Perron (symbole)

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Le Perron est le symbole de la justice du prince-évêque de Liège. Siècle après siècle, le perron s'est aussi affirmé comme le symbole des libertés et d'autonomie communale sous l'ancien Régime.

Historique[modifier | modifier le code]

C'est un pilori devant lequel :

  • on rendait la justice,
  • on promulguait les règlements, les mandements et les édits,
  • on publiait les prix
  • on proclamait les bannissements, etc…

Il est constitué d'une colonne sur un socle, surmontée d'une pomme de pin et d'une croix. L'origine en est obscure et probablement païenne.

En Principauté de Liège, il fut le lieu où les lois et les règlements devaient avoir été proclamés en public pour être appliqués. Il était ainsi le symbole de l'autorité et de l'autonomie, d'abord du Prince-Évêque, puis plus tard de la ville. Au cours du XIVe siècle, les « Bonnes Villes » (celles possédant une charte communale) de la principauté ont aussi pu ériger leur propre perron. Huy, première ville d'Europe du nord à s'être vu attribuer une charte communale en 1066, possédait un perron dès 1235. Dès le XIIe siècle, le perron figurait sur les pièces de monnaie du Prince-évêque de Liège Henri II de Leez (issu de la noblesse de Grand-Leez).

Il existait également des perrons en Principauté de Stavelot-Malmedy, voisine de la Principauté de Liège.

Le perron liégeois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Perron de Liège.

Au XIVe siècle, il fut intégré aux armoiries de la ville (il l’est toujours à ce jour).

L’interprétation des lettres L et G « accotant » le perron dans l'héraldique liégeoise à partir de la Renaissance est née du désir bien humain de donner un sens à tout.

À l’origine, ces deux lettres servent simplement à distinguer le perron de Liège de celui de Saint-Trond (S et T) et de quelques autres perrons d’autres Bonnes Villes du pays de l’Évêque (de Liège). Au Moyen Âge, on voit quelquefois des perrons liégeois entourés non pas des seules lettres L et G, mais de Lie Ge ou Ly Ge.

Une légende relativement récente[précision nécessaire] veut y lire Libertas Gentis, « Liberté du Peuple » puisque le perron symbolise, dans tout le pays de Liège, depuis le Moyen Âge, la droiture de la justice et la fierté des libertés. Cette interprétation plaît beaucoup aux Liégeois.[réf. nécessaire]

Le perron dans d'autres villes[modifier | modifier le code]

Outre le perron de Liège, il en existe notamment à Bree, Châtelet, Hasselt, Herve, Huy, Saint-Trond, Sart (Jalhay), Maaseik, Mont-Saint-Guibert, Nivelles, Stavelot, Stokkem, Theux, Tongres, Verviers, Visé et Maastricht. Celui de Waremme n'existe plus, mais voici sa description lors de son adjudication en 1734 à André Wilmar, « maitre ouvrier des pierres », pour remplacer un plus ancien :

« Un peron de piere avec trois degrez en rondeur touts agrappé et un pied de stalle ; le premier degrez de neuf pied et demij en diametre avec neuf pouces de marche ; la piere dastalle de deux pieds et demij ou aproportion avec un demij rond en hault ; la colomme de huit pieds de haulteur denviron neuf pouces de grosseur et un boulle au bout sisselee avec un trou pour ij poser une baniere et deux chavee de chaux ; le tout au prix de vingt escus. »

— Waremme, Reces du Magistrat, AELg

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Dandoy (1885-1977), Le Perron de Liège, Art et folklore, 1954.
  • Henri Pirenne, Le conflit Liégeois-Bourguignon et le Perron Liégeois, Annales du congrès de Liége, 1932, 12 p.