Progiciel

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Un progiciel (mot-valise, contraction de produit et logiciel) est un logiciel applicatif[réf. nécessaire] générique, libre ou exclusif, prévu pour répondre à des besoins ordinaires[réf. nécessaire]. Ce terme s'oppose aux « logiciels spécifiques » développés pour une organisation spécifique et conçus pour répondre à ses besoins spécifiques[1],[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

En 1978, la Commission de terminologie de l'informatique créée par le ministre français de l'Industrie a donné la définition suivante : « Un ensemble complet et documenté de programmes conçus pour être utilisés par différents utilisateurs et capable de remplir la même application ou fonction. »

Le Dictionnaire de l'informatique donne la définition suivante: « Un ensemble cohérent et indépendant constitué de programmes, de services, de supports de manipulation d'informations (bordereaux, langages, etc.) et d'une documentation, conçu pour réaliser des traitements informatiques standard, dont la diffusion revêt un caractère commercial et qu'un utilisateur peut utiliser de façon autonome après une mise en place et une formation complète[3]. »

Historique[modifier | modifier le code]

Ce néologisme a été créé en 1973 par Jean-Erick Forge, créateur du CXP (Centre d'eXpertise des Progiciels). La définition initiale était : « Ensemble fini et défini comprenant un ou plusieurs programmes, la documentation et les conditions de support, conçu pour la réalisation d’une ou plusieurs fonctions définies et qu’un utilisateur peut acheter avec une garantie du vendeur ». En janvier 1974, le Journal officiel (vu le décret n° 72-19 du 7 janvier 1972 relatif à l’enrichissement de la langue française) a publié une liste de mots et proposé la définition suivante : « Ensemble comprenant un programme, les jeux d’essais, la documentation correspondante et susceptible d’être fourni à plusieurs utilisateurs »)[4].

Le mot a été déposé au registre des marques par l’auteur et immédiatement donné au public par voie de presse de façon à garantir son libre usage.

Néanmoins son usage a été abandonné par les services de l'État. L'article 2 du cahier des clauses administratives générales relatif aux techniques de l'information et de la communication (CCAG-TIC) impose désormais le terme de logiciel standard[5].

Description[modifier | modifier le code]

Ce terme s'oppose aux logiciels développés en interne dans une entreprise pour remplir des fonctions sur mesure.

Les spécialistes décomposent quelquefois les progiciels en deux types :

Le coût de mise en œuvre d'un progiciel (essentiellement des travaux d'installation et de paramétrage) peut être considéré comme étant moins élevé que le coût de développement complet d'une solution interne sur mesure. De plus, les délais de mise en œuvre d'un progiciel sont mieux maîtrisés (que les délais de développement complet d'une solution sur mesure) et la complexité du projet s'en trouve théoriquement diminuée.

Le progiciel complet comprend :

  • les composants logiciels, en général livrés sur support informatique (par exemple sur CD-ROM) ou téléchargeables depuis un site web ;
  • une documentation en ligne et (ou) imprimée ;
  • des stages de formation ;
  • éventuellement une assistance à l'installation, au paramétrage et à la mise en œuvre ;
  • éventuellement une assistance téléphonique ;

etc.

Le terme est très souvent employé pour des logiciels professionnels utilisés par des entreprises. Souvent, c'est un ensemble complet composé de plusieurs modules, couvrant chacun une fonction et communiquant entre eux.

Les progiciels mis en œuvre dans les entreprises couvrent principalement les grands domaines suivants :

  • Progiciel de gestion intégré (anglais : Enterprise Resource Planning) : Cette catégorie d'outil intègre tous les systèmes informatisés permettant d'aider le travail dans l'entreprise. On y retrouve souvent la facturation, l'aide à la production, la comptabilité, etc. Il existe une distinction entre progiciels verticaux (propres à un métier spécifique, par exemple bâtiment, cabinet médical...) et horizontaux, dans lesquels les fonctions traitées sont plus génériques ;
  • Gestion de la relation client (anglais : Customer Relationship Management) : Regroupe tous les outils permettant d'intégrer les clients dans le système d'information de l'entreprise ;
  • Gestion de la chaîne logistique (anglais : Supply Chain Management) : Regroupe tous les outils permettant d'intégrer les fournisseurs au système d'information de l'entreprise ;
  • Gestion des ressources humaines.

Windows et les suites bureautiques telles que Microsoft Office, ainsi que certains logiciels plus techniques comme Pacbase ou encore DB2 et d'autres SGBD, sont parfois considérés comme des progiciels.

Étapes de mise en place d'un progiciel de gestion intégré[modifier | modifier le code]

Le choix d'un progiciel de gestion (de type PGI plus ou moins étendu) débute par une analyse comparative des offres du marché, en général en réponse à un cahier des charges élaboré pour formaliser les besoins de l'entreprise.

Une fois le choix effectué, les principales étapes de mise en place sont les suivantes :

  • analyse des écarts entre le système d'information existant de l'entreprise et les fonctionnalités offertes par le progiciel, ces écarts peuvent donner lieu :
    • à des adaptations organisationnelles des modes de gestion de l'entreprise pour se conformer aux spécifications du progiciel (adopter le progiciel, c'est la solution à privilégier pour tirer parti des avantages d'un progiciel). C'est cette nécessité d'adapter l'organisation à l'outil qui le fait quelquefois qualifier de « structurant »,
    • à des demandes d'évolution ou d'aménagements du progiciel formulées à l'éditeur (adapter le progiciel), ou, lorsque le code source est connu, à des modifications en interne,
    • à des développements d'interfaces entre le progiciel et des applications périphériques ;
  • définition du paramétrage nécessaire aux différents modules du progiciel ;
  • spécifications des évolutions et spécifications des interfaces ;
  • spécifications des règles de reprise et de transcodification des données (des anciennes applications vers la base de données du progiciel) ;
  • réalisation puis tests des traitements (évolutions, interfaces, reprise des données) ;
  • préparation des actions de conduite du changement :
    • formation des personnels,
    • communication auprès du personnel, des clients, des partenaires ou fournisseurs,
    • révision des processus et de l'organisation ;
  • homologation (ou encore : certification, qualification ; les termes varient en fonction du contexte) en grandeur réelle avec le paramétrage défini, avec les données reprises, les interfaces et évolutions, etc.
  • répétitions ou simulations de l'opération de bascule qui permet le passage de l'ancien système au nouveau ;
  • et enfin, bascule définitive sur le nouveau progiciel, généralement à l'occasion d'un week-end pour éviter de trop perturber le fonctionnement courant de l'entreprise.

Dans le cas de la mise en place des PGI, bien qu'intégrés, ces progiciels doivent pouvoir communiquer de façon simple avec les autres systèmes d'information de l'entreprise, et de plus en plus, avec des systèmes d'entreprises partenaires, clients et fournisseurs, voire avec des systèmes tiers (organismes de l'état, banque, etc.). Aujourd'hui, l'objectif est l'interopérabilité de ces environnements. Elle s'obtient en élaborant une Architecture Orientée Services ou SOA (en anglais: Service-Oriented Architecture). Cette possibilité permet à des systèmes découplés d'échanger des services (qui peuvent être des données ou tout autre service: résolution d'une règle, sorties d'une autre application, cours du jour d'une matière première). Pour assurer la mise en œuvre cette interopérabilité, un système publie des services et un autre système vient consommer ces services. Cette architecture SOA s'appuie sur des Web Services Sécurisés.

Capacité des progiciels à se conformer à des exigences terminologiques[modifier | modifier le code]

Les progiciels ont tous, au moins pour les plus importants, une version en français, avec souvent la possibilité d'adaptation des champs, des aides en ligne, de la documentation utilisateur, etc... Cependant les conditions d'application du décret du 3 juillet 1996 relatif à l'enrichissement de la langue française introduisent des exigences sur les terminologies (et les terminologies informatiques en particulier) à employer pour les documents émanant des administrations françaises.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Progiciel - french translation »
  2. « Différence entre progiciel et logiciel »
  3. Le Dictionnaire de l'informatique, Larousse,‎ 1981 (ISBN 2-03-7010005-2[à vérifier : isbn invalide])
    Définition « Progiciel », page 242
  4. « "Le CXP" »
  5. « "Le CCAG-TIC" »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]