James Salter

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James Salter

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James Salter le 10 novembre 2010.

Nom de naissance James A. Horowitz
Naissance 10 juin 1925 (89 ans)
New York

James Salter, né le 10 juin 1925 à New York est un écrivain américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

James Salter est le nom de plume de James A. Horowitz, fils d'un entrepreneur moyennement prospère.

À l'instigation de son père, ancien élève, il entre à West Point en 1942, alors que la taille des classes est doublée et le programme d'études ramené à trois ans par la guerre. Il obtient son diplôme en 1945.

Ses condisciples le surnomment l'« horrible » Horowitz[1]. Il y termine sa formation en vol pendant sa première année de cours, effectuant sa formation de vol élémentaire à Pine Bluff (Arkansas) et sa formation avancée à Stewart Field, New York.

Lors d'un vol de navigation en mai 1945, il s'égare, à court de carburant, il confond un pont de chemin de fer avec une piste et s'écrase dans une maison à Great Barrington (Massachusetts).

Il sert douze ans dans l'US Air Force comme pilote de chasse avant de quitter l'armée pour poursuivre une carrière d'écrivain, une décision qui lui est difficile eu égard à sa passion de l'aviation.

Ses œuvres, qui s'appuient sur son expérience à la Force aérienne, ont un ton fataliste : ses protagonistes, après avoir surmonté leur conflit entre réputation et perception de soi, sont tués dans l'exercice de leurs fonctions, alors que les incompétents au sein de leurs propres rangs survivent. Salter brosse des portraits qui sont vivants et familiers pour tout pilote militaire qui a survécu à un combat aérien.

Au cours de la guerre de Corée qu'il effectue dans la 335e escadrille d'interception de la 4e escadre d'interception, une unité renommée contre les MIG, il participe à plus de 100 missions de combat dans un F-86 Sabre entre le 12 février et le 6 août 1952, il abat en combat aérien un MiG-15, victoire créditée le 4 juillet 1952.

Il a utilisé son expérience coréenne dans son premier roman, The Hunters (1956), qui a été adapté au cinéma avec Robert Mitchum en 1958. Son roman The Arm of Flesh s'appuie sur ses expériences de vol avec le 36e Wing, à la base aérienne de Bitburg, en Allemagne, entre 1954 et 1957. Une version largement remaniée de ce roman a été rééditée en 2000 sous le titre Cassada.

La version cinématographique de The Hunters (Flammes sur l'Asie, en version française) a été très largement saluée pour la puissance de sa performance, son intrigue émouvante, et sa représentation réaliste de la guerre de Corée. Bien qu'excellente adaptation hollywoodienne, ce film est très différent du roman original, qui traite de la lente auto-destruction d'un pilote de chasse de 31 ans, qui autrefois était considéré comme un « as », mais qui n'a trouvé que de la frustration dans son premier combat, tandis que d'autres autour de lui, parvenaient à la gloire grâce à des faits parfois inventés.

Considéré comme l'un des écrivains les plus artistiques de la fiction américaine moderne, Salter lui-même est critique de son propre travail, seul son roman de 1967 Un sport et un passe-temps conservant grâce à ses yeux. Se déroulant en France dans la période de l'après-guerre, Un sport et un passe-temps est un roman érotique impliquant un étudiant américain et une jeune Française, raconté au présent à travers des flashbacks par un narrateur anonyme qui connaît à peine l'étudiant, qui lui-même désire la jeune fille, et admet volontiers que la plus grande partie de son récit est du ressort du fantasme.

La prose de James Salter laisse transparaître l'influence d'Ernest Hemingway et d'Henry Miller, mais dans des entretiens avec son biographe, William Dowie[2], il indique qu'il a été principalement influencée par André Gide et Thomas Wolfe.

Souvent décrite par les critiques comme « succincte » ou « comprimée », son écriture utilise des idées tracées sèchement à partir d'images en apparence éphémères pour que tant les faits que les personnages explosent de la page. Ses phrases sont courtes, et dans certaines œuvres, souvent fragmentaires, il écrit aussi bien à la 1re et qu'à la 3e personne, au temps présent ou passé. Ses dialogues ne sont attribués que pour savoir qui parle, mais sinon, permettent au lecteur de tirer des conclusions à partir du ton et de la motivation.

Ses mémoires, Une vie à brûler utilise ce style de prose pour raconter l'impact que ses expériences à West Point, dans l'armée de l'air, et en tant que célébrité pseudo-expatriée en Europe ont eu sur la façon dont il voyait les changements de son style de vie.

Bien qu'il semble glorifier l'adultère, Salter exprime en fait une réflexion sur ce qui a été connu de lui et des impressions qu'il a pu laisser, comme le fait par exemple son récit poignant sur la mort de sa fille. Une ligne de The Hunters exprime ces sentiments : « Ils ne savaient rien du passé et de sa sainteté. »

Son recueil de nouvelles, Dusk and Other Stories (American Express) a reçu en 1988 le PEN/Faulkner Award

James Salter a été élu à l'Académie américaine des arts et des lettres en 2000.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • The Hunters (roman, 1957)
  • The Arm of Flesh (roman, 1961; republié sous le titre Cassada en 2000)
  • A Sport and a Pastime (roman, 1967)
  • Downhill Racer (scénario, 1969)
  • The Appointment (scénario, 1969)
  • Three (scénario et mise en scène, 1969)
  • Light Years (roman, 1975)
  • Solo Faces (roman, 1979)
  • Threshold (scénario, 1981)
  • Dusk and Other Stories (nouvelles, 1988; PEN/Faulkner Award 1989)
  • Still Such (poésie, 1988)
  • Burning the Days (mémoires, 1997)
  • Gods of Tin (compilation, 2004; sélection de The Hunters, Cassada, et Burning the Days)
  • Last Night (nouvelles, 2005)
  • There and Then: The Travel Writing of James Salter (essai, 2005)
  • Life Is Meals: A Food Lover's Book of Days (2006)
  • All That Is (2013)

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • L'Homme des hautes solitudes [« Solo Faces »], Paris, trad. de Antoine Deseix, Éditions des deux terres,‎ 2003, 2e éd. (1re éd. 1981), 255 p. (ISBN 978-2879290799)
  • American Express [« Dusk and Other Stories »], Paris, trad. de Lisa Rosenbaum, Éditions de l'Olivier, coll. « Littérature étrangère »,‎ 1995, 208 p. (ISBN 978-2879290232)
  • Un sport et un passe-temps [« A Sport and a Pastime »], Paris, trad. de Philippe Garnier, Éditions de l'Olivier, coll. « Littérature étrangère »,‎ 1996, 255 p. (ISBN 978-2879290799)
  • Un bonheur parfait : Mémoires [« Light Years »], Paris, trad. de Lisa Rosenbaum et Anne Rabinovitch, Éditions de l'Olivier, coll. « Littérature étrangère »,‎ 1997, 382 p. (ISBN 978-2879290225)
  • Une vie à brûler : Mémoires [« Burning the Days »], Paris, trad. de François Ménard, Éditions de l'Olivier, coll. « Littérature étrangère »,‎ 1999, 438 p. (ISBN 978-2879291789)
  • Cassada, Paris, trad. de Philippe Garnier, Éditions de l'Olivier, coll. « Littérature étrangère »,‎ 2001, 282 p. (ISBN 978-2879293004)
  • Bangkok [« Last Night »], Paris, trad. de Anne Rabinovitch, Éditions des deux terres,‎ 2004, 255 p. (ISBN 978-2848930015)
  • Et rien d’autre [« All That Is »], trad. de Marc Amfreville, Paris, Éditions de l’Olivier, coll. « Littérature étrangère », 2014, 368 p. (ISBN 978-2-8236-0290-6)

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Voir, p. ex., la référence de son condisciple Jack Broughton à l'« horrible » Horowitz à la page 56 de Rupert Red Two: A Fighter Pilot's Life from Thunderbolts to Thunderchiefs, Zenith Press, 2007 (ISBN 978-0760332177).
  2. William Dowie, James Salter, Twayne Publishers, 1998, (ISBN 978-0-8057-1604-7)