Metsovo

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Metsovo
(el) Μέτσοβο, Aminciu
Image illustrative de l'article Metsovo
Administration
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Périphérie Épire
District régional Ioannina
Dème Metsovo
Maire
Mandat
Nikolaos Tsombikos
janvier 2011-décembre 2014 (en cours)
Code postal 44200
Indicatif téléphonique 2656
Immatriculation ΙΝ
Démographie
Population 2 503 hab. (2011[1])
Géographie
Coordonnées 39° 46′ 14″ N 21° 10′ 59″ E / 39.770605, 21.183121 ()39° 46′ 14″ Nord 21° 10′ 59″ Est / 39.770605, 21.183121 ()  
Altitude 1 160 m
Localisation

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Metsovo
Liens
Site web (el) metsovo.gr

Metsovo (en grec : Μέτσοβο, en aroumain : Aminciu) est une ville d'Épire (nord-ouest de la Grèce), chef-lieu du dème du même nom, dans le district régional d'Ioannina de la périphérie d'Épire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le dème (municipalité) de Metsovo au sein de la périphérie (région) d'Épire, issu de la fusion en 2011 des dèmes de Metsovo, Milia (en) et Egnatia (en), devenus des districts municipaux.

Metsovo est une ville de 2 503 habitants (en 2011) située à 1 160 mètres d'altitude dans les montagnes du Pinde au nord-ouest des Météores. Elle tire ses revenus du pastoralisme et du tourisme. Ses rues sont pentues, souvent tortueuses et étroites, et beaucoup sont piétonnes (les ânes et les mulets ont encore de beaux jours devant eux comme moyens de livraison et de transport). Le pays est très verdoyant, assez bien arrosé, et à certains endroits les montagnes sont cultivées en restanques ; néanmoins, les pâturages dominent. Plusieurs monastères encadrent la ville.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ses habitants sont de langue aroumaine. Leur origine remonte aux guerres entre l'empereur grec Basile II et les Slaves de Bulgarie et de Serbie. En 1018 ces guerres provoquent de grands déplacements de populations, et notamment des Valaques de ces pays qui se dispersent : une partie d'entre eux migre vers les pays tchèques où ils forment la "Valaquie morave", d'autres vers la Transylvanie où ils grossissent les rangs de ceux qui s'y trouvaient déjà[2], mais un grand nombre s'installe dans le Pinde et autour de Florina, Kastoria, Kozani et Metsovo, alors comptées, comme la Thessalie, dans la « Grande Valachie » (Μεγάλη Βλαχία) des auteurs byzantins[3] : ce sont les ancêtres des Aroumains[4].

Metsovo fut autrefois un grand centre économique et intellectuel. Dotée d'une autonomie politique, elle avait son propre gouvernement et un fonctionnement de type démocratique, avec une Assemblée élue et un exécutif contrôlé par celle-ci.

Après avoir, comme toute la région, appartenu successivement à la Macédoine antique (depuis 358 avant notre ère), à l'Empire romain (148 avant notre ère, devenu en 395 l'empire d'Orient dit « byzantin »), au royaume des Bulgares et des Valaques (1203), au despotat d'Épire (1255) et à l'empire turc (1393), Metsovo a été rattachée à la Grèce moderne en 1913, à l'issue des guerres balkaniques. Ses habitants se déclarent alors solennellement membres de l’Elleniki ethniki koinonia (« communauté nationale hellénique ») mais de langue aroumaine[5].

Durant la Seconde Guerre mondiale, Metsovo fut fictivement promue capitale d'une soi-disant « Principauté du Pinde et Voïvodie de la Macédoine » imaginée par des fascistes roumains, par l'ORIM macédonienne et surtout par l'occupant italien, où ses dirigeants auto-proclamés Alcibiade Diamandis et Gyula Cseszneky ne purent jamais mettre les pieds, et qui fut qualifiée par les habitants de la ville de « sinistre pantalonnade ». En fait Metsovo se trouva dès la fin 1943 et en 1944 en zone contrôlée par l'EAM (résistance grecque) et plus précisément par l'ELAS (armée communiste). Pendant la guerre civile grecque (1946-1949), Metsovo se trouva longuement en zone contrôlée par les communistes : Dimitrios Vlahov (en) promit alors aux Aroumains de la région la création, sur le modèle soviétique, d'une « région autonome » dont Metsovo aurait été la capitale, la nouvelle Roumanie socialiste devant se substituer à la Roumanie fasciste comme « puissance protectrice ». À la suite de ces épisodes, les dirigeants locaux de Metsovo ont pris soin de récuser fermement toute revendication de ce type pour ne pas être accusés de séparatisme[6].

À partir des années 1980, Metsovo a connu un développement économique lié au tourisme de montagne surtout grec, avec la construction d'une station de sports d'hiver et d'hôtels ; par ailleurs, ses fromages fumés (le metsovone (en), AOP) jadis destinés à la consommation locale sont passés du stade artisanal au stade presqu'industriel avec une exportation dans toute la Grèce continentale.

Démographie[modifier | modifier le code]

Année Village District municipal Dème
1981 2 705 - -
1991 2 917 4 125 -
2001 3 195 4 417 -
2011 2 503 3 469 6 196

Culture[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la municipalité[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (el) Ευάγγελος Aβέρωφ-Τοσίτσας, Η πολιτική πλευρά του Κουτσοβλαχικού ζητήματος, Τρίκαλα, Ίδρυμα Ευαγγέλου Αβέρωφ-Τοσίτσα,‎ 1992, 238 p. (ISBN 960-85143-5-5)
  • Evanghelos Avéroff (préf. Maurice Druon), Terre des Grecs, Paris, Stock,‎ 1968, 340 p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (el) « Résultats du recensement de la population en 2011 »
  2. Chroniques de Ioannès Skylitzès, 976, in : Petre Ș. Năsturel : Études d'Histoire médiévale, Inst. d'Histoire "Nicolae Iorga", vol. XVI, 1998
  3. Théophane le Confesseur et Cédrène : op. cit.
  4. (el) Μιχαήλ Χρυσοχόος, Βλάχοι και Κουτσόβλαχοι : Πραγματεία περί της καταγωγής και της προελεύσεως αυτών μετά δύο γεωγραφικών πινάκων, ενός τοπογραφικού του οροπεδίου Πολιτσιές και ετέρου γενικού της εγκαταστάσεως αυτών ανά τα όρη, Αθήνα, Αναστατικές εκδόσεις,‎ 2006, 75 p. (ISBN 978-960-258-095-0)
  5. Gilles De Rapper, Pierre Sintès et Kira Kaurinkoski, Nommer et classer dans les Balkans : les Valaques, EFA [www.efa.gr] École française d'Athènes, Athènes, 2008, et De Boccard, Paris, ISBN 978-2-86958-202-6.
  6. Gilles De Rapper, Pierre Sintès et Kira Kaurinkoski, op. cit.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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