut être perçue en tant que branche de la psychologie, de musicologie ou d'un domaine intégrant la musicothérapie médicale. Ce terme est créé pour expliquer et comprendre le comportement et les expériences musicaux.

Natasha Spender (en)[1] distingue cinq approches dans les études de psychologie de la musique :

  1. La psychologie de la forme envisage la musique comme succession de motifs ;
  2. la psychoacoustique étudie les contraintes et les possibilités ouvertes par le système auditif ;
  3. l'approche grammaticale traite la musique comme une forme de langage, et en recherche les règles de formation ;
  4. la psychologie de la performance étudie la façon de pratiquer une activité musicale ;
  5. l'approche ésthétique étudie les associations entre musique et sentiments.

Elle conclut que les approches psychoacoustiques et de psychologie cognitive ont grandement progressé, mais qu'elles ne peuvent guère faire évoluer l'approche esthétique, plus déterminée par la culture.

Helga de la Motte-Haber conclut en 1994 son bilan de cent ans de recherches en psychologie de la musique par la remarque « les modèles d'explication semblent même changer très vite. Le caractère non concret des processus psychiques est probablement à l'origine de ce changement. Les objets changent en même temps que les modèles d'explication. Les théories psychologiques peuvent changer sans nécessairement s'annuler réciproquement[2]. » La psychologie de la musique a utilisé les concepts du béhaviorisme américain de Watson et de la réflexologie russe de Pavlov, ceux de la psychologie de la forme ou gestaltisme, ceux de la psychophysique de Wundt, Helmholtz et Gustav Fechner, ceux de la psychologie de l'acte et de la phénoménologie avec les travaux de Carl Stumpf, et ceux de la théorie de l'information, de la Psychologie cognitive de Piaget.

De nombreux domaines spécialisés se dégagent du champ général de la psychologie de la musique, poursuivant, sous d'autres noms comme celui de neurosciences cognitives avec Stanislas Dehaene au Collège de France[3], les recherches commencées sous celui de psychologie.

Engagées, à l'origine, dans l'étude de la musique érudite et des musiciens professionnels, les études sur la psychologie de la musique tirent aujourd'hui parti des recherches ethnomusicologiques, selon lesquelles tout ce qui est musical pour une population quelconque est digne d'intérêt, et élargissent leurs investigations aux non musiciens et aux personnes atteintes d'amusie, c'est-à-dire incapables de distinguer des notes de musique[4].

Centres d'éducation[modifier | modifier le code]

La psychologie de la musique (incluant la perception musicale, la cognition musicale et les recherches de performances musicales) est étudiée et observée dans certaines universités et académies :

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arlette Zenatti (collectif sous la direction de), Psychologie de la musique, Paris, PUF, coll « Psychologie d'aujourd'hui », 1994.
    • Helga de la Motte-Haber, « Principales théories scientifiques en psychologie de la musique. Les paradigmes », dans Arlette Zenatti, Psychologie de la musique, Paris, Presse Universitaire de France, coll. « Psychologie d'aujourd'hui »,‎ 1994
  • Isabelle Peretz et Pascale Lidji, « Cerveau et musique », Revue de neuropsychologie, Université McGill, vol. 16, no 4,‎ 2006, p. 335-386 (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Natasha Spender, « psychology of music », dans coll., Oxford Companion to the Mind, Oxford University Press,‎ 1987 (lire en ligne)
  2. de la Motte-Haber 1994, p. 52
  3. Cours sur la musique.
  4. Peretz et Lidji 2006, p. 343.