Olivier Revault d'Allonnes

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Olivier Revault d'Allonnes (né le 30 juillet 1923 à Paris et mort le 6 mars 2009 à Tréguier) est un philosophe et esthéticien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après son agrégation, il soutient en 1972 sa thèse de doctorat d'État sur la création artistique et devient alors maître de conférences, puis professeur à l'Université Paris 1. Longtemps directeur de la Revue d'esthétique et codirecteur avec Mikel Dufrenne aux éditions 10/18 de la collection "Esthétique" dans les années 1970, il a joué notamment un rôle important dans la diffusion et la reconnaissance de l'École de Francfort et surtout de l'œuvre de Theodor Adorno en France.

Penseur sensible aux "avant-gardes" à l'originalité irréductible et singulière, son séminaire d'esthétique où, en soirée, se sont succédé des générations d'étudiants en philosophie (et auquel ont participé, parmi d'autres, Marc Jimenez, Jean-Marc Lachaud ou Rainer Rochlitz) associait, à la confrontation directe aux œuvres - de Beethoven et Schoenberg, en particulier - la plus grande rigueur intellectuelle et un humour jamais en défaut.

Olivier Revault d'Allonnes est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la musique, mais a aussi établi les éditions critiques des écrits d'Eugène Delacroix, de Maurice Denis et de Francis Picabia. Depuis 1989, il était professeur émérite à la Sorbonne.

Arrière-petit-fils d'Ernest Renan, fils du philosophe Gabriel Revault d'Allonnes, ce philosophe à l'esprit de révolte chevillé au corps[1] reprenait parfois à son compte le mot d'un penseur juif cité par Edmond Jabès : "Ne te soucie pas de ta trace. Tu es le seul à ne pouvoir l'effacer."[2]Il est (entre autres) le grand-père de David Revault d'Allonnes, journaliste au Monde.

Citations[modifier | modifier le code]

« La seule chose sur laquelle il ne faut jamais transiger ou reculer : le droit à l'intériorité… Écoutez couler le temps. » (Musiques. Variations sur la pensée juive)

Ouvrages principaux[modifier | modifier le code]

  • Michel Foucault : les mots contre les choses, in "Structuralisme et marxisme", UGE, 10-18, 1970
  • La création artistique et les promesses de la liberté, Klincksiek, 1973
  • La Révolution sans modèle (avec François Châtelet, Gilles Lapouge), Mouton, 1974
  • Xénakis. Les Polytopes, Balland, 1975
  • Musiques. Variations sur la pensée juive, Christian Bourgois, 1979
  • Plaisir à Beethoven, Christian Bourgois, 1982
  • Aimer Schoenberg, Christian Bourgois, 1992
  • L'Œuvre et le concept. Prétextes, Klincksieck, 1992

Références[modifier | modifier le code]

  1. Officier titulaire de la Rosette de la Résistance française, il s'engagea par la suite à plusieurs reprises publiquement (en 1961, après la répression de manifestants algériens à Paris ; ou encore, en 2003, lors de l'assaut mené en Cisjordanie contre le siège de l'Autorité palestinienne).
  2. Le Monde, 15 mars 2009