Photomaton

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Photomaton

Création 1936
Direction Éric Mergui
Activité Photographie
Société mère Photo-Me International
Effectif 320
Site web www.photomaton.fr
Chiffre d’affaires 84.9M€

Photomaton est une société qui exploite des cabines automatiques de photographie d'identité.

Photomaton.jpg

Histoire[modifier | modifier le code]

  • 1889, lors de l'exposition universelle est présenté pour la première fois un appareil de photographie automatique exposé par Enjalbert[1].
  • 1912, une cabine automatique fonctionne à Paris selon une photo visible à l'exposition Fichés ? aux Archives nationales (Septembre 2011-janvier 2012).
  • 1924, Les premières cabines photographiques sont utilisées à New York à l'initiative de l'inventeur américain Anatol Marco Josepho.
  • 1941, sous l'Occupation, l'entreprise propose ses services (mais ne remporte pas le marché) pour photographier les déportés :

« Nous pensons que le rassemblement de certaines catégories d'individus de race juive dans des camps de concentration aura pour conséquence administrative la constitution d'un dossier, d'une fiche ou carte, etc. Spécialiste des questions ayant trait à l'identité, nous nous permettons d'attirer particulièrement votre attention sur l'intérêt que présentent nos machines automatiques Photomaton susceptibles de photographier un millier de personnes en six poses et ce en une journée ordinaire de travail. La qualité très spéciale du papier ne permet ni retouche, ni truquage[2]. »

  • 1950, en France, les cabines connaissent leur véritable expansion sous l'influence du mode de consommation américain. Les anciens modèles de cabines étaient équipés de flashes, qui se déclenchaient automatiquement à intervalles réguliers après l'introduction des pièces dans le monnayeur. Une toile amovible était généralement installée en guise de fond, derrière la personne photographiée. Ces cabines, sans utiliser pour autant de pellicule photographique, délivraient des bandes de trois, quatre, cinq ou six portraits d'identité différents sur papier argentique, au bout d'un laps de temps nécessaire au passage du papier dans des bains de développement (environ quatre minutes)[3]. D'abord exclusivement en noir et blanc, les cabines Photomaton se convertissent à la couleur dans les années 1970.
  • 1993, à l'initiative de la Société SPIE et de l'inventeur Michel Ducos (brevet d'invention n° WO/1994/000948*), les anciennes cabines argentiques sont progressivement remplacées par des cabines équipées d'une caméra numérique, d'un écran vidéo et d'une imprimante à sublimation thermique.
  • 2006, le format des cabines photos n'ayant pratiquement pas évolué depuis leur création, la société PTA (Productions et techniques appliquées) a pris l'initiative de le modifier pour les rendre accessibles aussi bien aux personnes valides qu'aux personnes en fauteuil roulant. Jusqu'alors, celles-ci devaient quitter leur fauteuil pour s'installer dans la cabine. Désormais, avec le Fotobox© (marque déposée), la prise de vue s'effectue sans tabouret (soit debout, soit en fauteuil pour les personnes à mobilité réduite).

La cabine de Photomaton dans l'art[modifier | modifier le code]

Les cabines Photomaton apparaissent au cinéma en 1936 dans le film de Maurice Tourneur Samson. Il tient également une place importante dans le film de Jean-Pierre Jeunet, Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. Il a aussi donné son nom à une transformation mathématique qui appartient à la catégorie des transformations bijectives d'images.

En 1996, le photographe de guerre français Luc Delahaye rassemble des clichés issus de cabines Photomaton de sans-abris, rencontré dans le métro parisien, dans un ouvrage intitulé Portrait/ 1 (Éd. Sommaire 1996, 15x12 cm. 32 p.). Ces photographies ont été exposées dans le cadre de l'exposition Pauvre de Nous à l'Hôtel de Ville, la même année[4].

Roland Topor, Willy Michel[5],[6], Billy Childish ou Andy Warhol se sont servis du Photomaton dans leur art[7].

En 2012, le musée de l'Élysée à Lausanne présente l'exposition Derrière le rideau : l'esthétique Photomaton.

De nos jours[modifier | modifier le code]

De nos jours, certains pays exploitent encore des clichés argentiques de ce type : les États-Unis d'Amérique, certains pays d'Europe de l'Est, la Suisse, l'Allemagne, les pays du Maghreb et d'Afrique Noire. Souvent, ces anciens appareils sont un objet d'attraction pour les touristes et les jeunes, comme c'est le cas à Berlin, Genève, Lausanne ou plus récemment Paris (installation au Palais de Tokyo notamment).

En France, L'utilisation du nom de la marque dans le langage courant est problématique en contrevenant au droit de propriété. Ainsi le nom propre « Photomaton » est une marque déposée et il est couramment utilisée comme nom commun pour désigner une cabine automatique de photographie. Mais, en vertu des dispositions de l'article 714-6 du Code de la propriété intellectuelle français, la société s'oppose formellement à cet usage[8].

Livres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ainsi que cela est rapporté dans la revue La Nature 1889.2 p.43 à 45, article signé par Albert Londe et illustré par les gravures du dessinateur Louis Poyet
  2. Courrier sur le site Mémoire juive et éducation :
    La source de l'information est dans Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera, Les Patrons sous l'occupation, Paris, Odile Jacob, 1995 (ISBN 2-7381-0328-6)
  3. [1]
  4. "Pauvre de Nous"
  5. Site photo Flickr
  6. Site du musée de l'Elylsée à Lausanne
  7. Raynal Pellicer, Photomaton, Paris, La Martinière, 2011 (ISBN 9782732441344)
  8. Un courriel a été reçu en ce sens le 11 mars 2010 sur OTRS 2010031110039584, demande renouvelée le 23 février 2011 par le même média.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]