Lạng Sơn

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21°50′52″N 106°45′28″E / 21.84778, 106.75778

Vue sur Lạng Sơn (août 2010)

Lang Son (en vietnamien Lạng Sơn) est une ville du nord du Viêt Nam (l'ancien Tonkin de l'Indochine française) et la capitale de la province du même nom. Sa population est d'environ 600 000 habitants en [Quand ?]. On y accède par route et par voie ferrée, depuis Hanoï, la capitale.

Sommaire

La période coloniale [modifier]

Article connexe : Colonialisme.
La prise de Lạng Sơn par les Français en 1885.

La « retraite de Lạng Sơn » [modifier]

Article détaillé : Retraite de Lang Son.

Lors de la période coloniale française, la ville ancienne est occupée par le général de Négrier pendant la guerre avec la Chine en février 1885. Blessé, de Négrier doit en abandonner le commandement. Sous celui de son successeur, le lieutenant-colonel Herbinger, la brigade qui séjourne à Lạng Sơn subit une retraite désastreuse, la fameuse « retraite de Lạng Sơn ». Cet échec militaire provoquera une vive réaction à la politique coloniale de Jules Ferry (1832-1893). Ce dernier y gagnera le sobriquet de « Ferry-Tonkin » ( ou « Ferry-le Tonkinois ») par ses détracteurs et l'incident de Lạng Sơn entraînera la chute de son ministère en France, le 30 mars 1885.

La Seconde Guerre mondiale [modifier]

À cause de sa position particulièrement stratégique de « verrou de la Chine », Lạng Sơn est le théâtre d'affrontements sanglants lors de deux grandes offensives japonaises au cours de la Seconde Guerre mondiale.

La première offensive japonaise : 22-25 septembre 1940 [modifier]

Profitant de la faiblesse de la France après la défaite face à l'Allemagne, le gouvernement de Fumimaro Konoe, avec l'approbation de l'empereur Showa (Hiro-Hito), décide d'occuper militairement l'Indochine. Afin de pouvoir attaquer par surprise, le Quartier général impérial joue le jeu de la diplomatie: le 22 septembre 1940, le représentant du Japon à Saïgon, Nishihara, signe des accords avec le gouverneur général de l'Indochine, le vice amiral d'escadre Jean Decoux. Mais le soir-même, en violation flagrante du traité, la 5e division japonaise du Kwang Si, soit 30 000 hommes commandé par le général Akihito Nakamura, stationnée en Chine, attaque une zone frontalière de 70 kilomètres, avec Lạng Sơn en son centre névralgique (l'objectif est d'investir la ville par une double manœuvre en la prenant dans un étau par l'ouest et par l'est). Le lieutenant-colonel Louvet devient la première victime, abattu alors qu'il se trouvait à la tête d'un détachement motorisé de Lạng Sơn. Durant cette première offensive, les troupes japonaises massacrent les officiers et les soldats français de la garnison, ainsi que de nombreux civils. Les hostilités durent trois jours, jusqu'au 25 septembre, entrainant la mort d'environ 800 soldats français. Une fois les objectifs atteints, Hirohito ordonne finalement leur cessation.

La seconde offensive japonaise: le coup de force du 9 mars 1945 [modifier]

La seconde attaque japonaise sur Lạng Sơn a lieu lors du coup de force du 9 mars 1945. Traqué de toutes parts par les Alliés dans l'ensemble du Pacifique, le Japon décide d'investir toute la péninsule indochinoise et, pour réaliser ce projet, d'anéantir les forces françaises. L'état-major japonais invite les autorités civiles et militaires de Lạng Sơn - comme partout ailleurs en Indochine - à un dîner à 18h. À la fin du repas, les convives sont faits prisonniers. Deux d'entre eux sont abattus : le lieutenant-colonel Amiguet et le chef de bataillon Leroy. Entre-temps, dix mille soldats japonais montent à l'assaut de la citadelle et du fort Brière-de-l'Isle. La résistance se poursuit toute la nuit. Parce qu'ils refusent de se rendre, le général Émile Lemonnier et le résident Auphelle sont décapités. Le colonel Robert subit le même sort deux jours plus tard. À l'issue des combats, les civils et les survivants de deux sections du 19e RMIC (Régiment Mixte d'Infanterie Coloniale, créé en mai 1933) seront sauvagement massacrés (escrime à la baïonnette sur les vivants).

À la citadelle de Lạng Sơn, la résistance « jusqu’à la dernière cartouche » a duré une vingtaine d’heures et a coûté, du côté français, 120 tués et 140 blessés graves hospitalisés et de nombreux autres blessés. Les 11, 12 et 13 mars, 460 rescapés et blessés — qui peuvent tenir debout — sont amenés au bord d’une tranchée ou au bord de la rivière Ky Cong et décapités au sabre ou à la hache, mitraillés, embrochés à la baïonnette et achevés à coups de pioche. Au total, entre le 9 et le 13 mars 1945, 1 128 soldats français et indochinois sont morts dans l’affaire de Lạng Sơn. Il existe de nombreux témoignages, dont celui d'un tirailleur tonkinois présenté à la télévision française des années 1950 dans l'émission Les Morts-vivants.

La Guerre d'Indochine [modifier]

Article détaillé : Guerre d'Indochine.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Lạng Sơn fut un lieu de garnison français jusqu'à sa prise en 1950 pendant l'offensive de Vo Nguyen Giap, considérée comme un point capital de la Guerre d'Indochine.

Après l'indépendance [modifier]

En 1979, Lạng Sơn fut le théâtre de combats importants pendant la guerre sino-vietnamienne.

Culte [modifier]

  • Cathédrale Saint-Joseph (catholique)

Voir aussi [modifier]

Article connexe [modifier]

Lien externe [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Association "Citadelles et Maquis d'Indochine 1939-1945", L'Indochine dans le Second Conflit Mondial: 1939-1945, Publi-Offset, Mercuès, 1996.
  • Association nationale des Anciens Prisonniers-Internés d'Indochine (A.N.A.P.I.), Indochine 9 mars 1945 : Le coup de force japonais, C.D.G. Créations, Paris, 1993.
  • André Kernevez (F.N.E.O. 1939-1945), Allocutions prononcées lors des trois cérémonies commémoratives annuelles [9 mars, été, 2 septembre] des Anciens de Marine Indochine 1939-1945 depuis le 2 septembre 1991.
  • Contre-amiral Paul Romé (F.N.E.O. 1939-1945), Les Oubliés du bout du monde : Journal d'un marin d'Indochine de 1939 à 1946, Éditions Danclau, Dinard, 1998.

On pourra également consulter les documents et témoignages de l'Association des Anciens de Lạng Sơn et du Tonkin.

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