Kurt Freiherr von Schröder

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Schröder, photographié lors du procès de Nuremberg (1947)

Kurt von Schröder (1889-1966) était un banquier allemand de Cologne

Il a été membre du pari nazi lors du Troisième Reich et en finançant Hitler et son parti a contribué à l'avènement du führer et de la dictature en Allemagne. Il est lui-même devenu SS, jugé à Nuremberg après la guerre.

Son nom est parfois écrit Schroeder, Schröder ou Baron Kurt von Schröder (Kurt Freiherr von Schröder) Freiherr étant un titre de noblesse, pouvant se traduire comme Baron, et non une partie d'un nom de famille.

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

Né le 24 novembre 1889 à Hambourg (Allemagne) à Hambourg dans une vieille famille de banquiers allemands, bien établie à Hambourg. Il termine ses études de droit à l'Université de Bonn où il est membre d'une société secrète et « fraternité » d'étudiants Corps Borussia Bonn au sein duquel étaient de nombreux fils d'aristocrates allemands (groupe dissous dissous en 1935, puis refondé après guerre).

Il interrompt ses études pour devenir officier de carrière au sein de la Reichswehr (l'armée allemande) et - en 1913 - épouse Edith Marie Ottilie von Schnitzler (1892-1951) (cousine de Karl-Eduard von Schnitzler).

Juste avant la guerre (à partir du début 1918 (et jusqu'en 1919), il est capitaine à l'état-major.
Lors de la déclaration la Première Guerre mondiale, il a 25 ans.
Jusqu'en 1919, il est affecté au Husaren-Regiment „König Wilhelm I.“ (1. Rheinisches) Nr. 7 à Bonn[1].

Après la guerre, suivant la tradition familiale paternelle, il devient (en 1921 l'un des partenaires d'un cabinet de banquiers de Cologne (Bankhaus JH Stein (ou Bankhaus JH Stone où en 1919 il a joué un rôle important dans le séparatisme rhénan (un groupe de banquiers et d'industriels l'avaient élu à la commission économique de leur chambre en préparation d'un État séparé).

Remarque : Plus tôt (en 1804), un membre de sa famille (Johann Friedrich Schröder) avait déménagé à Londres où il avait changé son nom « Schröder » en « Schroder ». Il y a créé la firme bancaire « J. Henry Schroder » à Londres, qui devient en 1818 par association avec son frère également banquer, la société "J. Henry Schröder & Co". La famille est aussi à l'origine de la « J. Henry Schroder Banking Corporation » ('Schrobanco', banque commerciale créée à New York entre les deux guerres (1923 précisément).
Il existe encore un « groupe Schroders », basé à Londres.

En 1928 alors que se profile la crise de 1929, il devient politiquement plus actif et rejoint le Parti populaire allemand puis se rapproche des nazis.

Il a été membre d'un "club de gentlemen allemands" (Deutschen Herrenklubs) et a fait partie du Cercle Keppler, une sorte de groupe d'étude consacré aux questions économiques. Il rejoint le « Cercle des Amis de l'économie » (Freundeskreis der Wirtschaft) où il semble avoir joué un rôle important, tout en étant membre du parti national-socialiste.

Kurt von Schröder, dirige avec Hjalmar Schacht le Cercle Keppler, regroupant autour de Wilhelm Keppler un groupe d'hommes d'affaires proto-nazis. Schröder fait partie des huit membres du Cercle Keppler qui apposèrent leur signature avec douze autres hommes d'affaire au bas d'une pétition transmise au Président Hindenburg le 19 novembre 1932, soit deux jours après la démission du gouvernement de Franz von Papen. Cette pétition exigeait la nomination de Hitler à la Chancellerie du Reich[2].

Schröder et Hitler[modifier | modifier le code]

La villa de la famille Schröder au n°35 de la rue Waldgürtel à Cologne, où il a accueilli l'entrevue secrète entre Hitler et Franz von Papen[3]

von Schröder a financé l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en versant d'importantes sommes d'argent au parti nazi. Schröder a servi d'intermédiaire pour apporter de l'argent d'I.T.T. à l'organisation SS de Heinrich Himmler en 1944 (alors que les États-Unis était en guerre avec l'Allemagne).

Après avoir assisté à une allocution de Franz von Papen au Herrenklub de Berlin le 16 décembre 1932, au cours de laquelle ce dernier militait pour une participation des nazis au gouvernement, c'est lui qui a coorganisé l'entrevue secrète qui s'est déroulée dans sa propre maison, entre Adolf Hitler et le chancelier Franz von Papen du 4 janvier 1933. L'entrevue a été organisée avec l'homme d'affaire et industriel de la chimie Wilhelm Keppler (directeur de I. G. Farben que Hitler a nommé son conseiller économique en décembre 1931). Hitler est venu à cette réunion accompagné de Wilhelm Keppler, d'Heinrich Himmler et de Rudolf Hess. Cette réunion initia les premières discussions entre von Papen et Hitler qui devaient par la suite mener au projet de renversement du gouvernement de Kurt von Schleicher en vue de mettre en place une coalition de droite Hitler-von Papen-Hugenberg[4]. Suite à cette première réunion secrète, Paul von Hindenburg lui-même missionna von Papen pour conserver le contact et proposer à Hitler d'entrer au gouvernement, mais pas comme chancelier (ce que voulait Hitler).

Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, ou peu après la capitulation allemande, Schröder est trouvé habillé en SS dans un Camp de prisonniers de guerre en France, puis interné par les Britanniques avant d'être jugé à la fin de l'année 1947 pour crimes contre l'humanité. Il est finalement condamné à trois mois de prison et à une amende dérisoire.
Après un appel du procureur, il est de nouveau condamné en 1948 à une amende plus élevée de 500 000 DM. Cependant, après un nouvel appel, Kurt von Schröder parviendra à réduire le paiement à une somme insignifiante (en 1950).

Durant la guerre, probablement en récompense de son soutien, Schröder a été nommé président du conseil d'administration de plusieurs grandes entreprises allemandes et a été président de la chambre de commerce et d'industrie de la Rhénanie à Cologne.

Procès de Nuremberg[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, Schroeder a été arrêté et a été jugé par un tribunal allemand pour crimes contre l'humanité. Il a été reconnu coupable et a été condamné à une peine d'emprisonnement de trois mois.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Il y a eu des tentatives d'occultation des sources non allemandes du financement du régime nazi, dont par certains anciens banquiers américains et des responsables du gouvernement militaire allié, en particulier en bloquant une enquête qui avait été ouverte par la banque Bankhaus J.H. Stein de Cologne, parfois dite « bank of the cartel kings » (banque des rois des cartels) qui avait été soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire pour les nazis en recevant les financements déposés par les cartels industriels allemands.

von Schröder est mort le 4 novembre 1966 à Hambourg.

Études rétrospectives[modifier | modifier le code]

Son rôle a été évoqué au procès de Nuremberg où l'on a cherché à comprendre comment Hitler avait pu prendre le pouvoir.

Il tient aussi une place importante dans le travail fait au sein de la fondation Hoover par l'historien et économiste américain Antony C. Sutton sur les liens entre le monde de la finance (dont Wall-Street) et la montée de Hitler[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Wilhelm Volz : Manuel Empire de la Société allemande de 1931, 2 Band, colonne 1710
  2. Ian Kershaw, Hitler, coll. « Grandes Biographies »,‎ 2008 (ISBN 978-2-0812-5042-0), p.294 et p.301-302
  3. Vgl. Ulrich S. Soénius/Tobias Kaufmann: Adolf Hitlers Kölner Treffen (Kölner Stadt-Anzeiger, 4. Januar 2008)
  4. Ian Kershaw, Hitler, coll. « Grandes Biographies »,‎ 2008 (ISBN 978-2-0812-5042-0), p.302
  5. Antony C. Sutton Wall Street et la montée de Hitler

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr)

Bibliographie[modifier | modifier le code]