Jour de Christophe Colomb

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Jour de Christophe Colomb
Peinture représentant la première arrivée de Christophe Colomb sur le continent américain (D. Puebla, 1862).
Peinture représentant la première arrivée de Christophe Colomb sur le continent américain (D. Puebla, 1862).

Nom officiel Columbus Day
Observé par les États-Unis, plusieurs pays d'Amérique latine, l'Espagne.
Type Commémoration historique
Signification Commémoration du premier voyage de Christophe Colomb en Amérique en 1492.
Date 2e lundi d'octobre
Date 2013 14 octobre
Date 2014 13 octobre
Lié à Jour de la Race
Discovery Day
Jour de l'hispanité
Jour de la Résistance indigène
Jour du Métis

Le Jour de Christophe Colomb est un jour férié célébré le deuxième lundi d’octobre aux États-Unis, ainsi qu’en Amérique latine et en Espagne en commémoration de la date d'arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde en 1492.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Voyages[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Voyages de Christophe Colomb.

La naissance de la fête[modifier | modifier le code]

La première célébration du jour de Christophe Colomb s’est faite dans la ville de San Francisco, en 1869, par une communauté majoritairement italo-américaine. Pourtant, le premier État à célébrer cette fête tout entier fut le Colorado, en 1907. Trente ans après, Franklin D. Roosevelt instaure ce jour comme un jour de fête nationale aux États-Unis. Il faudra cependant attendre la Proclamation du président George W. Bush du 4 octobre 2007 pour que le jour de Christophe Colomb soit officiellement fixé au deuxième lundi du mois d’octobre de chaque année[1].

Des origines italiennes[modifier | modifier le code]

L'Empire State Building aux couleurs de l'Italie

Christophe Colomb était au service de l’Espagne cependant il était d’origine italienne. « Cristoforo Colombo » est né en 1451 sur le territoire de la République de Gênes. Les Italiens ont été les premiers à célébrer le jour de Christophe Colomb lors de leur immigration vers les États-Unis. L’Empire State Building se pare alors des couleurs du drapeau italien (vert, blanc et rouge).

La célébration[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Déroulement de la fête[modifier | modifier le code]

Le Jour de Christophe Colomb (Columbus Day) est un jour férié fédéral aux États-Unis. Il est organisé depuis 1929 par la Columbus Citizens Foundation. Chaque État célèbre différemment le jour de Christophe Colomb. Cette fête a lieu sous forme de parades dans les rues américaines, il y a plusieurs défilés. Une Columbus Day Parade est organisée dans plusieurs villes comme à Denver. A New York, la Columbus Day Parade a lieu depuis 1915 le long de la célèbre 5ème avenue à la hauteur de la 44ème rue et continue sur la célèbre avenue de la Big Apple jusqu’au niveau de la 86ème rue. On retrouve ainsi des fanfares, des chars, et différentes manifestations et fêtes dans tous les quartiers aux alentours de la route de la parade. À Washington, devant la Gare de l'Union a lieu une cérémonie officielle devant le Mémorial de Christophe Colomb. Les festivités commencent juste après le dépôt de gerbes aux pieds de ce monument[2],[3].

Rejet de certains États[modifier | modifier le code]

Ce n'est pas un jour férié dans tous les États des États-Unis, comme en Alaska, dans le Nevada, à Hawaï et dans le Dakota du Sud. Ces États ne reconnaissent pas le Jour de Christophe Colomb et fêtent d’autres événements. Cette fête est contestée aux États-Unis. Nombreux sont ceux affirmant que derrière la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb se cachent des faits moins glorieux, tels que la colonisation ou encore le massacre des Indiens d’Amérique.

En Amérique latine et en Espagne[modifier | modifier le code]

En Amérique latine[4][modifier | modifier le code]

Le Jour de Christophe Colomb est plus communément appelé « Jour de la Race » (Día de la Raza) dans les pays d’Amérique Latine comme le Brésil, le Guatemala, le Paraguay, Porto Rico, le Nicaragua ou la République Dominicaine. Il se déroule généralement le 12 octobre et est considéré, pour de nombreux pays, comme un anti-Colombus Day. Il célèbre la résistance à l’arrivée des européens dans le Nouveau Monde et est aussi utilisé pour commémorer les indigènes. Au cours de cette journée des festivités sont organisées pour lutter contre le racisme, se souvenir des cultures et des traditions des peuples précolombiens.

En Argentine[modifier | modifier le code]

En Argentine la fête est appelée « Journée de la Diversité Culturelle » (Día de la Diversidad Cutural). Elle se veut être la naissance d'une nouvelle identité, issue de la fusion entre les peuples d'origine et les colonisateurs espagnols.

Au Mexique[modifier | modifier le code]

Cette fête se perpétue, mais sous un sens lié au métissage des peuples.

En Espagne[modifier | modifier le code]

Défilé de l'armée de l'air espagnole le Jour de l'Hispanité

L’Espagne est la seule à utiliser le nom de « Jour de l’Hispanité » (Día de la Hispanidad) pour célébrer cette fête. Le terme « hispanité » a été défini à la fin du XIXe siècle par des intellectuels. Il est officialisé fête nationale par Alfonso XIII en 1918 sous l’appellation «Fête de la Race » (Día de la Raza) en contradiction avec les idées progressistes. Après la restauration de la monarchie en 1981, un arrêté royal publié dans le premier Bulletin Officiel de l'État en 1982, officialise la date de 12 octobre en tant que Fête Nationale de l'Espagne et Jour de l'Hispanité. Cet événement est très cher au cœur des espagnols puisque le navigateur est venu chercher la grande majorité de son équipage en Espagne[3].

Controverses[modifier | modifier le code]

Les autres découvertes[modifier | modifier le code]

Leiv Eriksson[modifier | modifier le code]

La première controverse soulevée par le jour de Christophe Colomb est le rôle du viking Leiv Eriksson dans la découverte de l’Amérique. C’est en effet lui qui quitte le Groenland en 986[5] pour venir accoster sur la côte américaine. Avec ses compagnons, il découvre la verdure du pays et en particulier ses bais, semblables à du raisin. Aussi décident-ils d’appeler ce pays Vinland (Pays de la Vigne). Certains archéologues estiment que les terres découvertes par Leiv Eriksson et son équipage seraient aujourd’hui Terre-Neuve où a été retrouvé, en 1963, les ruines d’un établissement d’origine viking. Après sa mort, vingt ans plus tard, de nouveaux navires accostent et les vikings explorent la côte est de l’Amérique du Nord et s’y installent sans pour autant réussir à la coloniser. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la découverte de Leiv et ses successeurs est longtemps resté ignorée par le reste du monde[6]. Ce n’est qu’en 1964 que le président Lyndon B. Johnson reconnaît officiellement Leiv Eriksson comme le premier européen à avoir accosté en Amérique[5].

Amerigo Vespucci[modifier | modifier le code]

Planisphère du géographe Martin Waldseemüller

La seconde controverse principale porte sur les découvertes d’Amerigo Vespucci. Navigateur florentin, il a d’abord affirmé avoir foulé le sol américain selon des coordonnées se révélant en fait se situer vers le Honduras, dans les Caraïbes, en 1497 et 1498. Son exploration l’a ensuite conduit jusqu’au Brésil, où il a longé la côte jusqu’en Patagonie. Il aurait donc touché la Terre Ferme américaine avant même Christophe Colomb qui entreprend son exploration du Venezuela courant 1498. Ce n’est pourtant qu’en 1503 qu’il fait réellement état de sa découverte qu’il appellera « Mundus Novus » : le Nouveau Monde. Ce fut le géographe allemand Martin Waldseemüller, chargé de remettre à jour les cartes du monde suite à la découverte de Vespucci, qui, en 1507, cartographiera le Nouveau Monde sous l’appellation « America », en hommage à Amerigo. Dans son atlas Vespucci reprend les nouvelles cartes ainsi que le compte-rendu de ses quatre voyages, sans jamais faire allusion à ceux de Christophe Colomb[7].

Oppositions constatées[modifier | modifier le code]

Si l’opposition de certains États américains à fêter le jour de Christophe Colomb se base quelquefois sur une découverte faussement attribuée au navigateur, elle se fait surtout en raison des conséquences néfastes de ces découvertes[1]. L’argument principal est le résultat des colonisations ayant suivi les explorations d’Amerigo Vespucci et Christophe Colomb : massacre massif des populations indigènes déjà sur place et maladies apportées par les colons qui créèrent une violente pandémie chez les différentes tribus peuplant le continent. Les motifs soulevés pour justifier les massacres sont aussi sujet à de nombreuses controverses : une évangélisation que les indigènes ne voulaient légitimement pas accepter ; de dangereux sauvages refusant de se civiliser selon les codes européens ; une terre pleine de richesses que les populations ne désiraient pas partager outre mesure. Le refus des européens civilisés à essayer de comprendre ces tribus tant dans leur façon de penser et de vivre a donc abouti à une résistance des indigènes dont ils n’ont pu se défaire que par la violence et la mort[8]. Sans oublier que la colonisation des Amériques a très rapidement conduit à l’esclavage des Amérindiens et ensuite à la traite des esclaves africains pour répondre aux besoins de main-d’œuvre des colons[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]