Perron (symbole)

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Perron
Perron de Liège, sur la Place du Marché
Perron de Liège, sur la Place du Marché
Présentation
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1936, no 62063-CLT-0026-01)
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Liège Province de Liège
Localité Blason de Liège Liège
Localisation
Coordonnées 50° 38′ 44″ N 5° 34′ 31″ E / 50.64568, 5.575181 ()50° 38′ 44″ Nord 5° 34′ 31″ Est / 50.64568, 5.575181 ()  

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Perron

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Perron


Le Perron est le symbole de la justice du prince-évêque de Liège. Siècle après siècle, le perron s'est aussi affirmé comme le symbole des libertés et d'autonomie communale sous l'ancien Régime.

Historique[modifier | modifier le code]

C'est un pilori devant lequel :

  • on rendait la justice,
  • on promulguait les règlements, les mandements et les édits,
  • on publiait les prix
  • on proclamait les bannissements, etc…

Il est constitué d'une colonne sur un socle, surmontée d'une pomme de pin et d'une croix. L'origine en est obscure et probablement païenne.

En Principauté de Liège, il fut le lieu où les lois et les règlements devaient avoir été proclamés en public pour être appliqués. Il était ainsi le symbole de l'autorité et de l'autonomie, d'abord du Prince-Évêque, puis plus tard de la ville. Au cours du XIVe siècle, les « Bonnes Villes » (celles possédant une charte communale) de la principauté ont aussi pu ériger leur propre perron. Huy, première ville d'Europe du nord à s'être vu attribuer une charte communale en 1066, possédait un perron dès 1235. Dès le XIIe siècle, le perron figurait sur les pièces de monnaie du Prince-évêque de Liège Henri II de Leez (issu de la noblesse de Grand-Leez).

Il existait également des perrons en Principauté de Stavelot-Malmedy, voisine de la Principauté de Liège.

Le perron liégeois[modifier | modifier le code]

Au XIVe siècle, il fut intégré aux armoiries de la ville (il l’est toujours à ce jour).

L’interprétation des lettres L et G « accotant » le perron dans l'héraldique liégeoise à partir de la Renaissance est née du désir bien humain de donner un sens à tout.

À l’origine, ces deux lettres servent simplement à distinguer le perron de Liège de celui de Saint-Trond (S et T) et de quelques autres perrons d’autres Bonnes Villes du pays de l’Évêque (de Liège). Au Moyen Âge, on voit quelquefois des perrons liégeois entourés non pas des seules lettres L et G, mais de Lie Ge ou Ly Ge.

Une légende relativement récente[précision nécessaire] veut y lire Libertas Gentis, « Liberté du Peuple » puisque le perron symbolise, dans tout le pays de Liège, depuis le Moyen Âge, la droiture de la justice et la fierté des libertés. Cette interprétation plaît beaucoup aux Liégeois.[réf. nécessaire]

Le désastre de 1468[modifier | modifier le code]

Charles le Téméraire, s'étant, après la Bataille de Brustem, emparé une première fois de la ville de Liège, impose la paix de Saint-Laurent par laquelle « le duc voulut que plus rien ne restât debout de l'antique constitution liégeoise, ni des libertés publiques, héritage d'un long passé ». Le Perron, symbole des libertés et privilèges qu'il entendait ainsi anéantir, fut enlevé de son socle pour être transporté à Bruges, avec défense aux vaincus de le rétablir à jamais. Arrivé dans cette ville, le Perron fut exposé au point le plus apparent de la Bourse, pour témoigner vis-à-vis des foules étrangères qui y affluaient, de l'anéantissement de la nation liégeoise, coupable de s'être insurgée contre les visées dominatrices du puissant Duc d'Occident. Et pour que nul n'en ignorât, Charles le Téméraire fit graver sur le piédestal :

Érection du perron le

« N'ELEVEZ PLUS VOS FRONTS SI HAUTAINS VERS LE CIEL !
PAR MA CHUTE, APPRENEZ QU'IL N'EST RIEN D'ETERNEL
SYMBOLE DE COURAGE ET DE GLOIRE, NAGUERE
JE PROTEGEAIS UN PEUPLE INVINCIBLE A LA GUERRE,
ET J'ATTESTE AUJOURD'HUI, VIL JOUET MEPRISE
QUE CHARLES M'A VAINCU, QUE CHARLES M'A BRISE ! »

Le , Charles le Téméraire trouve la mort devant Nancy. Le Prince-Évêque, Louis de Bourbon, qui s'était réconcilié avec les Liégeois, profita, peu après, de son séjour à Bruges, où il assistait au mariage de Marguerite de Bourgogne, pour obtenir le retour du Perron à Liège. Le , après 10 ans d’exil, la population reçut le Perron avec de chaleureuses démonstrations d'allégresse qui atteignirent leur comble lorsqu'il réapparut sur le piédestal dont il avait été enlevé. Sur une des faces de ce dernier fut gravée une inscription commémorative en latin qui traduite dit :

« LE PERRON QUE LIEGE REGARDE AVEC ORGUEIL
COMME L'EMBLEME SACRE DE LA PATRIE
FUT REPLACE SUR CE PIEDESTAL LE 10 JUILLET 1478.
LIEGE OU VIVENT LES ARTS, LIEGE NOUVELLE ATHENES,
CHARLES T'A RUINEE ET COUVERTE DE CHAINES !
LOIN DE TOI, PAR SON ORDRE A BRUGES EXILE,
J'Y SUIS RESTE DIX ANS, D'OUTRAGES ACCABLE.
MAIS CES TEMPS SONT PASSES DE SERVITUDE AMERE
ME VOICI DE NOUVEAU SUR TON SEIN, O MA MERE ! »

Les Trois Grâces[modifier | modifier le code]

Le Perron est endommagée lors d’une tempête le , vers 9 heures du soir. Le sculpteur Jean Del Cour est chargé de la réparer rapidement : il ajoute au sommet du Perron le groupe élégant des Trois Grâces, trois statues en marbre blanc soutenant la pomme de pin, l’ensemble surmontant une impressionnante fontaine à plusieurs bassins et arcades.

Fontaine[modifier | modifier le code]

La fontaine, construite en marbre provenant de carrières aujourd'hui abandonnées près de Hamoir a été construite en 1696 et 1697 sur les plans et dessins du même Jean Del Cour. Le Perron placé sur le Marché ayant été renversé par un vent violent en 1693 fut réparé par cet artiste qui exécuta les Trois Grâces, et 6 bustes de même matière qui décoraient les arcades de la fontaine. En 1717, les bourgmestres Michel-Nicolas de Lohier et Louis-Lambert de Liverlo firent transporter ces bustes dans le vestibule de l'Hôtel de ville où ils se trouvent encore au-dessus des portes[1].

La fontaine élevée par Del Cour est démolie en 1848 et reconstruite sur les plans primitifs. Elle est livrée à l'usage du public en juillet 1864, alimentée par les areines.

Restauration[modifier | modifier le code]

Des travaux de restauration sont effectués en juin et juillet 2012. Lors de cette rénovation une étude est menée afin de connaitre le mode d’assemblage des diverses pièces en pierre calcaire pour envisager de leur rendre leur état d’origine[2].

Le perron dans d'autres villes[modifier | modifier le code]

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Outre le perron de Liège, il en existe notamment à Bree, Châtelet, Hasselt, Herve, Huy, Saint-Trond, Sart (Jalhay), Stavelot, Stokkem, Theux, Tongres, Verviers, Visé et Maastricht. Celui de Waremme n'existe plus, mais voici sa description lors de son adjudication en 1734 à André Wilmar, « maitre ouvrier des pierres », pour remplacer un plus ancien :

« Un peron de piere avec trois degrez en rondeur touts agrappé et un pied de stalle ; le premier degrez de neuf pied et demij en diametre avec neuf pouces de marche ; la piere dastalle de deux pieds et demij ou aproportion avec un demij rond en hault ; la colomme de huit pieds de haulteur denviron neuf pouces de grosseur et un boulle au bout sisselee avec un trou pour ij poser une baniere et deux chavee de chaux ; le tout au prix de vingt escus. »

— Waremme, Reces du Magistrat, AELg

Conseil de lecture[modifier | modifier le code]

  • Albert Dandoy (1885-1977), Le Perron de Liège, Art et folklore, 1954.
  • Henri Pirenne, Le conflit Liégeois-Bourguignon et le Perron Liégeois, Annales du congrès de Liége, 1932, 12 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catalogue descriptif de Musée Provincial de Liége - Page 52 , 1864 n° 75
  2. Today in Liège : Fin de differents chantiers

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]