Jacques Le Moyne de Morgues

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Laudonnière et Athore, le fils du chef des Timucua Saturiwa, devant la colonne placée par Ribaud, gravure de Theodore de Bry d'après Jacques Le Moyne de Morgues
Exploration des côtes de la Floride française par l'expédition de Ribault et Laudonniere,
(illustration de Jacques Le Moyne de Morgues).

Jacques Le Moyne de Morgues, né à Dieppe vers 1533 et mort à Londres en 1588, était un cartographe et illustrateur français.

L’importance historique des descriptions de la vie amérindienne et des plantes indigènes faites par Le Moyne de Morgues lorsqu’il était membre de la seconde expédition de Jean Ribault dans le Nouveau Monde est capitale. Le Moyne était avec Ribault et Laudonnière lorsqu’ils sont arrivés en Floride française en 1562 et ont fondé Charlesfort, puis Fort Caroline en 1564.

Le Moyne de Morgues est surtout connu pour sa reproduction artistique du paysage, de la flore, la faune et, tout particulièrement, ses descriptions primordiales des habitants du Nouveau Monde produit par les Français et les Espagnols. Ses dessins des cultures généralement connues sous le nom de Timucua sont largement considérés comme faisant partie des données les plus accessibles[1] au sujet des cultures côtières du sud-est des États-Unis.

Le Moyne se fait remarquer, au cours de l’expédition de Laudonnière, comme cartographe et comme illustrateur pour ses peintures des perspectives et des reliefs de la terre qu’ils rencontrent. Lorsque, une année plus tard, les colons entrent en conflit avec la colonie espagnole de St. Augustine, trente milles au sud, les Espagnols, sous la conduite de Pedro Menéndez de Avilés, donnent l’assaut à la colonie et massacrent la majeure partie des Huguenots. Laudonnière et Le Moyne réussissent néanmoins à s’échapper avant de se réfugier en Angleterre.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Tous les dessins originaux de Le Moyne sont censés avoir, à l’exception d’un seul, été détruits lors de l’attaque du fort Caroline par les Espagnols. La plupart des dessins qui lui sont attribués émaneraient en réalité de gravures au libraire-éditeur liégeois Théodore de Bry d’après des recréations de mémoire par Le Moyne[2]. Distribuées en volumes imprimés, ces reproductions comptent parmi les premières images de la colonisation européenne dans le Nouveau Monde à être mises en circulation. Le compte-rendu détaillé du voyage de Le Moyne, Brevis narratio eorum quae in Florida Americai provincia Gallis acciderunt, a été publié en 1591.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L’authenticité de plusieurs de ces descriptions et de ces cartes est néanmoins actuellement remise par certains historiens et archéologues.
  2. La légitimité de ces images est, au vu du manque inexplicable de documentation ou de preuves avérées, considérée comme très incertaine par certains spécialistes. De même, une peinture considérée comme de Le Moyne (à la bibliothèque publique de New York) pourrait n’être que la reproduction d’une eau-forte de de Bry.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Brevis narratio eorum quae in Florida Americai provincia Gallis acciderunt, 1591

Références[modifier | modifier le code]

  • Mickaël Augeron, John de Bry, Annick Notter, dir., Floride, un rêve français (1562-1565), Paris, Illustria, 2012.
  • Paul Hutton, The Works of Jacques Le Moyne de Morgues, A huguenot artist in France, Florida and England, Foreword, catalogues and introductory notes by, Oxford, 1977, The Trustees of the British Museum, 2 volumes.
  • Claude-Gilbert Dubois L’Imaginaire du changement en France au XVIe siècle, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 1984

Lien externe[modifier | modifier le code]