Plan informatique pour tous

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Le plan informatique pour tous (IPT) était un programme du gouvernement français qui devait permettre d'initier les 11 millions d'élèves du pays à l'outil informatique et de soutenir l'industrie nationale. Il faisait suite à plusieurs programmes d'introduction de l'informatique dans le secondaire depuis 1971. Le plan IPT a été présenté à la presse, le vendredi 25 janvier 1985, par Laurent Fabius, Premier ministre de l'époque[1]. Il visait à mettre en place, dès la rentrée de septembre, plus de 120 000 machines dans 50 000 établissements scolaires et à assurer la formation, à la même échéance de 110 000 enseignants. Son coût était évalué à 1,8 milliard de francs, dont 1,5 milliard pour le matériel.

Description[modifier | modifier le code]

La sélection des partenaires industriels avait été confiée à Gilbert Trigano, le cofondateur du club Méditerranée. Celui-ci a retenu des sociétés françaises comme : Exelvision, Léanord, SMT Goupil, Thomson, Bull, LogAbax, etc.[réf. nécessaire] Ce choix était politique car son initiateur, JJ Schreiber, avait marqué sa préférence pour des Macintosh, spécialement modifiés pour l'occasion. Si son choix avait été retenu, Apple avait marqué son intention d'installer son unité de fabrication ultramoderne en France plutôt qu'en Irlande, mais il fallait choisir Thomson, entreprise nationalisée et en difficulté. L'accord négocié au plus haut niveau avec Apple comprenait un transfert de technologie complet de l'usine d'assemblage, alors aux plus hauts standards mondiaux en matière de productivité [1]

Le plan informatique pour tous avait notamment popularisé le nanoréseau : un réseau de taille modeste (jusqu'à 32 postes, à 500 KBits/s) qui comprenait des nano-machines (Thomson MO5, Thomson TO7/70 ou Thomson MO5NR) et un serveur compatible PC (le plus souvent un Bull Micral 30, mais aussi des Goupil 3, Léanord SIL'Z 16, Olivetti Persona 1600 et CSEE 150 étaient également utilisés). Le PC était muni de deux lecteurs de disquettes 5¼ pouces, l'un servait au système d'exploitation (MS-DOS version 2.11), l'autre aux données pour les Thomson. Le serveur donnait également accès à une imprimante partagée. Une version ultérieure (NR33) permettait d'utiliser un disque dur en y installant tout le système ; ceci permettait un démarrage beaucoup plus rapide. Toutes les machines étaient pilotables à distance (le serveur en particulier grâce au système NR-DOS) et il était possible de récupérer une copie de n'importe quelle portion de leur mémoire à distance par une opération nommée « pillage de poste » (commande CLONE en BASIC).

Critique[modifier | modifier le code]

Ce plan a fait l'objet de vives critiques [2].

Le plan informatique pour tous s'est appuyé sur le nanoréseau. Conçu avec comme tête de réseau les premiers PC 16 bits Bull Micral, le nanoréseau a été une réussite informatique et pédagogique. Malheureusement le choix des terminaux 8 bits MO5 de Thomson a été une catastrophe. Cela devait développer la filière française de l'informatique avec le LSE (Langage Symbolique pour l'Enseignement) et le minitel, mais le crayon optique n'a pas résisté longtemps à la souris de Apple. Les critiques ont concerné le manque de formation des enseignants, le choix de mettre l'accent sur l'enseignement de la programmation au détriment de l'utilisation de progiciels, si bien que ce plan est aujourd'hui considéré par certains[Qui ?] comme un échec. Cependant le plan permit aussi un premier accès à l'informatique pour de nombreux élèves (le taux d'équipement des ménages en ordinateur était extrêmement faible à l'époque) et leurs enseignants, une première approche de la programmation (en BASIC ou en Logo) et de l'utilisation d'un ordinateur (avec clavier et crayon optique, la souris n'existant que depuis un peu plus d'un an sur des ordinateurs de type américains Apple Lisa ou Macintosh, très onéreux).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Durandet, « Plan informatique : conférence de presse Fabius », Soir 3, FR3, 25 janvier 1985, sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel.
  2. J.-P. Brulé, L’Informatique malade de l’État, Paris, Les Belles-Lettres, 1993.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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