Moïsseï Ouritski

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Moïsseï S. Ouritski

Moïsseï Solomonovitch Ouritski (en russe : Моисей Соломонович Урицкий) est un révolutionnaire actif pendant la Révolution russe, né le à Tcherkassy (gouvernement de Kiev, Empire russe) et mort le à Petrograd.

Il fut l'un des leaders révolutionnaires et politiques de la Russie et il est surtout connu pour ses activités au sein de la Tcheka. Chef de la Tcheka en 1918, le nombre de victimes assassinées sur l'ordre de Moïsseï Solomonovitch Ouritski pendant la période du au s'élèverait à 5 000[1].

Le secrétaire de l'ambassade du Danemark raconta comment Ouritski s'était vanté d'avoir signé en un seul jour 23 condamnations à mort[2].

« Pour moi — disait Moïsseï Solomonovitch Ouritski — il n'y a plus aucun plaisir à voir comment les monarchistes meurent. Je n'ai pas vu un seul cas où ils auraient pu manifester une certaine peur animale de la mort. »[2]

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Tcherkassy, en Ukraine, dans une famille de commerçants juifs, à l'âge de trois ans il est abandonné par son père. Il reçoit une éducation religieuse traditionnelle et poursuit ses études au lycée de Bila Tserkva. En 1897, il est diplômé de l'université de Kiev.

Dès les années 1890, Moïsseï Solomonovitch Ouritski milite au sein du mouvement révolutionnaire. En 1898, il est membre du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR). En 1899, il est arrêté et exilé dans la province de Iakoutie. En 1903, après la séparation du POSDR, il rejoint le parti Menchevik aux côtés de Julius Martov. La même année, il prend part à la réunion du 2e congrès du parti Menchevik. Puis à la Révolution de février 1905. En 1906, il est de nouveau arrêté et exilé à Vologda puis dans la province d'Arkhangelsk. En , il participe au congrès du Parti social-démocrate à Vienne (Autriche).

En 1914, Moïsseï Solomonovitch Ouritski émigre à l'étranger. En 1916, il s'établit à Stockholm et collabore de Scandinavie au journal Nache Slovo (Notre parole), un quotidien socialiste internationaliste publié à Paris.

Après la Révolution de février 1917, Moïsseï Solomonovitch Ouritski revient à Petrograd et rejoint le groupe des inter-districts. En 1917, il rallie le parti Bolchevik et travaille pour le journal la Pravda. Au VIe congrès du POSDR de juillet-août 1917, il est élu membre du Comité central. Il approuve la dissolution de l'Assemblée constituante. En , il est nommé membre du Comité révolutionnaire de Petrograd puis, le 10 mars suivant, président de la Tcheka de Petrograd. En , il occupe également le poste de commissaire aux affaires internes de la région du Nord.

Le matin du , Moïsseï Solomonovitch Ouritski est tué par un étudiant social-populiste nommé Leonid Kannegisser dans le hall du commissariat du peuple à l'intérieur. Il est inhumé au Champ de Mars à Saint-Pétersbourg. Cet assassinat marqua le début de la « terreur rouge ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M. Margulies Années d'intervention tome 2
  2. a et b M. Margulies Années d'intervention tome 2 page 77

Sources[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas II le dernier tsar Edvard Radzinsky Le cherche-midi, 2002. ISBN : 2-7491-00429