Martin Waldseemüller

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Martin Waldseemüller

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Martin Waldseemüller vu par Gaston Save (XIXe siècle)

Alias
(H)ilacomilus, Hylacomylus
Naissance 1470
Wolfenweiler
Décès 16 mars 1520 (à 50 ans)
Saint-Dié-des-Vosges
Pays de résidence Duché de Lorraine
Profession Membre du clergé ecclésiastique de Constance, puis chanoine de Saint-Dié
Activité principale Cartographe
Autres activités
Dessinateur-géomètre, Imprimeur
Formation
Atelier d'imprimerie à Bâle, Université de Fribourg

Martin Waldseemüller, né en 1470 à Wolfenweiler, Allemagne, et mort le 16 mars 1520 à Saint-Dié-des-Vosges, France, dit en latin médiéval condensant son patronyme « Ilacomilus », « Hilacomilus » ou « Hylacomylus », est un cartographe souabe allemand de la Renaissance.

Vie[modifier | modifier le code]

Waldseemüller n'est pas né (comme on l'a longtemps cru) à Radolfzell ni à Fribourg, mais était le fils d'un boucher de Wolfenweiler, un village voisin de Fribourg-en-Brisgau.[réf. nécessaire] Il s'initie à l'imprimerie dans l'atelier de son oncle installé à Bâle.

À l'âge de 20 ans (en 1490), il s'inscrit sous le nom de Martin Waltzemüller à l’Université de Fribourg, le registre note la présence de « Martinus Walzenmüller » le 7 décembre 1490, mais en revanche rien n'indique qu'il ait fait ses études dans cette université. Il est cependant évident qu'il étudie la théologie et qu'il se voue à l'étude de la géographie et de la cartographie.

Entré dans les ordres au service du diocèse du lac de Constance, il continue à se spécialiser dans la cartographie. Il introduit une avance significative dans l'élaboration de petits globes terrestres en grande quantité en utilisant des impressions de séries de fuseaux en douze lunules sphériques qui sont ensuite découpées soigneusement sur leurs bords et collées sur une boule en bois. Appelé par le professeur d'université et humaniste Mathias Ringmann et le chanoine-procureur des mines lorrain, chapelain et conseiller ducal, véritable mécène des arts descriptif de la Terre, Walter Lud, il se retrouve partie prenante pendant une saison au projet du Gymnase vosgien (Gymnasium Vosagense) de la collégiale de Saint-Dié en tant que dessinateur cartographe et imprimeur-conseil[1]. Après 1508, ses rapports avec Mathias Ringmann sont houleux et difficiles. Plus important que l'anecdotique mention America, il réalise seul avec l'appui financier du chanoine Gauthier Lud la première carte du duché de Lorraine vers 1508 et celle d'Alsace avant 1510. La désengagement de Lud après 1510 tarit cette collaboration, mythifiée sous le nom de "gymnase vosgien".

À partir de 1514, le duc de Lorraine procure un revenu sous forme de copieuses prébendes à Martin, prématurément vieilli à la suite d'une maladie, en lui octroyant un poste de chanoine de l'insigne église de Saint-Dié. Le vénérable chanoine cartographe y décède le 16 mars 1520, soit en 1519 ancien style, celui de l'Annonciation, en vigueur en Lorraine, à cette époque[2].

Invention de l'« Amérique »[modifier | modifier le code]

Détail du planisphère de Waldseemüller avec la mention « AMERICA »

Il publie le 25 avril 1507 dans Cosmographiæ Introductio[3] (titre complet : « Introduction à la cosmographie avec quelques éléments de géométrie et d'astronomie nécessaires à l'intelligence de cette science, ainsi que les quatre voyages d'Amerigo Vespucci et la reproduction du monde entier tant en projection sphérique qu'en surface plane, y compris les régions que Ptolémée ignorait et qui n'ont été découvertes que récemment... ») une carte connue sous le nom de planisphère de Waldseemüller, où il utilise pour la première fois le mot « America » tiré du prénom de Vespucci pour désigner la partie sud du continent américain, plutôt que le nom de Colomb. Les historiens se sont demandé pourquoi il avait fait ce choix et il semble simplement que les voyages de Vespucci bénéficiaient à l'époque d'une plus grande notoriété[4]. Amerigo Vespucci était le premier à reconnaître la quatrième partie du monde comme un monde nouveau; il était, en fait, le premier à avoir navigué suffisamment au sud de l'hémisphère sud pour reconnaître que ce ne pouvait être l'Asie. Sur le planisphère de 1507, l'Amérique du Nord actuelle n'est désignée que par la mention Terra vuida incognita (terre déserte inconnue).

De 1507 à 1511, il travaille avec son collègue Mathias Ringmann (1482-1511, connu aussi sous le nom de Philesius) à la nouvelle édition latine de la Geographia de Ptolémée, sous le patronage de René II duc de Lorraine. Tandis que Ringmann corrige les textes de l'édition de Ptolémée, Waldseemüller s'occupe des cartes correspondantes et les complète de vingt cartes modernes. Cet ouvrage peut être considéré comme le premier atlas moderne.

Dans une de ces cartes, Tabula Terre Nove, il tente de corriger son « erreur » d'avoir attribué à Vespucci les découvertes de Colomb ; sur l'Amérique du Sud, il inscrit « Cette terre et les îles adjacentes ont été découvertes par Colomb de Gênes pour le compte des souverains de Castille. »[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Walter est le prénom alsacien ou allemand de ce fils de noble alsacien de la contrée de Geberswihr-Pfaffenheim. Gauthier est son prénom français ou lorrain. Waltrinus est son petit nom latin, diminutif francisé en Vautrin. Ainsi le chanoine mécène Lud peut échanger autant en latin savant qu'en allemand populaire avec le souabe Martin. Les dialectes alsaciens entre Colmar et Rouffach sont alors même assez similaires au dialectes souabes de Fribourg
  2. source : Archives départementales des Vosges G 384, pièce 2). Du prétexte que Martin Waldseemüller y conçut la première carte du Nouveau-Monde en 1507, la ville de Saint-Dié-des-Vosges accueille désormais chaque année depuis 1990 le Festival international de géographie.
  3. http://archive.org/details/cosmographiintr00waldgoog
  4. (en) Celebrating The 500th Anniversary of The “Baptism of America" - The Overseas American Academy, 13 février 2007 [PDF]
  5. (en) Norman J W Thrower, Maps & Civilization: Cartography in Culture and Society, 1999 (ISBN 0-2267-9973-5), page 71

Annexes[modifier | modifier le code]

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