Marcel Leroux

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Marcel Leroux, né le et décédé le , est un climatologue français. Professeur émérite de climatologie à l’université Jean Moulin Lyon 3, il était directeur du Laboratoire de climatologie, risques et environnement. Il a été nommé chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques le 31 octobre 2002.

Marcel Leroux est connu[1] pour ses concepts scientifiques originaux et controversés comme celui des anticyclones mobiles polaires (AMP), et ses remises en cause de concepts climatiques, comme le réchauffement climatique.

Thèses et contribution[modifier | modifier le code]

Dans sa thèse de doctorat qui fut publiée par l’Organisation météorologique mondiale, il a démontré par l’analyse des cartes synoptiques, de l’imagerie satellite, des données météorologiques et paléo environnementales de l’Afrique tropicale que la migration saisonnière et paléoclimatique de l’équateur météorologique représente un indicateur fiable de l’évolution du climat de la Terre[2],[3]. L'importance de sa thèse et sa connaissance approfondie du climat de l'Afrique n'ont pas echappé à des auteurs reconnus publiant internationalement[1] [2] [3] [4].

Il défend que cette migration et l’étendue géographique de l’équateur météorologique sont la conséquence des échanges méridiens dans les couches inférieures de l’atmosphère les plus denses, dont la distribution est régie par le ballet incessant des anticyclones mobiles polaires, 1,5 km de haut, 3 000 km de diamètre discoïde, lenticulaire masses d’air froid originaires des pôles, dont la puissance et la fréquence dépend directement du déficit thermique polaire. Un refroidissement se traduit par une circulation accélérée alors qu’un réchauffement va ralentir la circulation générale et les échanges[4].

Les espaces aérologiques, zones de circulation continue du pôle à l’équateur sont délimitées par les reliefs de plus de 2 000 m et la position actuelle des continents. À la lumière des observations directes, la reconstruction de Leroux vise à démontrer les incohérences des modèles de circulation générale précédents, des indices d’oscillations et celles des écoles frontologique, dynamique, réductionniste et diagnostique de la météorologie. Ses positions ont fait de lui un personnage controversé. Ce faisant, Leroux réfute la séparation qu’il juge artificielle entre météorologie et climatologie et, à travers le concept d’AMP, propose une redéfinition des deux disciplines. En reconstituant la géométrie de circulation générale dans la troposphère, il a cherché à montrer la part réduite du hasard et du chaos dans le climat : pour lui, il n’y a pas de dérèglement climatique mais des variations d’intensité de la somme des processus météorologiques qui constituent le climat.

Sa recherche, en particulier sur l’évolution de la pression atmosphérique, a conclu que le changement climatique observé depuis les années 1970 correspond à l’installation d’un mode accéléré de la circulation, toujours lié au refroidissement du cours de l’évolution paléoclimatique du Quaternaire récent, et de ses conséquences météorologiques : temps contrasté, plus fortes tempêtes aux latitudes moyennes, augmentation de la vapeur d’eau dans la troposphère aux latitudes moyennes et de la stabilité anticyclonique impermanente sur les continents conduisant à des périodes de froid vigoureux en hiver et des vagues de chaleur en été[5]. On notera que l’évolution récente lui donne raison: par exemple l’agglutination anticyclonique responsable de la canicule de l’été 2010 en Russie s’est produite à nouveau pendant l’hiver 2010/2011, offrant à la capitale Moscou, son hiver le plus froid depuis 100 ans.

En conséquence, ses résultats s’opposent à l’idée d’une courbe de température moyenne mondiale en tant qu’indicateur climatique majeur fiable (en cela il est rejoint par Roger Pielke Sr., Judith Curry et Vincent Courtillot entre autres) et sont en désaccord avec l’hypothèse que les changements météorologiques observés dans la seconde moitié du XXe siècle ont été la conséquence d’un réchauffement climatique mondial d’origine anthropique par la libération de gaz à effet de serre dus aux activités industrielles et humaines[6].

En outre, son travail propose un mécanisme météorologique pour les dernières glaciations et déglaciations, et affirme pouvoir améliorer significativement les modèles de prévision météorologique et la précision des simulations du climat en les contraignant à inclure une géométrie de la circulation atmosphérique, de ses discontinuités, de ses échanges d’énergie et des nuages qui leur sont associés.

Son dernier ouvrage résume ses conclusions scientifiques. La 2e édition en anglais de La Dynamique du Temps et du Climat : circulation atmosphérique, perturbations, évolution climatique a été achevée en 2008, deux mois avant sa mort et publiée en janvier 2010[5].

Opposition au consensus sur le réchauffement climatique[modifier | modifier le code]

Dans son livre Global Warming: Myth or Reality? The Erring ways of Climatology (Réchauffement planétaire : mythe ou réalité ? Les errements de la climatologie), Marcel Leroux explique que les arguments en faveur de la théorie du réchauffement climatique se fondent sur des modèles qui – avec leurs insuffisances dans la compréhension et l’explication des phénomènes météorologiques – ne peuvent pas justifier avec fiabilité cette prédiction : « Nous n’avons ainsi pas de besoin de recourir à des modèles compliqués pour nous dire que le CO2 entraîne, en théorie, une augmentation de la température… Toutefois, l’hypothèse n’a jamais été démontrée en ce qui a trait au climat et demeure dans le domaine du virtuel ». Marcel Leroux se pose également la question de savoir si le réchauffement ne pourrait pas être bénéfique pour certaines régions du monde.

Quant aux causes du changement climatique, il écrit dans une section intitulée Conclusion : l’effet de serre n’est pas la cause du changement climatique : « Les causes probables du changement climatique sont donc : des paramètres orbitaux bien établis à l’échelle paléoclimatique, avec des conséquences climatiques freinées par l’effet d’inertie des accumulations glaciaires ; l’activité solaire que d’aucuns pensent être responsable de la moitié de l’augmentation de 0,6 °C de température et par d’autres de toute cette augmentation, débat qui appelle certainement un supplément d’analyse ; l’activité volcanique et les aérosols associés (plus particulièrement les sulfates), dont les effets (à court terme) sont incontestables ; et loin après, l’effet de serre, et en particulier celui causé par la vapeur d’eau, dont l’influence est inconnue. Ces facteurs se conjuguent en permanence et il semble difficile d’établir l’importance relative de ces différents facteurs sur l’évolution du climat. De même, il est tendancieux de faire ressortir le facteur anthropique alors qu’il est, clairement, le moins crédible parmi tous les autres facteurs cités ci-dessus. » (Leroux 2005, p. 120).

Ailleurs, Marcel Leroux (2003) résume ainsi son point de vue sur la théorie du réchauffement climatique : « Le réchauffement global est une hypothèse issue de modèles théoriques et fondée sur des relations simplistes, qui annonce une élévation de la température, proclamée mais non démontrée. Les contradictions sont nombreuses entre les prédictions et les faits climatiques directement observés, l’ignorance délibérée de ces distorsions flagrantes constituant une imposture scientifique. Certes, les années 1970 représentent un tournant climatique fondamental (que les modèles n’ont pas « prévu ») qui se traduit par une augmentation progressive de la violence et de l’irrégularité du temps, associée à une modification de mode de la circulation générale (mode rapide).

Pour les uns, le problème fondamental n’est pas de prévoir le climat de 2100, mais de déterminer les modalités et les causes du tournant climatique récent pour être en mesure de prévoir efficacement l’évolution du temps du futur proche. »

Pour les autres, c’est de comprendre comment fonctionne le climat quelle que soit l’époque avant de s’aventurer à la prévision à court terme[7].

Si le concept d’anticyclone mobile polaire a été parfois présenté dans certains travaux et manuels[8], les travaux de M. Leroux sont peu repris en climatologie, en particulier dans le monde de la recherche francophone. Ainsi selon Donald Rapp[9] l’ouvrage de Marcel Leroux Global Warming est important mais son objectivité incertaine.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bibliographie de Marcel Leroux
  2. M. Leroux PhD. Thèse: Le climat de l’Afrique tropicale, éd. H. Champion / M. Slatkine, 1983, Paris / Genève, T.1.: 636 p., 349 fig.
  3. La météorologie et le climat de l’Afrique tropicale, Springer Verlag, Springer-Praxis Books in Environmental Sciences, Londres, New York, 548 p. + CD: 300 p., 250 cartes, 2001 (ISBN 978-3-540-42636-3).
  4. Marcel Leroux, « The Mobile Polar High: a new concept explaining present mechanisms of meridional air-mass and energy exchanges and global propagation of palaeoclimatic changes », dans Global and Planetary Change, no 7, 1993, p. 69–93, Elsevier Science Publishers B V, Amsterdam.
  5. a et b Dynamic Analysis of Weather and Climate Atmospheric Circulation, Perturbations, Climatic Evolution, Springer-Praxis books in Environmental Sciences, 2nd ed., 2010, 440 p., ISBN 978-3-642-04679-7
  6. Global Warming: Myth or Reality? The erring ways of climatology, Springer-Praxis Books in Environmental Sciences, Berlin, Heidelberg, Londres, New-York, 509p., 2005 (ISBN 978-3-540-23909-3).
  7. LA SURPRISE DES ECARTS DE PREVISION DES EXTREMES METEO-CLIMATIQUES : POUR UN RECUL PHENOMENOLOGIQUE. , Nicolas Sègerie, Geographia Technica. Numéro spécial, université de Lyon, 2009
  8. Edward Bryant, Climate process and change, Cambridge university Press, Cambridge, 1997, p. 46–48.
  9. Donald Rapp, Assessing climate change: temperatures, solar radiation, and heat balance, Springer, Praxis, 2008, p. 297.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • 1996 – La dynamique du temps et du climat, coll. « Enseignement des Sciences de la Terre », 310 p., éditions Masson, Paris.
  • 1998 – Dynamic Analysis of Weather and Climate: general circulation, perturbations, climatic evolution, J. Wiley ed., Praxis-Wiley series in Atmospheric Physics, Londres, New-York, Sydney, 365 p.
  • 2000 – La dynamique du temps et du climat, 2e édition revue et augmentée, coll. « Masson Sciences », Dunod Ed., Paris, 366 p.
  • 2002 – The Meteorology and Climate of Tropical Africa, chez Springer Verlag, 1er janvier 2002, 548 p.+ CD 250 cartes (ISBN 3-540-42636-1).
  • 2005 – Global Warming - Myth Or Reality? The erring ways of climatology, chez Springer Verlag, 30 août 2005, 510 p. (ISBN 3-540-23909-X)
  • 2010 – Dynamic Analysis of Weather and Climate Atmospheric Circulation, Perturbations, Climatic Evolution, Springer-Praxis books in Environmental Sciences, 2e ed., 2010, 440 p. (ISBN 978-3-642-04679-7).

Articles[modifier | modifier le code]

  • The Mobile Polar High : a new concept explaining the actual mechanisms of the meridional air-mass and energy exchanges, and the global propagation of palaeo-climatic changes. Global and Planetary Changes, 7, Elsevier Science Publ., 69-93, 1993. Lire en ligne
  • « Global Warming » : mythe ou réalité ? L’évolution réelle de la dynamique du temps », Annales de Géographie, 2002, 111–624, p. 115–137 Lire en ligne
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