Martin Eden

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Martin Eden
Image illustrative de l'article Martin Eden
Première édition américaine (1909)

Auteur Jack London
Genre Roman autobiographique romancé
Version originale
Titre original Martin Eden
Éditeur original Macmillan
Langue originale Anglais américain
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original New York
Date de parution originale 1909
Version française
Traducteur Claude Cendrée
Lieu de parution Paris
Éditeur Georges Crès et Cie
Date de parution 1926
Nombre de pages 369

Martin Eden (titre original identique) est un roman de l'écrivain américain Jack London publié aux États-Unis en 1909. En France, il a paru pour la première fois en 1926[1]. Ce roman, que l'on tient aujourd'hui pour l'un de ses chef-d'œuvres, est sans doute également la plus autobiographique de toutes ses œuvres.

Présentation[modifier | modifier le code]

Depuis sa première publication en 1909, il apparaît très clairement que l'histoire de Martin Eden, héros au génie incompris, possède de nombreux points communs avec celle de son créateur. Tous deux sont des aventuriers, tous deux sont avides de se hisser au niveau de n'importe quel jeune homme de la classe bourgeoise. Tous deux sont autodidactes, rejetant ainsi la culture banale des riches de ce monde. Martin Eden reste, cependant, un ouvrage extrêmement romanesque. Il nous conte l'ascension douloureuse, puis l'abandon fatal qui conclut cette ascension, d'un jeune homme pauvre aveuglé par l'amour et les richesses dont il a toujours été privé. Il ne s'agit pas seulement d'un roman d'apprentissage, mais aussi du récit d'un désenchantement, du refus catégorique de se conformer à la vision commune de l'élite d'une société qui se gangrène, hermétiquement fermée à toute pensée originale, aussi brillante fût-elle. Il faut souligner que, malgré une similarité entre la vie de Eden et de London, l'auteur a toujours protesté : cette œuvre est une attaque contre le philosophe Nietzsche et l'individualisme.

L'histoire[modifier | modifier le code]

Début du XXe siècle. Martin Eden est un jeune marin d'Oakland né dans les bas-fonds (ainsi que dans l'ignorance et la violence). Sa vie est faite d'aventures, de voyages, mais aussi de brutalité et de travail. C'est ainsi, qu'il défend un jeune homme lors d'une rixe. Celui-ci issu de la classe aisée, l'invite chez lui à dîner pour le remercier. À cette occasion Martin rencontre sa sœur Ruth Morse, jeune fille délicate issue d'une famille bourgeoise dont il tombe amoureux. Il décide de s'instruire pour la conquérir. Petit à petit, d'abord pour plaire à la jeune fille qu'il aime, puis par goût réel de l'étude, il se forge une culture encyclopédique et s'efforce de devenir célèbre en devenant écrivain. Mais malgré le talent qu'il pense avoir, il n'arrive pas à vivre de sa plume. Ruth, qui devient sa fiancée, préférerait qu'il trouve une situation sûre, plutôt que de continuer à écrire. Il constate que la bourgeoisie qui était son modèle initial ne comprend rien à la culture, seules quelques personnes comme son ami Russ Brissenden, dialoguent réellement avec lui. À la suite de la parution d'un article dans un journal local dans lequel il est présenté comme socialiste, ce qu'il n'est pas, Ruth le quitte. Brissenden meurt alors qu'Eden a fait paraître son poème. Il n'a plus le goût d'écrire, mais brusquement il devient un auteur à succès. Il envoie aux revues les œuvres qu'il avait soumises précédemment mais cette fois-ci, les éditeurs les acceptent et en demandent plus, le propulsant au sommet. Voulant se libérer de l'hypocrisie envahissante, Martin Eden part pour s'établir sur une île du Pacifique. Sur le bateau, n'ayant plus le goût à rien, il se laisse glisser à la mer.

Principaux personnages[modifier | modifier le code]

Martin Eden

Martin Eden est au début du roman un marin de vingt ans. Il décide de se former en autodidacte pour conquérir Ruth Morse. À force de ténacité et d'un travail acharné, il s'instruit, et écrit des poésies, des romans, des nouvelles et quantités d'œuvres littéraires qui font de lui en quelques années un auteur à succès. Son itinéraire est très semblable à celui de Jack London.

Ruth Morse

Ruth Morse est une jeune femme, elle a trois ans de plus que Martin, d'un milieu aisé qui poursuit des études de littérature. Elle est attirée par Martin Eden et joue dans un premier temps le rôle de guide dans sa formation, mais bien qu'elle apprécie l'art de conter les histoires, elle doute qu'il puisse devenir un écrivain reconnu et voudrait qu'il intègre son milieu social à elle en trouvant un emploi de notaire, une situation bourgeoise, et des idées plus conformistes.

Russ Brissenden

Russ Brissenden est un intellectuel, alter ego de Martin Eden ; c'est un poète mais qui ne recherche pas le succès. Il a la tuberculose. Il est très riche.

Joe Dawson

Joe Dawson est le chef de Martin Eden à la laverie. C'est un travailleur qui, épuisé par son travail physique, boit le weekend.

Lizzie Connolly

Lizzie Connolly est une jeune femme du même milieu social que Martin Eden. Très éprise de Martin, elle est prête à mourir pour lui.

Analyse[modifier | modifier le code]

Jack London meurt sept ans après la parution de Martin Eden. Selon certains biographes, et à l'instar du héros de son roman, London aurait mis fin à ses jours, faisant valoir son droit à « anticiper le jour de sa mort », selon ses propres termes tirés d'un article sur le suicide datant de 1914. Mais d'autres sources penchent aujourd'hui vers un accident thérapeutique, London s'administrant lui-même ses soins, il aurait été victime d'un mauvais dosage[réf. nécessaire].

Adaptation[modifier | modifier le code]

Une adaptation théâtrale du roman a été écrite et mise en scène par Jean-Louis Sarthou en 1975. Elle a été jouée au Studio d'Ivry et en tournée en France, puis reprise par le Théâtre de l'Épi d'Or au Festival d'Avignon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice n°: FRBNF30830056 de la Bibliothèque nationale de France